mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103682 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RAMPONNEAU & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, la société Time Sud, représentée par la SELARL Ramponneau et Associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de prononcer la décharge du rappel de retenue à la source mis à sa charge au titre de l'exercice clos en 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- la perte de change, d'un montant de 951 986 euros, était déductible du résultat de l'exercice clos en 2013 ;
- la " facture d'achat non parvenue ", d'un montant de 184 339 euros, était bien déductible du résultat de l'exercice clos en 2014.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- il a prononcé le 1er décembre 2021 un dégrèvement partiel d'un montant de 163 688 euros, correspondant à une partie des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités correspondantes, et à la totalité du rappel de retenue à la source mis à sa charge au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
- c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la déduction de la perte de change en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 février 2024 :
- le rapport de Mme Bergantz, rapporteure ;
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Time Sud, qui exerce une activité d'achat-revente de montres de luxe de la marque exclusive Franck Muller, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. A l'issue de cette procédure de contrôle, l'administration fiscale lui a notifié selon la procédure de rectification contradictoire, d'une part, par une proposition de rectification du 24 juillet 2017, des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés au titre des exercice 2014 et 2015 et, d'autre part, par une autre proposition de rectification du même jour, un rehaussement en matière de retenue à la source au titre de l'exercice 2016. A la suite de contestations adressées par la société Time Sud par courriers des 28 et 29 septembre 2017, les rehaussements ont été partiellement maintenus. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2014, augmentées des intérêts de retard et majorations, ont ainsi été mises en recouvrement le 11 septembre 2018 et le rappel de retenue à la source au titre de l'année 2016, augmenté des intérêts de retard et majorations, a quant à lui été mis en recouvrement le 13 décembre 2017. La société Times Sud demande la décharge de ces impositions supplémentaires, en droits et pénalités.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 1er décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a prononcé un dégrèvement partiel des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société requérante a été assujettie au titre de l'exercice 2014 et des pénalités correspondantes, ainsi qu'un dégrèvement total du rappel de retenue à la source mis à la charge de cette société au titre de l'année 2016 et des pénalités correspondantes, à concurrence du montant total de 163 688 euros. Les conclusions de la requête sont donc devenues, dans cette mesure, sans objet.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes du 4 de l'article 38 du code général des impôts : " Pour l'application des 1 et 2, les écarts de conversion des devises ainsi que des créances et dettes libellées en monnaies étrangères par rapport aux montants initialement comptabilisés sont déterminés à la clôture de chaque exercice en fonction du dernier cours de change et pris en compte pour la détermination du résultat imposable de l'exercice. () ". Aux termes de l'article 39 même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges () ".
4. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
5. Il est constant que, pour l'année 2013, la société Time Sud a comptabilisé au débit du compte 666000 " pertes de change " la somme de 951 986 euros. Pour justifier du caractère déductible de cette charge, la société requérante soutient que celle-ci résulte d'un ajustement entre ses comptes détenus dans la comptabilité de trois sociétés du groupe Franck Muller (Multi Ltd, Multi Europe Ltd et Franck Muller Genthod) afin de faire ressortir les soldes exacts intragroupes, à la suite notamment de la consignation de son stock et de l'abandon de créance consentis par la société Multi Ltd en décembre 2013. A l'appui de cette allégation, elle se borne à produire une copie partiellement illisible d'un courrier électronique en date du 12 mai 2014, postérieur à l'écriture litigieuse, qui semble mentionner le solde de son compte client dans la comptabilité des trois autres sociétés du groupe, sans toutefois assortir cette pièce de documents comptables. La société Time Sud n'apporte ainsi aucun élément ni pièce permettant de justifier du principe et du montant de la perte de change déduite. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause la déduction de cette charge, qui a été limitée au montant du déficit reportable soit 697 485 euros au titre du premier exercice non prescrit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Time Sud n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mis à sa charge au titre de l'exercice clos en 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Time Sud réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à concurrence du dégrèvement d'un montant de 163 688 euros prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Time Sud et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Raison, première conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Katarynezuk, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Bergantz
Le président,
Signé
O. EmmanuelliLa greffière,
Signé
N. Katarynezuk
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
No 210368
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026