jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103992 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAMRANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2021 et 24 mars 2022, M. C A, représenté dans le dernier état de ses écritures par Me Castiglia, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure est entachée d'une irrégularité substantielle dès lors que l'avis d'imposition supplémentaire ne lui a pas été notifié par transmission dématérialisée ;
- c'est en raison d'un cas de force majeure qu'elle n'a pas pu remplir la condition de réinvestissement de la plus-value retirée de la cession des titres de la SARL Sud Florida dans le délai de 36 mois prévue par l'article 150-0 D bis du code général des impôts ;
- la quotité de réinvestissement requise a été respectée par des apports en compte courant conformément à ce que prévoit la doctrine administrative BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 qui bien que concernant les reports d'imposition de la plus-value prévue à l'article 150-0 B ter du code général des impôts peut être transposée à l'exonération de la plus-value prévue par les dispositions de l'article 150-0 D bis de ce code.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié, au titre de l'année 2012, d'un report d'imposition de la plus-value réalisée lors de la cession de titres de la société à responsabilité limitée (SARL) Sud Florida en application des dispositions de l'article 150 0 D bis du code général des impôts. Après avoir fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre des années 2012 et 2015, l'administration fiscale constatant que la condition de réinvestissement du produit de la cession des titres à l'expiration du délai de 36 mois prévue par ces dispositions n'était pas remplie a, au terme d'une procédure de rectification contradictoire, mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015. M. A, après avoir formé une réclamation contentieuse qui a été rejetée par l'administration fiscale, demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs (). / L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement. () / Par dérogation au premier alinéa et pour le contribuable qui en fait expressément la demande, ses avis d'imposition sont exclusivement disponibles sous forme dématérialisée dans son compte fiscal en ligne () ". Et aux termes de l'article 1658 du code général des impôts : " Les impôts directs et les taxes y assimilées sont recouvrés en vertu de rôles rendus exécutoires par arrêté du préfet ou d'avis de mise en recouvrement () ".
3. A supposer même que l'avis d'imposition prévu par les dispositions précitées de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales n'ait pas été régulièrement notifié ou rendu disponible sous forme dématérialisée sur le compte fiscal en ligne de M. A, cette circonstance, si elle est de nature à faire obstacle à la mise en œuvre de poursuites faute d'exigibilité des impositions mises en recouvrement, est en revanche sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition ou son bien-fondé. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 150-0 D bis du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année de la réalisation de la plus-value en litige : " I.-1. L'imposition de la plus-value retirée de la cession à titre onéreux d'actions ou de parts de sociétés ou de droits démembrés portant sur ces actions ou parts peut être reportée si les conditions prévues au II du présent article sont remplies. / Le report est subordonné à la condition que le contribuable en fasse la demande et déclare le montant de la plus-value dans la déclaration prévue à l'article 170. / () II.- Le bénéfice du report d'imposition prévu au 1 du I est subordonné au respect des conditions suivantes : / 2° La société dont les actions, parts ou droits sont cédés : / a) Est passible de l'impôt sur les sociétés ou d'un impôt équivalent ou soumise sur option à cet impôt ; / b) Exerce une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, à l'exception de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier, ou a pour objet social exclusif de détenir des participations dans des sociétés exerçant les activités précitées. Cette condition s'apprécie de manière continue pendant les huit années précédant la cession ; / c) A son siège social dans un Etat membre de l'Union européenne ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales ; / 3° Le report d'imposition est, en outre, subordonné au respect des conditions suivantes : / a) Le produit de la cession des titres ou droits doit être investi, dans un délai de trente-six mois et à hauteur de 80 % du montant de la plus-value net des prélèvements sociaux, dans la souscription en numéraire au capital initial ou dans l'augmentation de capital en numéraire d'une société ; / b) La société bénéficiaire de l'apport doit exercer l'une des activités mentionnées au b du 2° du présent II et répondre aux conditions prévues aux a et c du même 2° ; () ".
5. M. A soutient que la force majeure doit l'exonérer du respect de la condition de réinvestissement à hauteur de 80% prévue par ces dispositions dès lors qu'en raison du contrôle fiscal dont a fait l'objet la société Sud Florida à l'issue duquel elle a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, il a dû mobiliser des fonds au titre de la garantie de passif qu'il avait contractée au bénéfice des acquéreurs au risque de voir sa responsabilité engagée au-delà du montant de cette garantie. Toutefois, la mise en œuvre par l'administration fiscale d'une procédure de vérification de comptabilité, qui présente par nature un caractère éventuel et imprévu mais qui demeure toujours possible dans le cadre du délai de droit de reprise, ne saurait, par principe ni dans les circonstances évoquées en l'espèce, présenter un caractère imprévisible au sens de la force majeure. En outre, les rehaussements d'imposition dont la société a fait l'objet résultent d'insuffisances déclaratives qui lui sont imputables ce qui exclut toute qualification d'évènement imprévisible, irrésistible et extérieur aux parties dès lors que M. A était associé de la société vérifiée. Au regard de ces éléments, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, M. A soutient, qu'outre l'apport en capital de 100 000 euros à la société MRJ, il lui a apporté la somme de 85 000 euros en compte courant, ce qui porte l'investissement total à plus de 80% de la plus-value réalisée sur la cession des titres. Toutefois, cet apport en compte courant ne permet pas de regarder la condition de réinvestissement comme étant remplie dès lors que les dispositions de l'article 150-0 D bis du code général des impôts précitées exigent une souscription en numéraire au capital initial ou de l'augmentation en capital en numéraire d'une société. A cet égard, M. A ne peut pas utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales de la doctrine administrative référencée BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 dès lors qu'elle s'applique aux reports d'imposition de la plus-value prévue à l'article 150-0 B ter du code général des impôts qui n'est pas transposable à son cas.
7. Par suite, c'est à bon droit, en application de l'article 150-0 D bis du code général des impôts, que l'administration fiscale a remis en cause le report d'imposition de la plus-value de cessions réalisée par M. A.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au remboursement des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Chevalier, première conseillère,
Mme Kolf, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
C. Chevalier
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026