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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104702

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104702

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104702
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantISAIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2021, M. B A, représenté par la société d'exercice libéral par actions simplifiées (selas) Fidal, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2013 et 2014 pour des montants respectifs de 8 715 euros et 12 738 euros en base de droits avant majoration de 25 % ;

2°) de prononcer la décharge des prélèvements sociaux en ce qu'ils ont été liquidés sur une base d'impôts sur le revenu majorée de 25 % ;

3°) de prononcer la décharge partielle des cotisations d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2013 et 2014 après la prise en compte de la pension alimentaire qu'il a versée ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la reconstitution de recettes ne pouvait être établie sur la base d'un exercice courant du 1er janvier au 31 décembre mais devait être établie sur une période courant du 1er juillet au 30 juin ;

- l'administration aurait dû retenir un taux de charge de 34 % et non de 20 % ;

- les prélèvements sociaux ne pouvaient être calculés sur le montant des impôts majorés de 25 % ;

- l'administration n'a pas pris en compte le versement des pensions alimentaires qu'il a versées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu partiel à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- il a, en cours d'instance, accordé un dégrèvement au titre des prélèvements sociaux dès lors que le montant de ces prélèvements ne pouvait être calculé sur le montant de l'impôt majoré de 25 % ;

- aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sorin, rapporteure ;

- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'association Azur Pass PACA a pour activité l'achat et la revente de billets sur internet. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période allant du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. L'administration fiscale a alors considéré que l'association exerçait une activité lucrative. Elle lui a donc adressé, le 25 juin 2016, une mise en demeure de déposer ses déclarations de résultats. Ces déclarations n'ayant pas été déposées dans le délai de trente jours, l'administration a donc, d'office, reconstitué son résultat pour la période vérifiée. A l'issue de cette procédure de rectification d'office, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été notifiées à l'association Azur Pass Paca. Le service a, en outre, notifié à M. A, trésorier et secrétaire de l'association, à l'issue d'une procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des revenus distribués provenant de l'association Azur Pass Paca pour les années 2013 et 2014 assorties des intérêts de retard et d'une majoration de 10 % ainsi que des cotisations supplémentaires de contributions sociales. M. A demande au tribunal la décharge partielle de ces impositions, en droits et pénalités.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 4 janvier 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a prononcé un dégrèvement partiel des prélèvements sociaux à concurrence de 970 euros pour 2013 et 1 037 euros pour 2014. L'administration a prononcé ce dégrèvement au motif que les prélèvements sociaux ne pouvaient être calculés sur la base des cotisations d'impôt sur le revenu majorées. Elle a donc dégrevé le montant des prélèvements sociaux calculés sur cette majoration. Par suite, dès lors que le requérant demandait à être déchargé partiellement des prélèvements sociaux pour ce motif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge partielle des prélèvements sociaux qui sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

3. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ".

4. Pour considérer que M. A avait bénéficié de revenus distribués, l'administration a, lors de la vérification de comptabilité de l'association Azur Pass Paca, constaté que M. A effectuait régulièrement des prélèvements sur les recettes de l'association. Ainsi, après avoir reconstitué les recettes de l'association Azur Pass Paca, le service vérificateur a considéré que la moitié des bénéfices constituait des revenus distribués pour M. A.

S'agissant de la charge de la preuve :

5. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ". Il résulte de l'instruction que M. A s'est abstenu de répondre dans les délais à la proposition de rectification du 12 septembre 2016 dont il a accusé réception le 19 septembre suivant. Par suite, il lui appartient d'établir le caractère exagéré des impositions établies par l'administration fiscale.

S'agissant de la reconstitution de recettes de l'association Azur Pass Paca :

6. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur, après avoir constaté l'absence de déclarations de résultats déposées par l'association Azur Pass Paca, lui a adressé une mise en demeure de déposer les déclarations de résultats le 25 juin 2016. Les déclarations n'ayant pas été déposées dans le délai de trente jours, l'administration a donc, d'office, reconstitué le résultat pour la période vérifiée soit entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024. Pour ce faire, le service vérificateur, après avoir constaté l'absence de compatibilité, a reconstitué le chiffre d'affaires à partir des fichiers de ventes extraits du portail internet. Le service a, alors, ventilé le chiffre d'affaires entre les ventes de produits et les adhésions. Il a ensuite reconstitué les charges en retenant les achats de marchandises ainsi que 20 % de charges pour le chiffre d'affaires hors ventes.

7. En premier lieu, les articles 36 et 37 du code général des impôts, applicables à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code, disposent respectivement que : " Sont compris dans le total des revenus servant de base à l'impôt sur le revenu les bénéfices obtenus pendant l'année de l'imposition ou dans la période de douze mois dont les résultats ont servi à l'établissement du dernier bilan, lorsque cette période ne coïncide pas avec l'année civile ", et que " Si l'exercice clos au cours de l'année d'imposition s'étend sur une période de plus ou de moins de douze mois, l'impôt est néanmoins établi d'après les résultats dudit exercice. Si aucun bilan n'est dressé au cours d'une année quelconque, l'impôt dû au titre de la même année est établi sur les bénéfices de la période écoulée depuis la fin de la dernière période imposée (). Ces mêmes bénéfices viennent ensuite en déduction des résultats du bilan dans lequel ils sont compris ".

8. M. A soutient que les statuts de l'association mentionnant une période d'exercice du 1er juillet au 30 juin, l'administration ne pouvait reconstituer le chiffre d'affaires sur une année civile. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'association Azur Pass Paca n'a établi aucun bilan comptable, qu'elle n'a, avant le contrôle, jamais été imposée, qu'elle n'a jamais déclaré de début d'activité et n'a jamais transmis aucun document à l'administration par lequel elle l'informait d'une option quant à la période d'exercice. Dans ces conditions, le service vérificateur était fondé, en application des dispositions précitées et en dépit des statuts de l'association, à reconstituer le chiffre d'affaires sur l'année civile.

9. En deuxième lieu, en vertu du 1 de l'article 39 du même code, rendu applicable à l'impôt sur les sociétés par l'article 209 de ce code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire () ".

10. M. A soutient que le taux de 20 % retenu à titre de charges sur le chiffre d'affaires hors ventes est insuffisant et devait être établi à 34 % comme cela a été retenu pour les années ultérieures. Il est constant, toutefois, que même pour les années ultérieures, l'association en litige n'a produit aucune comptabilité qui permettrait de justifier du montant des charges. Par suite, en retenant un taux de 20 % favorable à l'association, ce pourcentage total de charges étant d'ailleurs nettement supérieur au taux forfaitaire prévu à l'article 50-0 du code général des impôts, l'administration n'a pas procédé à une reconstitution donnant lieu à des impositions supplémentaires exagérées.

11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à critiquer la reconstitution de recettes à laquelle le service vérificateur a procédé.

S'agissant de la déduction des pensions alimentaires :

12. Si M. A soutient que l'administration fiscale n'a pas déduit de ses bases d'imposition les pensions alimentaires versées à son ex-épouse, il résulte de l'instruction que l'administration a procédé à cette déduction. Le moyen doit donc être écarté comme manquant en fait.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête en ce qu'elle concerne les prélèvements sociaux.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à B A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Sorin, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

assistés de Mme Katarynezuk, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

G. SORIN

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILa greffière,

Signé

N. KATARYNEZUK

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

No 210470

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