mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103910 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BABLED-FOATA-PAGAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 juillet 2021, 25 mars 2022 et 17 mars 2023, M. B A, représenté par Me Babled, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution des cotisations prévues à l'article 244 bis A du code général des impôts et des prélèvements sociaux dont il s'est acquitté à raison de la plus-value immobilière qu'il a réalisée en 2019 lors de la cession d'un bien immobilier situé à Antibes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les dispositions du quatrième alinéa du 1° du I de l'article 244 bis A du code général des impôts, dans leur rédaction issue de l'article 43 de la loi de finances n°2018-1317 du 28 décembre 2018 sont contraires au principe de libre circulation des capitaux garanti par l'article 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne dès lors que ces dispositions établissent une discrimination, d'une part, entre résidents français et non-résidents de par la fixation d'une date butoir générale et absolue qui ne tient pas compte des caractéristiques du bien ou du marché immobilier considéré et, d'autre part, entre non-résidents selon la date de transfert de leur domicile fiscal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires distincts enregistrés les 21 juillet et 7 septembre 2021, M. A demande au tribunal administratif, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d'Etat une question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du quatrième alinéa du 1. du I de l'article 244 bis A du code général des impôts, dans sa version issue de l'article 43 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, est transmise au Conseil d'Etat.
Par une ordonnance avant dire droit du 13 septembre 2021, la présidente de la 4ème chambre du tribunal a transmis la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat.
Par une ordonnance du 10 décembre 2021, le Conseil d'Etat a rejeté la demande de transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le traité sur le fonctionnement de l'union européenne ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, première conseillère,
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A a cédé le 18 mars 2019 un bien immobilier situé à Antibes et s'est acquitté, dans le cadre de cette cession, du prélèvement sur plus-value de cession immobilière prévu par l'article 244 bis A du code général des impôts et des prélèvements sociaux afférents. Il demande la restitution de ces prélèvements.
2. D'une part, aux termes de l'article 244 bis A du code général des impôts : " I. - 1. Sous réserve des conventions internationales, les plus-values () réalisées par les personnes et organismes mentionnés au 2 du I lors de la cession des biens () mentionnés au 3 sont soumises à un prélèvement (). / Le premier alinéa du présent 1 n'est pas applicable à la cession de l'immeuble qui constituait la résidence principale en France du cédant à la date du transfert de son domicile fiscal hors de France () dans un Etat ou territoire ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales ainsi qu'une convention d'assistance mutuelle en matière de recouvrement ayant une portée similaire à celle prévue par la directive 2010/24/ UE du Conseil du 16 mars 2010 concernant l'assistance mutuelle en matière de recouvrement des créances relatives aux taxes, impôts, droits et autres mesures et qui n'est pas un Etat ou territoire non coopératif au sens de l'article 238-0 A. Cette exonération s'applique à la double condition que la cession soit réalisée au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle du transfert par le cédant de son domicile fiscal hors de France et que l'immeuble n'ait pas été mis à la disposition de tiers, à titre gratuit ou onéreux, entre ce transfert et la cession. () / Un contribuable ne peut bénéficier de l'exonération prévue à l'avant-dernier alinéa du présent 1 s'il a déjà bénéficié de l'exonération au titre de la cession d'un logement prévue au 2° du II de l'article 150 U. / 2. Sont soumis au prélèvement mentionné au 1 : / a) Les personnes physiques qui ne sont pas fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B ; / () 3. Le prélèvement mentionné au 1 s'applique aux plus-values résultant de la cession : / a) De biens immobiliers () ". Aux termes de l'article 150 U de ce code : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. / Ces dispositions s'appliquent, sous réserve de celles prévues au 3° du I de l'article 35, aux plus-values réalisées lors de la cession d'un terrain divisé en lots destinés à être construits. / II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : / 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ; / () ".
3. D'autre part, en vertu des stipulations de l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites. Toutefois, aux termes de l'article 64 de ce traité : " L'article 63 ne porte pas atteinte à l'application, aux pays tiers, des restrictions existant le 31 décembre 1993 en vertu du droit national () en ce qui concerne les mouvements de capitaux à destination ou en provenance de pays tiers lorsqu'ils impliquent des investissements directs, y compris les investissements immobiliers () ". Et selon les stipulations de l'article 65 du même traité : " L'article 63 ne porte pas atteinte au droit qu'ont les Etats membres : / a) d'appliquer les dispositions pertinentes de leur législation fiscale qui établissent une distinction entre les contribuables qui ne se trouvent pas dans la même situation en ce qui concerne leur résidence ou le lieu où leurs capitaux sont investis ; / b) de prendre toutes les mesures indispensables pour faire échec aux infractions à leurs lois et règlements, notamment en matière fiscale ", sous réserve que ces dispositions et mesures ne constituent " ni un moyen de discrimination arbitraire, ni une restriction déguisée à la libre circulation des capitaux ".
4. Lorsqu'un contribuable non résident conteste, au regard de la libre circulation des capitaux, l'imposition à laquelle il a été assujetti sur ses revenus de source française, il convient de comparer la charge fiscale supportée respectivement par ce contribuable et un contribuable résident de France placé dans une situation comparable. Lorsqu'il apparaît que le contribuable non résident a été effectivement traité de manière défavorable, il appartient à l'administration fiscale et, le cas échéant, au juge de l'impôt, de dégrever l'imposition en litige dans la mesure nécessaire au rétablissement d'une équivalence de traitement.
5. En premier lieu, en application des dispositions précitées du code général des impôts, un résident fiscal en France n'est pas imposable sur la plus-value nette de cession de sa résidence principale, y compris lorsque la cession intervient après libération des lieux par le contribuable, sous réserve que le délai d'inoccupation du bien puisse être regardé comme normal. En revanche, pour un non-résident fiscal en France, l'exonération de plus-value de cession est limitée au respect de la double condition que la cession soit réalisée au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle du transfert par le cédant de son domicile fiscal hors de France et que l'immeuble n'ait pas été mis à la disposition de tiers, à titre gratuit ou onéreux entre ce transfert et la cession. En imposant pour les personnes non-résidentes en France une date limite à l'issue de laquelle elles ne peuvent plus bénéficier de l'exonération sur la plus-immobilière réalisée le législateur a introduit entre résidents et non résidents fiscaux des modalités distinctes d'appréciation des conditions d'exonération tenant au délai qui s'écoule entre le déménagement et la cession de leur ancienne résidence principale.
6. Il ne résulte pas de l'instruction que cette différence dans les modalités d'exonération tenant uniquement en la fixation d'un délai maximal pour les non-résidents serait moins favorable que le délai " normal " admis par la jurisprudence pour les personnes résidentes qui, par essence fluctue pour tenir compte des caractéristiques du bien immobilier du contexte du marché et des diligences accomplies pour le vendre, pourrait être dans certaines hypothèses inférieur au délai des non-résidents. En outre, les dispositions législatives ne comportent aucune mesure différenciant le montant de l'exonération auquel peut prétendre le contribuable selon son lieu de résidence. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il a supporté une charge fiscale qui n'est pas comparable à celle d'un résident et qu'ainsi l'imposition de la plus-value en cause porte atteinte au principe de libre circulation des capitaux.
7. En second lieu, M. A ne peut utilement soutenir que les dispositions de l'article 244 bis A du code général des impôts instituerait une différence de traitement entre les non-résidents dès lors qu'ils sont soumis au même texte. Si le délai de vente dont ils disposent pour bénéficier de l'exonération est susceptible de varier selon la date du transfert de domicile à l'étranger, cette circonstance ne saurait constituer une différence de traitement entre les non-résidents.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a rejeté sa demande tendant à la restitution des cotisations prévues à l'article 244 bis A du code général des impôts et des prélèvements sociaux dont il s'est acquitté à raison de la plus-value immobilière qu'ils ont réalisée en 2019 lors de la cession d'un bien immobilier situé à Antibes. Par voie de conséquence ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Chevalier, première conseillère,
Mme Kolf, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.
La rapporteure,
signé
C. Chevalier
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504730
Le Tribunal Administratif de Rennes a pris acte, par ordonnance du 1er juin 2026, du désistement pur et simple de Mme A... de son instance et de l'ensemble de ses conclusions. La requérante demandait initialement la condamnation de la commune de Rennes à l'indemniser de préjudices liés à une maladie professionnelle. Le tribunal, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions de la commune présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026