jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | C/M/S BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Elite Concept, représentée par le cabinet CMS Francis Lefebvre avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises et de taxe pour frais de chambres de commerce et d'industrie auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020, pour un montant total de 22 760 euros ;
2°) de mettre une somme de 5 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'imposition a été établie à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été informée, préalablement à la mise en recouvrement, de la modification de la base d'imposition qu'elle avait elle-même déclarée ;
- elle n'a pas la disposition des biens qu'elle donne en sous-location pour le compte de propriétaires personnes physiques ; en effet, la durée de ces locations ponctuelles se limite au maximum à 30 % de l'année civile ; en outre, les propriétaires s'acquittent de la taxe d'habitation sur ces logements ;
- elle peut, à cet égard, se prévaloir de la doctrine fiscale référencée au § 30 du BOI-IF-CFE-20-20-10-10 en vertu des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
- elle n'a pas non plus la disposition des appartements dont les propriétaires, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Canada 08 et la société à responsabilité limitée (SARL) Font Blanche, exercent aussi une activité d'exploitation hôtelière, et pour lesquels elle ne réalise que des prestations de services para-hôtelières et de recherche de clientèle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu partiel à statuer sur le requête et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que :
- il a, pour des raisons de procédure, accordé un dégrèvement partiel d'un montant de 22 037 euros le 2 décembre 2021 ;
- une somme de 723 euros reste à la charge de la société requérante ; il s'agit de la cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises au lieu de son établissement principal.
Par une ordonnance du 10 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Camus, représentant la SAS Elite Concept.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Elite Concept, qui exerce une activité de gestion de biens immobiliers et de prestations de services para-hôtelières, a été assujettie à des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises et de taxe additionnelle de frais de chambres de commerce et d'industrie au titre de l'année 2020, l'administration fiscale ayant réintégré dans la base d'imposition la valeur locative des biens immobiliers qu'elle donnait en sous-location et dans lesquels elle sous-traitait une activité para hôtelière. Par la présente requête, la société requérante demande la décharge de cette imposition supplémentaire mise à sa charge, qui s'élève à 22 760 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 2 décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a prononcé un dégrèvement d'un montant de 22 037 euros au titre de l'année 2020 correspondant aux cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises et de taxe de frais de chambres de commerce et d'industrie. Les conclusions de la requête sont donc devenues, dans cette mesure, sans objet.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes du 1 du I de l'article 1647 D du code général des impôts, les redevables de la cotisation foncière des entreprises sont assujettis à une cotisation minimum établie au lieu de leur principal établissement à partir d'une base minimum dont le montant est fixé par le conseil municipal au regard du montant du chiffre d'affaires.
4. A la suite du dégrèvement prononcé par l'administration, ne subsiste en litige qu'une somme de 723 euros correspondant à la cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises mise à la charge de la société Elite concept. En effet, il résulte de l'instruction que l'administration a procédé, afin de tenir compte de ce que la société requérante demeurait soumise au titre de l'année en litige à la cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises prévue à l'article 1647 D du code général des impôts, à une compensation entre le dégrèvement des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises et de taxe additionnelle de frais de chambres de commerce et d'industrie auquel la SAS Elite Concept pouvait prétendre d'une part et de la cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises demeurant à sa charge d'autre part. La société requérante, qui n'a pas produit d'observations en réponse au mémoire en défense de l'administration fiscale, ne conteste pas les modalités de calcul de la compensation à laquelle l'administration fiscale a ainsi procédé. Il s'ensuit que les conclusions en décharge de la somme restant en litige doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à concurrence du dégrèvement d'un montant de 22 037 (vingt-deux-mille-trente-sept) euros prononcé en cours d'instance.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 200 (mille deux-cents) euros à la SAS Elite Concept en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Elite Concept et au directeur départemental des finances publiques.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
J. MEAR
La greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
N° 2103121
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026