mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CINERSY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 24 janvier 2022, le juge des référés a, sur la requête présentée par la commune de Cannes et la SEMEC (société d'économie mixte pour les évènements cannois),ordonné une expertise confiée à M. A B afin de se prononcer sur les désordres, malfaçons et/ou non façons qui affectent le grand auditorium, les foyers et les auditoriums annexes du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, et leurs incidences, au contradictoire et en présence de la commune de Cannes, de la SEMEC, de la société Eiffage Construction Sud-Est venant aux droits de la SAS Eiffage Construction Alpes Maritimes, de la SAS DIFRAL et de la société ARCHIDEV.
Par mémoires, enregistrés les 15 février 2022 et 29 mars 2022, la société Eiffage construction Sud Est représentée par Me Belfiore, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article R. 532-3 du code de justice administrative :
- d'étendre les opérations d'expertises visées ci-dessus à la société GMC à laquelle elle a sous-traité le lot n°19 " vêture façade ventilée " et à son assureur Axa France Iard .
- de laisser à la charge des parties les dépens exposés.
Par un mémoire, enregistré le 23 mars 2022, la SA Axa France Iard représentée par Phare Avocats, demande au juge des référés :
- à titre principal, d'ordonner sa mise hors de cause ;
- à titre subsidiaire de prendre acte de ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et de garantie sur le bien-fondé de sa mise en cause en qualité d'assureur de la société Générale de Matériaux et de Construction (GMC) ;
- d'ordonner la réserve des dépens.
Elle fait valoir que :
- la preuve entre le lien contractuel entre la société Eiffage Construction Sud Est et la société GMC n'est pas rapportée, le contrat de sous-traitance produit au dossier n'est pas signé par la société GMC mais par la société GFC ;
- la société GMC aurait souscrit un contrat d'assurance BT Plus auprès d'elle prenant effet au 1er janvier 2013 ;
- la date de la première réclamation à l'égard de la société GMC du 22 février 2022, date de la requête enregistrée par la société EIFFAGE, est postérieure à la résiliation du contrat souscrit auprès d'elle datant du 1er janvier 2020, de sorte que les garanties facultatives souscrites n'auront pas vocation à s'appliquer.
Par un mémoire, enregistré le 6 mai 2022 sous le n° 2103956, la société Eiffage construction Sud Est représentée par Me Belfiore, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article R. 532-3 du code de justice administrative :
- d'étendre les opérations d'expertises en cours :
.à la société GFC à laquelle elle a sous-traité la phase 3 du lot 19 " vêture façade ventilée " et à son assureur AXA France Iard ;
.à la SAM CRYSTAL en charge des travaux de plomberie climatisation et VMC et à son assureur la SMABTP ;
- de laisser à la charge des parties les dépens exposés.
La société Eiffage construction Sud Est fait valoir que la première réunion d'expertise s'est déroulée le 28 mars 2022.
Par un mémoire enregistré le 12 mai 2022, la société Eiffage construction Sud Est représentée par Me Belfiore, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article R. 532-3 du code de justice administrative d'étendre les opérations d'expertises en cours :
-à la société CONSTRUCTIONS METALLIQUES AUER en charge des travaux de charpente métallique et à son assureur AXA ;
-à la société HALL DE LA MOQUETTE en charge des travaux de revêtement de sols souples et à son assureur AXA ;
-à la société TES en charge des travaux d'étanchéité et à son assureur AXA.
-de laisser à la charge des parties les dépens exposés.
La société Eiffage construction Sud Est fait valoir que deux réunions d'expertise se sont déroulées le 28 mars 2022 et 25 avril 2022 et qu'une troisième réunion est fixée au 10 juin 2022.
Par un mémoire, enregistré le 25 mai 2022, la commune de Cannes et la SEMEC (société d'économie mixte pour les évènements cannois) représentées par Me Eglie-Richters,
demandent au juge des référés d'étendre l'expertise du Palais des Festivals et des Congrès aux désordres et infiltrations décrits dans les deux constats d'huissier du 28 Avril 2022 qui affectent:
- les moquettes posées en 2014/2015 dans le grand Auditorium Louis Lumière qui commencent à se décoller sur les parties verticales ;
- les sas de sanitaires du Salon Pierre VIOT-niveau 4,
- les sas refuge PMR niveau 6 cité sud-est ;
L'expert devant également se prononcer sur les conséquences de ces désordres et apporter à la juridiction tous éléments utiles.
Par un mémoire, enregistré le 14 juin 2022, la société HALL DE LA MOQUETTE et son assureur AXA représentées par Me de Valkenaere, demandent au juge des référés de leur donner acte de leurs protestations et réserves d'usage sur la demande d'extension de mission sollicitée à leur contradictoire.
Par un mémoire, enregistré le 1er juillet 2022, la société EIFFAGE ENERGIE SYSTEMES, venant aux droits de la SAM CRYSTAL représenté par Me Durand, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage sur la demande d'extension de mission sollicitée à son contradictoire et de condamner la société EIFFAGE CONSTRUCTION SUD-EST aux entiers dépens.
Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2022, la SA AXA France IARD en sa qualité d'assureur de la société GFC, représenté par Me Bergant, demande au juge des référés de lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et de garantie quant à la demande d'extension de mission sollicitée à son contradictoire et d'ordonner la réserve des dépens.
Par un mémoire enregistré le 7 juillet 2022, la société Eiffage construction Sud Est représentée par Me Belfiore, demande au juge des référés :
- de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise judiciaire de la commune de Cannes et la SEMEC à laquelle sa participation ne saurait constituer une reconnaissance de responsabilité ;
- de laisser à la charge des demanderesses les dépens exposés.
Vu le mémoire enregistré le 18 juillet 2022, la société Atelier architecture et Développement (ARCHIDEV) représentée par Me Dersy, demande au juge des référés :
- de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande d'expertise sollicitée par la commune de Cannes et la SEMEC ;
- de statuer ce que de droit sur les dépens.
Par un mémoire enregistré le 27 juillet 2022, la SARL Hall d la Moquette et son assureur la compagnie Axa France Iard, représentées par deValkenaere, demandent au juge des référés:
- de leur donner acte de leurs protestations et réserves sur la demande d'expertise sollicitée par la commune de Cannes et la SEMEC ;
- de statuer ce que de droit sur les dépens.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2022, la SAS Toitures Etanchéités Services, représentée par Me Jacquemin, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée.
Vu l'ensemble des pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2022 par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Patrick Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par ordonnance du 24 janvier 2022, le juge des référés a, sur la requête présentée par la commune de Cannes et la SEMEC, ordonné une expertise confiée à M. A B afin de se prononcer sur les désordres, malfaçons et/ou non façons qui affectent le grand auditorium, les foyers et les auditoriums annexes du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, et leurs incidences.
2 . Par mémoires enregistrés les 15 février 2022, 29 mars 2022, 6 mai 2022 et 12 mai 2022, la société Eiffage construction Sud Est demande l'extension des opérations d'expertises précitées à la société GMC et son assureur Axa France Iard, à la société GFC et son assureur AXA et à la SAM CRYSTAL et son assureur la SMABTP, à la société CONSTRUCTIONS METALLIQUES AUER et son assureur AXA, à la société HALL DE LA MOQUETTE et son assureur AXA, à la société TES et son assureur AXA.
3. Par un mémoire, enregistré le 25 mai 2022, la commune de Cannes et la SEMEC demandent au juge des référés d'étendre l'expertise aux désordres qui affectent les moquettes posées en 2014/2015 dans le grand Auditorium Louis Lumière et aux infiltrations qui affectent les sas de sanitaires du Salon Pierre VIOT-niveau 4 et les sas refuge PMR niveau 6 cité sud-est.
4 . Aux termes de l'article R. 532-3 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées. Il peut, dans les mêmes conditions, étendre la mission de l'expertise à l'examen des questions techniques qui se révèlerait indispensable à la bonne exécution de cette mission, ou, à l'inverse, réduire l'étendue de la mission si certaines des recherches envisagées apparaissent inutiles. ".
Sur la demande de mise hors de cause de la SA Axa France Iard :
5. La SA Axa France Iard demande sa mise hors de cause aux opérations d'expertise, en sa qualité d'assureur de la société GMC. La mesure d'expertise est une mesure d'instruction qui ne saurait préjuger sur le fond du litige, tous droits et moyens des parties étant de ce fait réservés, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande de mise hors de cause étant précisé qu'il appartient à l'expert de formuler toute demande en ce sens s'il l'estime justifiée au vu des éléments en sa possession.
Sur les demandes d'extensions d'expertise :
6. Dès lors que la première réunion d'expertise s'est tenue le 28 mars 2022, les extensions d'expertise sollicitées ont été déposées dans le délai de 2 mois requis par les dispositions précitées du code de justice administrative. Par suite, rien ne s'oppose à ce que la mission confiée à l'expert M. A B par ordonnance précitée du 24 janvier 2022 :
1°) soit réalisée au contradictoire des sociétés :
- GMC à laquelle a été sous-traité le lot n°19 " vêture façade ventilée " ;
- GFC à laquelle a été sous-traité la phase 3 du lot 19 " vêture façade ventilée " ;
- SAM CRYSTAL en charge des travaux de plomberie climatisation et VMC ;
- CONSTRUCTIONS METALLIQUES AUER en charge des travaux de charpente métallique;
- HALL DE LA MOQUETTE en charge des travaux de revêtement de sols souples;
- TES en charge des travaux d'étanchéité.
Il apparaît utile que les assureurs de ces dernières les compagnies AXA, AXA France Iard et SMABTP, soient également présentes à l'expertise ;
2°) porte sur l'examen des désordres décrits par les deux constats d'huissier du 28 Avril 2022 qui affectent :
- les moquettes posées en 2014/2015 dans le grand Auditorium Louis Lumière qui commencent à se décoller sur les parties verticales ;
- le sas de sanitaires du Salon Pierre VIOT-niveau 4 et le sas refuge PMR niveau 6 cité sud-est.
L'expert devant également se prononcer sur les conséquences de ces désordres, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis.
Sur les dépens :
7 . Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. " et aux termes des dispositions de l'article R.621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R.621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ".
8. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions présentées par les parties relatives aux dépens doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Les opérations se rattachant à l'expertise ordonnée le 24 janvier 2022 par le juge des référés, confiées à M. A B, expert :
1°) se poursuivront en présence et au contradictoire des sociétés GMC, GFC, SAM CRYSTAL, CONSTRUCTIONS METALLIQUES AUER, HALL DE LA MOQUETTE, TES et de de leurs assureurs les compagnies AXA, AXA France Iard et SMABTP ;
2°) porteront sur l'examen des désordres qui affectent :
- les moquettes posées en 2014/2015 dans le grand Auditorium Louis Lumière ;
- le sas de sanitaires du Salon Pierre VIOT-niveau 4 et le sas refuge PMR niveau 6 cité sud-est.
L'expert devant se prononcer sur les conséquences de ces désordres, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies par l'ordonnance initiale, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis.
Article 2 : Les extensions d'expertise précitées se dérouleront suivant les mêmes modalités que celles définies dans l'ordonnance du 24 janvier 2022 étant précisé que le dépôt de son rapport pourra s'effectuer :
* soit en deux exemplaires, dont un original, au greffe du tribunal administratif
* soit sur la plateforme d'échange du Conseil d'Etat (https://echange.conseil-etat.fr)
dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, et en adressera simultanément un exemplaire à chacune des parties en cause, qui peut s'opérer sous forme électronique, avec leur accord.
Article 3 : M. B communiquera, s'il y a lieu, aux sociétés susvisées et à leurs assureurs, les résultats de ses premiers accédits, les invitera à présenter leurs observations et les convoquera à toutes les réunions ultérieures.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Cannes, à la SEMEC, à la Société Eiffage construction sud-est aux droits d'Eiffage construction Côte d'Azur, à la Société atelier architecture et développement, aux sociétés Difral, Gmc - societe generale de materieux et constructions, aux compagnies Axa France Iard, SMABTP, aux sociétés Gfc , Eiffage energie systemes venant aux droits de la Sam Crystal, Cma représentée par Me Hervé Dechristé, Tes, Hall de la moquette et à M. A B, expert.
Fait à Nice, le 4 octobre 2022.
signé
Patrick SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
2103956
mgf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026