jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104206 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AUDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2021, Mme B D, représentée par Me Aude, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre de l'année 2012 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la somme de 188 748,67 euros comptabilisée au crédit du compte courant d'associé de M. A au sein de la société Grenadimmo composée de trois abandons de créance et d'un paiement d'un fournisseur ne constituent pas des revenus distribués ;
- le crédit d'un montant de 50 000 euros figurant sur le compte courant détenu par M. A au sein de la société Les Romains ne constitue pas un revenu d'origine indéterminée ;
- l'amende pour manquement délibéré n'est pas fondée, il y a eu aucune intention d'éluder l'impôt
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et son époux M. A ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur la période allant du 1er janvier au 31 janvier 2012, à l'issue duquel, ils ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus au titre de cette même année, selon la procédure de taxation d'office concernant les revenus d'origine indéterminée et selon la procédure contradictoire concernant les revenus considérés comme distribués. Après avoir formé une réclamation contentieuse qui a été rejetée par l'administration fiscale, Mme D demande la décharge des cotisations supplémentaires mises à sa charge.
Sur le bien-fondé des impositions supplémentaires découlant des revenus distribués :
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme des revenus distribués () c. les rémunérations et avantages occultes ". Il résulte de ces dispositions qu'en cas de refus des rectifications notifiées par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve tant de l'existence et du montant des distributions que de leur appréhension par le contribuable. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle. En outre, ces revenus sont présumés distribués à la date de clôture de l'exercice au terme duquel leur existence a été constatée, sauf si le contribuable ou l'administration apportent des éléments de nature à établir que la distribution a été, en fait, soit postérieure, soit antérieure à cette date.
3. L'administration fiscale a constaté, au cours des opérations de vérification de comptabilité de la société Grenadimmo que la somme de 188 748,67 euros correspondant à trois abandons de créance et à un paiement par son gérant M. A, d'un fournisseur était comptabilisée au crédit de son compte courant d'associé, au 31 décembre 2012. En l'absence de production d'éléments comptables de nature à justifier ces crédits, l'administration a considéré qu'il s'agissait de distributions occultes au sens du c de l'article 111 du code général des impôts versées à M. A imposables à l'impôt sur le revenu.
4. En premier lieu, en ce qui concerne les crédits d'un montant de 16 303.74 euros, de 70 343,42 euros, de 11 515,66 euros, de 5 000 euros et de 38 224,25 euros comptabilisés sous le libellé " abandon de créance ", Mme D soutient qu'ils correspondent à des apports en compte courant de son époux en provenance des comptes courants qu'il détient au sein de cinq autres sociétés. La production d'extraits des grands livres des sociétés et des journaux d'opérations diverses en l'absence de document justifiant l'existence des flux financiers correspondants ne permet toutefois pas de justifier de la réalité de ces mouvements. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que ces sommes figurant au crédit du compte courant d'associé de M. A n'étaient pas justifiées et devaient, par suite, être regardées comme des revenus distribués.
5. En second lieu, en ce qui concerne le crédit de 47 361,60 euros libellé " règlement Varallo ", Mme D soutient que M. A a versé cette somme à Me Varallo afin de régler la facture du 20 juin 2012 établie au nom de la société Grenadimmo. Si elle produit un relevé de maniement des fonds du 15 juillet 2012 via la caisse des règlements pécuniaires des avocats (CARPA) faisant état d'un versement à hauteur de ce montant, ce relevé est établi au nom de la société Résidence du Soleil Gestion et pas au nom de la société Grenadimmo. En outre, aucun élément ne permet de s'assurer que cette somme a été personnellement réglée par M. A. Dans ces conditions, en l'absence de pièces justifiant l'inscription de ce montant au crédit du compte courant d'associé détenu par M. A au sein de la société Grenadimmo et du flux allégué depuis le compte personnel de M. A c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré ce revenu comme étant distribué.
6. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que l'administration fiscale a qualifié la somme globale de 188 748,67 euros le versement litigieux de revenu distribué au sens des dispositions précitées et a imposé la somme correspondante dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers de son foyer fiscal.
Sur le bien-fondé des impositions supplémentaires découlant des revenus d'origine indéterminée :
7. En application des articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, il incombe à Mme D, qui a fait l'objet d'une taxation d'office en vertu des dispositions des articles L. 16 et L. 69 du même livre, d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions litigieuses. A ce titre, il lui est notamment loisible de démontrer que les sommes litigieuses, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie précise de revenus.
8. Mme D soutient que la somme de 50 000 euros créditée le 1er septembre 2012 sur le compte courant détenu par son époux au sein de la société Les Romains correspond à un chèque de banque tiré de leur compte bancaire personnel le 20 juin 2012 pour la signature, le 25 juin suivant, d'un compromis de vente d'un terrain à bâtir à Mougins. Elle indique que ce compromis comportait une clause de substitution au profit de la société Les Romains qui étant alors en cours d'immatriculation ne pouvait se porter directement acquéreur et que lors du commencement de son activité cette somme a alors été portée au crédit du compte courant de M. A. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du compromis de vente, l'acte authentique n'étant pas, par ailleurs, produit, que M. A et Mme D agissaient pour le compte de la société les Romains ni que cette dernière avait vocation à se substituer à eux. Dans ces conditions et en l'absence de tout élément probant justifiant de la substitution effective, la requérante ne justifie pas de l'origine de ces sommes et n'établit pas, par suite, que c'est à tort que l'administration les a taxées dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.
Sur le bien fondé de la majoration de 40% pour manquement délibéré :
9. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir un tel manquement, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
10. En ce qui concerne les revenus distribués imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, l'administration relève dans la proposition de rectification que ces revenus représentent près de 123% des revenus bruts déclarés par les époux et que M. A en sa qualité d'associé de la société Grenadimmo ne pouvait ignorer l'encaissement de ces sommes sur son compte courant d'associé et leur imposition à l'impôt sur le revenu. Ce faisant, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du bien-fondé de la majoration pour manquement délibéré assortissant les rectifications relatives à ces revenus.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Chevalier, première conseillère,
Mme Kolf, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
C. Chevalier
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026