jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102598 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FACCENDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 7 mai 2021, 30 janvier 2023 et 19 avril 2024, M. B A, représenté par Me Faccendini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le garde des Sceaux, ministre de la justice, a implicitement rejeté sa demande préalable tendant à lui verser la somme de 163 094 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de la non perception de sa retraite complémentaire entre les mois de juin 2017 et juillet 2020 en raison de l'illégalité de la décision du 8 juin 2017 par laquelle la ministre de la justice a refusé d'accepter son retrait, aux fins de départ en retraite, de la société civile professionnelle B A - Alain Dogliani et Alexandre Gretchichkine - Kurgansky, titulaire d'un office notarial sis au 22 boulevard Victor Hugo à Nice ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 163 094 euros en réparation du préjudice subi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagé du fait de l'illégalité de la décision du 8 juin 2017 ;
- il subit un préjudice lié à la perte de ressource en l'absence de liquidation de sa pension de retraite complémentaire ;
- il n'a pas perçu de rémunération au titre de sa participation à la société civile professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Le ministre fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mai 2024 :
- le rapport de M. Combot ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Faccendini, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 28 janvier 2021, envoyé avec accusé de réception du 1er février de la même année, M. B A a sollicité du garde des Sceaux, ministre de la justice, le versement de la somme de 163 094 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de la non perception de sa pension de retraite complémentaire entre les mois de juin 2017 et juillet 2020, en raison de l'illégalité de la décision du 8 juin 2017 par laquelle la garde des Sceaux, ministre de la justice, a refusé d'accepter son retrait, aux fins de départ en retraite, de la société civile professionnelle (ci-après, " SCP ")" B A - Alain Dogliani et Alexandre Gretchichkine-Kurgansky ", titulaire d'un office notarial situé au 22 boulevard Victor Hugo à Nice. En l'absence de réponse dans le délai de deux mois, cette demande a implicitement été rejetée. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 163 094 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. L'illégalité d'une décision prise par l'administration constitue une faute de nature à engager sa responsabilité, pour autant qu'elle entraîne un préjudice direct et certain.
3. Par jugement du 8 juin 2017 n° 1705006, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du 8 juin 2017 par laquelle la garde des Sceaux, ministre de la justice, a refusé d'accepter le retrait de M. A, aux fins de départ en retraite, de la SCP " B A - Alain Dogliani et Alexandre Gretchichkine-Kurgansky " au motif que le retrait d'un notaire d'une société ne saurait être conditionné par le caractère préalable et effectif de la cession de l'intégralité des parts sociales que le notaire détient dans la société. Il s'ensuit que l'illégalité de cette décision engage la responsabilité de l'Etat pour les préjudices directs et certains qu'elle a engendrés.
4. Il résulte de l'instruction, notamment des articles 18 et 19 de la partie 2 des statuts de la caisse de prévoyance et de retraite des notaires, éléments accessibles tant au juge qu'aux parties, que les prestations de retraite de ce régime complémentaire sont liquidées à la demande du notaire, à jour de ses cotisations, ayant atteint l'âge d'ouverture des droits et ayant cessé son activité de notaire. M. A soutient que la décision ministérielle illégale l'aurait privé de la possibilité de liquider ses prestations de retraite complémentaire et donc de percevoir des ressources durant la période courant du mois de juin 2017 au mois d'août 2020, cette dernière date étant la date à laquelle il a effectivement liquidé sa pension de retraite complémentaire. D'une part, il résulte de l'instruction que M. A a sollicité la liquidation de ses droits à pension de retraite du régime complémentaire auprès de la caisse de prévoyance et de retraite des notaires à compter du mois d'août 2017. D'autre part, il résulte également de l'instruction, notamment de l'attestation fiscale pour l'exercice 2017 de la caisse de prévoyance et de retraite des notaires en date du 15 janvier 2018, que M. A était à jour de ses cotisations en 2017. Il s'ensuit dès lors que seule la faute de l'administration du fait de la décision illégale du 8 juin 2017 a empêché M. A de liquider sa pension de retraite complémentaire. Cette faute présente un caractère direct et certain avec le préjudice allégué par M. A, qu'il convient dès lors d'indemniser.
5. En réparation du préjudice subi du fait de la non perception de sa pension de retraite complémentaire, le requérant demande à ce que la somme de 163 094 euros lui soit versée, correspondant au montant brut de sa pension de retraite complémentaire calculée en août 2020, à savoir 4 291,97 euros, multipliée par le nombre de mois entre le mois de juin 2017 et le mois d'août 2020. Il convient cependant de ne prendre en compte pour ce calcul que la période courant à partir du mois d'août 2017, date à laquelle le requérant a sollicité la liquidation de sa pension. Par ailleurs, il convient de ne pas prendre en compte le montant brut de cette pension dès lors que celle-ci est soumise à des prélèvements sociaux. Enfin, il convient de minorer le montant servant de base au calcul dès lors que le montant de la pension de retraite complémentaire calculé au mois d'août 2020 prend en compte les droits que M. A s'est constitué en poursuivant son activité au-delà du mois d'août 2017. En revanche, et contrairement à ce que l'administration soutient, il n'y a pas lieu de déduire du montant du préjudice le montant des ressources que M. A a perçu de son activité de notaire au sein de la SCP durant cette période, y compris en l'absence de revenu tiré de cette activité, dès lors que le requérant établit, d'une part, qu'il n'a pas perçu de ressources de cette activité et, d'autre part, que la dégradation de la situation financière de la SCP ne lui est pas imputable. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice en condamnant l'Etat à verser à M. A une indemnité totale de 120 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 120 000 euros.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer, conseiller ;
M. Combot, conseiller ;
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
J. Combot
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026