LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2103946

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2103946

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2103946
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBEN SALEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 juillet 2021 et le 21 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Ben Salem, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre des années 2016, 2017 et 2018, en droits et pénalités ;

2°) de mettre une somme de 5 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la proposition de rectification concernant les années 2017 et 2018 est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- l'administration fiscale a notifié à tort dans une même pièce de procédure, à savoir la proposition de rectification modèle 3924 du 31 janvier 2020, les conséquences de la vérification de comptabilité de la société TCB CONSULTING France et les conséquences de son examen de situation fiscale personnelle ;

- les sommes figurant sur l'avis de mise en recouvrement au titre de l'impôt sur le revenu 2017 diffèrent de celles qui lui ont été notifiées par la proposition de rectification modèle 3924 du 31 janvier 2020 ;

- l'administration fiscale ne lui a jamais adressé le rôle supplémentaire de l'année 2018 ;

- l'administration fiscale n'a pas fait droit à sa demande de communication des documents à l'origine des rehaussements avant leur mise en recouvrement en méconnaissance de la doctrine administrative BOI-CF-PGR-30-10 §300 et §310 ;

- les impositions mises à sa charge au titre de l'année 2016 sont prescrites ;

- l'administration fiscale ne démontre pas l'élément matériel et l'élément intentionnel nécessaires à l'application de la majoration pour manquement délibéré.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- les conclusions de Mme Tatiana Perez, rapporteure publique,

- et les observations de Me Sawadogo, substituant Me Ben Salem, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS TCB Consulting France, qui exerce une activité de conseil en stratégie, développement commercial et marketing, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2017 et 2018 à l'issue de laquelle l'administration fiscale a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2017 et 2018 et un rappel de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018. Parallèlement, M. B, associé et président de la SAS TCB Consulting France, a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle sur ses revenus des années 2015 à 2018, au terme duquel il a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribuables sociales, assorties de pénalités, au titre des années 2016 à 2018.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 31 janvier 2020 notifiée à M. B comportait les éléments exigés par les dispositions précitées de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, notamment les rehaussements envisagés par catégorie de revenus, les motifs de faits et de droit pour chacun des rehaussements et le montant dudit rappel pour chacun des rehaussements. En outre, s'agissant des rehaussements subséquents à la vérification de comptabilité de la société TCB Consulting France, le corps de la proposition de rectification du 31 janvier 2020 reproduit la proposition de rectification modèle 3924 datée du 11 octobre 2019 adressée à ladite société de sorte que le requérant a été en mesure de comprendre l'origine, la nature et les motifs de droit et de faits des rehaussements. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification concernant les années 2017 et 2018 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que deux procédures distinctes, une vérification de comptabilité et un examen de situation fiscale personnelle, ont été engagées à l'égard des deux requérants, la société TCB Consulting France et M. B. Lors des opérations de vérification de comptabilité de la société requérante, l'administration fiscale a notamment constaté, des omissions de recettes, des apports effectués au crédit du compte courant d'associé de M. B et des charges comptabilisées injustifiées ou qualifiées de dépenses personnelles, constitutives de revenus distribués appréhendés par M. B. Ces rehaussements ont été notifiés dans les pièces de procédure afférentes à chaque contrôle, à savoir dans la proposition de rectification modèle 3924 du 11 octobre 2019 adressée à la société et ont été repris dans le cadre de la proposition de rectification du 31 janvier 2020 adressée à M. B. Ainsi, l'administration fiscale a bien distingué les deux procédures de contrôle. Par suite, le moyen tiré de la notification dans une même pièce de procédure des conséquences des deux contrôles doit être écarté.

4. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 48 de livre des procédures fiscales que les propositions de rectification adressées à l'issue d'un examen de la situation fiscale personnelle, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité doivent comporter l'indication du montant des droits, taxes et pénalités résultant des rehaussements envisagés, quelle que soit la procédure utilisée. En outre, avant toute mise en recouvrement, l'information fournie au contribuable doit être renouvelée en ce qui concerne les conséquences financières des rappels, dès lors que les droits mis en recouvrement diffèrent de ceux initialement modifiés.

5. Il résulte de l'instruction que la somme totale de 131 188 euros a été notifiée au requérant au titre de l'année 2017 par la proposition de rectification du 31 janvier 2020. Ce montant comprend la somme de 92 661 euros afférente à l'impôt sur le revenu, mise en recouvrement le 31 mars 2021, et celle de 38 527 euros afférente, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale en défense sans être contredite sur ce point, aux prélèvements sociaux, mise en recouvrement le 30 juin 2021. Dès lors, le montant des droits notifié au titre de l'année 2017 est identique au montant mis en recouvrement. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs (). / L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement () ". Lorsque l'administration établit que l'avis d'imposition a été libellé au nom et à l'adresse du contribuable, celui-ci est présumé l'avoir reçu s'il ne fait état d'aucune circonstance particulière qui expliquerait qu'il ne l'ait pas reçu.

7. Il résulte de l'instruction que l'avis d'imposition supplémentaire relatif aux impositions complémentaires mises à la charge de M. B au titre de l'année 2018 a été libellé à l'adresse ce dernier, qui est au demeurant la même que celle figurant sur les avis d'imposition des années 2016 et 2017 que le requérant ne conteste pas avoir reçus. Or M. B ne fait état d'aucune circonstance particulière expliquant l'absence de réception de cet avis. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification de l'avis d'imposition doit être écarté.

8. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la doctrine administrative, inopérante en matière de procédure d'imposition. En outre, à supposer même, qu'en invoquant les paragraphes 300 et 310 du BOI-CF-PGR-30-10, M. B ait voulu se prévaloir des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, il résulte de l'instruction qu'aucun droit de communication n'a été exercé par l'administration fiscale dans la procédure litigieuse. Ainsi, aucun document ne devait être communiqué au requérant à ce titre. Enfin, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que les documents sur lesquels l'administration fiscale s'est fondée pour établir les impositions, à savoir, notamment des relevés bancaires et des baux, ont été fournis par le requérant lui-même. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

9. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes de l'article L. 189 du même code : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () ". Eu égard à l'objet de ces dispositions, relatives à la détermination du délai dont dispose l'administration pour exercer son droit de reprise, la date d'interruption de la prescription est celle à laquelle le pli contenant la proposition de rectification a été présenté à l'adresse du contribuable.

10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a adressé au requérant une proposition de rectification modèle 3924 " interruptive de prescription " concernant les revenus de l'année 2016. Le pli a été distribué le 11 décembre 2019 à l'adresse du requérant. Par suite, le moyen tiré de la prescription du droit de reprise pour l'année 2016 doit être écarté.

En ce qui concerne les majorations :

11. En premier lieu, M. B ne saurait utilement se prévaloir de ce que l'intention délibérée d'éluder l'impôt n'aurait pas été établie par l'administration s'agissant des majorations mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 sur le fondement des dispositions des articles 1758 A et 1728 du code général des impôts, relatives aux insuffisances de déclaration de revenus et au dépôt tardif des déclarations de revenus.

12. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt () entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales :" En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".

13. Il résulte de l'instruction que, pour justifier de l'application de la majoration de 40 % prévue aux dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts aux compléments d'impôt sur le revenu correspondant aux revenus de capitaux mobiliers et revenus distribués rectifiés au titre de l'année 2017, l'administration fiscale a relevé que M. B avait encaissé sur un compte personnel des recettes de la société TCB Consulting France supérieures au montant de ses traitements et salaires et que celle-ci avait pris en charge des dépenses personnelles de M. B, ce dont ce dernier avait nécessairement connaissance en sa qualité de dirigeant de la société. Elle s'est en outre fondée sur la circonstance que le montant des revenus ainsi distribués à M. B s'élevait à plus de deux fois le montant des revenus qu'il a déclarés. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme établissant l'intention délibérée de M. B d'éluder une partie des impôts dont il était redevable, justifiant de l'application de la majoration en litige.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par les requérants des deux présentes instances doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions à fin de décharge présentées par M. B.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, au titre des frais engagés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Kolf, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La rapporteure,

signé

S. Kolf

La présidente,

signé

V. Chevalier-Aubert

La greffière,

signé

C. Sussen

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

No 2103946

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions