mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103045 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CIAUDO |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 3 juin 2021 sous le n° 2103045, Mme A B, représentée par Me Ciaudo, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 à raison des revenus distribués par la société La Clairière, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la provision pour risques d'un montant de 156 579 euros était constituée dans le cadre d'un litige pendant au moment de sa comptabilisation de sorte que sa réintégration dans les bases imposables de la société La Clairière n'est pas fondée ;
- les charges de location immobilière d'un montant de 18 345,75 euros comptabilisées par la société La Clairière sont justifiées par les pièces qu'elle produit ;
- la somme de 923 euros, correspondant à la taxe foncière dont le paiement était réclamé à la société La Clairière au titre de l'année 2015, était également déductible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
II- Par une requête enregistrée le 19 juillet 2021 sous le n° 2103895, Mme A B, représentée par Me Ciaudo, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 à raison des revenus distribués par la société La Clairière, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la provision pour risques d'un montant de 156 579 euros était constituée dans le cadre d'un litige pendant au moment de sa comptabilisation de sorte que sa réintégration dans les bases imposables de la société La Clairière n'est pas fondée ;
- les charges de location immobilière d'un montant de 18 345,75 euros comptabilisées par la société La Clairière sont justifiées par les pièces qu'elle produit ;
- la somme de 923 euros, correspondant à la taxe foncière dont le paiement était réclamé à la société La Clairière au titre de l'année 2015, était également déductible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergantz, rapporteuse ;
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) La Clairière, qui relève du régime de l'article 8 du code général des impôts et dont Mme A B est associée à hauteur de 50 %, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces concernant l'exercice clos en 2016, à l'issue duquel un rehaussement de son résultat fiscal lui a été notifié. Le 9 décembre 2019, l'administration fiscale a notifié à Mme B les conséquences financières de cette rectification en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016. Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions supplémentaires, en droits et pénalités.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2103045 et n° 2103895 de Mme B sont relatives à une même imposition. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 39 du code général des impôts applicable en matière d'impôts sur les sociétés, en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges comprenant () notamment : () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice () ". Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent, en outre, comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'enfin, elles se rattachent par un lien direct aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL La Clairière a constitué, au cours des exercices clos en 2014, 2015 et 2016, une provision d'un montant total de 156 579 euros concernant un litige portant sur la fixation de l'indemnité d'occupation d'un local commercial qu'elle avait donné en location à la SARL Paul R. Le service a remis en cause cette provision au motif que les pièces communiquées ne permettaient pas de justifier sa constitution par l'existence d'un litige en cours et a ainsi réintégré la somme de 156 579 euros dans les résultats du premier exercice non prescrit, soit celui clos le 30 septembre 2016. Mme B soutient que, au moment de la comptabilisation de la provision en litige, la SARL La Clairière était pourtant toujours partie d'une instance en cours dans le cadre du litige l'opposant à la SARL Paul R. Toutefois, comme le fait elle-même valoir la requérante, le local en cause a été cédé le 22 janvier 2003 à la SCI Cristina, et le contrat de cession a expressément prévu que " l'acquéreur reprendra à son compte à partir de ce jour l'ensemble des procédures () dont il devra faire son profit ou sa perte et il sera subrogé à cet égard dans tous les droits, obligations et actions du vendeur à l'encontre duquel il n'aura aucun recours ultérieur ". En conséquence, à compter de cette date, la SCI Cristina a été subrogée dans les droits de la société La Clairière dans le cadre du litige précité. La société La Clairière n'était donc plus partie à la procédure judiciaire depuis cette date. Dans ces conditions, la requérante, à qui incombe la charge de la preuve, n'établit pas que la provision litigieuse se rapportait à des charges probables. Par suite, c'est par une exacte application du 5° de l'article 39-1 du code général des impôts que l'administration fiscale a réintégré cette provision dans le résultat de la SARL La Clairière.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises () / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () ". Aux termes de l'article 39 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être admis en déduction, les frais et charges de l'entreprise doivent être exposés dans l'intérêt direct de l'exploitation, correspondre à une charge effective et être appuyés de justifications suffisantes.
6. Il résulte de l'instruction que le service a remis en cause la déduction en charges de loyers d'un montant total de 18 346 euros. Mme B soutient qu'il s'agit de charges correspondant à la location d'un appartement situé au 2 rue du bivouac de Napoléon à Cannes. Toutefois, en se bornant à produire des photocopies de chèques émis au profit de la SCI Allée des Iles ainsi que du compte 613200 du grand livre de la société La Clairière, Mme B ne justifie pas de la réalité de ces charges ni de ce qu'elles ont été engagées dans l'intérêt de l'entreprise. Par suite, c'est à bon droit que la somme de 18 346 euros a été rapportée au résultat de la société La Clairière au titre de l'exercice clos en 2016.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 39 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / () / 4° Sous réserve des dispositions de l'article 153, les impôts à la charge de l'entreprise, mis en recouvrement au cours de l'exercice, à l'exception des taxes prévues aux articles 231 ter, 235 ter X, 235 ter ZE, 235 ter ZE bis, 238 quater et 990 G et, pour les rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférents à des opérations au titre desquelles la taxe due peut être totalement ou partiellement déduite par le redevable lui-même, du montant de la taxe déductible. / () / 2. Les sanctions pécuniaires et pénalités de toute nature mises à la charge des contrevenants à des obligations légales ne sont pas admises en déduction des bénéfices soumis à l'impôt. () ".
8. Il résulte de la proposition de rectification adressée à la société La Clairière le 9 décembre 2019 que l'administration fiscale a remis en cause la déduction d'une somme de 5 960 euros correspondant à plusieurs impôts, taxes et versements assimilés. La requérante soutient que la somme de 923 euros correspondant au règlement de la taxe foncière au titre de l'année 2015 était bien déductible. Cependant, d'une part, il résulte de l'instruction que la taxe foncière mise à la charge de la SARL La Clairière au titre de l'année 2015 a été mise en recouvrement, pour un montant de 839 euros, le 31 août 2015. Elle ne pouvait donc être admise en déduction au titre de l'exercice vérifié, ouvert le 1er octobre 2015 et clos le 30 septembre 2016, en vertu des dispositions précitées du 4° de l'article 39 du code général des impôts. D'autre part, la somme restant de 84 euros correspond à une majoration de la taxe foncière due au titre de l'année 2015, qui ne pouvait donc être admise en déduction en application des dispositions précitées du 2. de l'article 39 du code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que la somme de 923 euros a été rapportée au résultat de la société La Clairière au titre de l'exercice clos en 2016.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Raison, première conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Foultier, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
La rapporteure,
A. BERGANTZ
Le président,
O. EMMANUELLILa greffière,
M. FOULTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
2103045, 2103895
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026