mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103908 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2021, M. B A, représenté par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 13 août 2020 d'un montant de 14 580 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant réclamé à hauteur de la somme de 5 181,99 euros pour les années 2015 à 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé au regard des bases de la liquidation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant au montant de la redevance annuelle réclamé ;
- il constitue une sanction déguisée résultant d'un détournement de procédure et de pouvoir ;
- à titre subsidiaire, il ne peut excéder la somme totale de 5 181,99 euros, soit un montant annuel de 1 727,33 euros.
La requête a été communiquée à la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes, à la direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne et à la commune du Cap d'Ail qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 7 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 août 2020, la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes a émis, à l'encontre de M. A, un titre de perception d'un montant de 14 580 euros correspondant à une redevance domaniale due pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 pour l'occupation du domaine public maritime à Cap d'Ail. Par la présente requête, M. A demande au tribunal, à titre principal, d'annuler le titre de perception du 13 août 2020, à titre subsidiaire, d'être déchargé partiellement de la somme réclamée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge partielle :
2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions aux fins de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
3. Le titre de perception en litige, qui comporte la mention du nom, prénom et qualité de la personne qui en est l'auteur, a été émis par Mme C D en sa qualité d'ordonnateur et responsable des recettes. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière aurait bénéficié d'une délégation de signature, attestant que celle-ci avait bien la compétence pour prendre le titre litigieux. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le titre de perception émis le 13 août 2020 est entaché d'incompétence.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation du titre de perception émis à son encontre le 13 août 2020 pour un montant de 14 580 euros.
5. L'annulation du titre de perception litigieux résultant seulement d'un vice d'incompétence, elle n'implique pas, dès lors qu'aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible de la fonder, que M. A soit déchargé de l'obligation de payer la somme dont le titre l'a constitué débiteur. Par suite, ses conclusions à fin de décharge partielle doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. A en application des dispositions de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis le 13 août 2020 d'un montant de 14 580 euros à l'encontre de M. A est annulé.
Article 2 : L'État versera à M. A une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes, à la commune de Cap d'Ail et à la direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
assistés de Mme Antoine, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F.PASCALLa greffière,
signé
B-P ANTOINE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026