mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103731 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COUPE PEYRONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 juillet 2021, le 14 décembre 2022, le 31 mars 2023 et le 21 septembre 2023, la société Imoptel et la société Graniou Azur, représentées par la Selarl Coupé Peyronne, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le titre de recette n° 12/2021 émis le 8 avril 2021 par la trésorerie municipale d'Antibes à la demande du Syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovantes des Alpes et de la Méditerranée (SICTIAM), notifié le 11 mai 2021, en vue du recouvrement de pénalités contractuelles ;
2°) de les décharger des créances revendiquées par le SICTIAM ;
3°) de rejeter les conclusions reconventionnelles présentées par le SICTIAM ;
4°) de mettre à la charge du SICTIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le titre contesté est irrégulier faute d'être revêtu de la signature de son auteur ;
- il est également irrégulier faute de préciser de manière suffisamment précise les bases de la liquidation appliquées ;
- l'émission de ce titre méconnaît le principe d'unicité du décompte ;
- les pénalités contractuelles appliquées ne sont pas fondées dès lors que les retards comptabilisés ne lui sont pas imputables mais découlent des conditions dans lesquelles sont intervenues les décisions de réception des travaux du groupement ainsi que de circonstances extérieures ;
- les conclusions reconventionnelles du SICTIAM ne sont pas recevables dès lors d'une part, que le syndicat a choisi d'émettre un titre exécutoire et ne peut plus poursuivre le recouvrement de sa créance devant le juge, d'autre part, que le décompte des marchés en litige, qui ne reprend pas les pénalités réclamées, est devenu définitif.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 octobre 2022, le 28 février 2023, le 9 mai 2023, le 23 juin 2023 et le 31 octobre 2023, le SICTIAM, représenté par Me Tissier, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner les requérantes à lui verser une somme de 1 615 037,95 euros au titre des pénalités contractuellement dues en raison du retard pris dans le cadre de l'exécution de l'accord-cadre n° 13-2015 ;
3°) de mettre à la charge des requérantes une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés ;
- en cas d'annulation du titre exécutoire émis par l'administration pour le recouvrement de pénalités de retard avant la notification du décompte, il est loisible à ladite administration de saisir le juge d'une demande de condamnation pécuniaire au même titre ;
- le décompte du marché n'a pas acquis de caractère définitif dès lors qu'il a rejeté les projets de décompte des requérantes en raison de leur caractère incomplet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le cahier des clauses administratives particulières applicable au marché ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coupé, représentant les sociétés Imoptel et Graniou Azur, et de Me Tissier, représentant le SICTIAM.
Considérant ce qui suit :
1. En 2014, le SICTIAM a décidé d'établir sous sa maîtrise d'ouvrage un réseau de communications électroniques à très haut débit en fibre optique sur les territoires des Alpes-Maritimes, dans le but de confier son exploitation et sa commercialisation à un délégataire de service public. A cette fin, il a conclu, le 16 janvier 2016, un accord-cadre multi-attributaire à marchés subséquents pour la réalisation des infrastructures très haut débit sur le périmètre du syndicat Provence-Alpes-Côte d'Azur Très Haut Débit et du SICTIAM. Entre le 16 mai 2016 et le 16 août 2016, il a notifié à la société Imoptel, agissant en tant que mandataire du groupement solidaire Axians fibre méditerranée, constitué des sociétés Imoptel, Graniou Azur et Eurovia méditerranée SAS, l'attribution de cinq lots des cinq marchés subséquents. Par cinq courriers du 25 juin 2020, le SICTIAM a informé le groupement de ce qu'il envisageait de lui appliquer des pénalités de retard à hauteur de 1 093 627,29 euros. Les parties se sont rapprochées en vue de la conclusion d'un protocole d'accord qui n'a toutefois pas été signé. Par un courrier du 1er avril 2021, le SICTIAM a informé le groupement de l'application de pénalités à hauteur d'un montant révisé de 1 615 037,95 euros. Le 8 avril 2021, le comptable public a émis un titre de recette n° 12/2021 en vue du recouvrement de cette somme, dont la société Imoptel et la société Graniou Azur demandent la décharge.
Sur l'exigibilité de la créance :
2. En application de l'article 2.10.6.2 du cahier des clauses administratives particulières applicable au marché, qui déroge sur ce point à l'article 13.4.2 du cahier des clauses administratives générales relatif aux marchés de travaux : " Projet de décompte final. / Le projet de décompte final est établi et transmis au Maître d'œuvre conformément à l'article 13.3 du CCAG travaux. Il sera établi à la fin du marché subséquent. / Par dérogation à l'article 13.4.2 du CCAG travaux, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général avant la plus tardive des deux dates ci-après :/- quarante jours après la date de remise au Maître d'œuvre du projet de décompte final par le titulaire ;/ - vingt jours après la publication de l'index de référence permettant la révision du solde, le cas échéant. ".
3. L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché, notamment de travaux publics, est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. Il s'ensuit que les pénalités de retard appliquées par le maître de l'ouvrage au titulaire du marché n'acquièrent un caractère définitif que par leur intégration audit décompte général et définitif.
4. En l'espèce, il est constant que le 8 avril 2021, date d'émission du titre en litige, aucun décompte définitif n'était encore intervenu. En outre, il ressort des écritures même des parties qu'aucun décompte définitif intégrant ces pénalités n'est intervenu à la date du présent jugement. Les pénalités dont le titre en litige poursuit le recouvrement n'ont ainsi pas acquis un caractère certain, liquide et exigible. Dès lors, il y a lieu d'annuler le titre de recette n° 12/2021 émis le 8 avril 2021 et de décharger les requérantes des sommes correspondantes.
Sur les conclusions reconventionnelles :
5. Le SICTIAM demande au tribunal, en cas d'annulation du titre en litige, de condamner les requérantes à lui verser une somme de 1 615 037,95 euros au titre des pénalités contractuellement dues en raison du retard pris dans le cadre de l'exécution de l'accord-cadre n° 13-2015.
6. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne résulte pas de l'instruction qu'un décompte général définitif intégrant ces pénalités soit intervenu dans le marché en litige. Or, le principe d'unicité du décompte s'oppose à ce que soient mises à la charge des sociétés requérantes, en dehors dudit décompte, les pénalités nées de l'exécution du marché.
7. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires reconventionnelles présentées à ce titre par le SICTIAM, doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du CJA font obstacle à que les sociétés Imoptel et Graniou Azur, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance versent au SICTIAM la somme de 5 000 euros qu'il demande à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge du SICTIAM une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de recette n° 12/2021 du 8 avril 2021est annulé et la société Imoptel et la société Graniou Azur sont déchargées des sommes y figurant.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles du SICTIAM sont rejetées.
Article 3 : Le SICTIAM versera aux sociétés Imoptel et Graniou Azur une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le SICTIAM en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés Imoptel et Graniou Azur, au Syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes.
Copie en sera adressée à la trésorerie municipale d'Antibes.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
La présidente,
signé
M. Pouget La greffière,
signé
S. Génovèse
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026