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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104817

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104817

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104817
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET
Avocat requérantLAIFA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2021, M. C A, représenté par Me Laïfa, demande au tribunal d'annuler la décision du 11 mai 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 477,44 euros pour la période allant du 1er août 2019 au 31 janvier 2021 ainsi que celle du 29 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 500 euros.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont infondées ;

- sa situation est précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2022, le Département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête de M. A.

Il soutient que :

- la requête de M. A est irrecevable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal judiciaire de Nice.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code la sécurité sociale :

- le code de justice administrative.

La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouget, présidente ;

- et les observations de Mme B, représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 11 mai 2021, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a notifié à M. C A notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 477,44 euros pour la période allant du 1er août 2019 au 31 janvier 2021. Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, par une décision du 29 juin 2021, a prononcé à l'encontre de M. A une amende administrative d'un montant de 500 euros. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 11 mai 2021 portant notification d'un indu de revenu de solidarité active :

2. Aux termes de l'article L. 262-2 code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 262-3 du code précité : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. () / L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

3. Il résulte de l'instruction que M. C A, qui est allocataire du revenu de solidarité active depuis le 1er juin 2009, a fait l'objet d'un contrôle de ses ressources réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Le rapport d'enquête du 11 janvier 2021, faisant suite à cette opération de contrôle, fait état de ce que l'intéressé n'a pas déclaré à l'administration, d'une part, les aides financières d'un montant de 200 euros lui ayant été versées mensuellement par ses parents entre les mois d'avril et de septembre 2020 et, d'autre part, les sommes portées au crédit de son compte bancaire entre les mois de mai et de septembre 2019, pour un montant global de 5 932 euros, relatives à la vente d'objets personnels. Toutefois, il est constant que le requérant, qui est allocataire du revenu de solidarité active depuis plus de treize ans, ne pouvait légitimement ignorer son obligation de déclarer à l'administration les pensions alimentaires versées à son bénéfice par ses parents. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles que les revenus procurés par la vente de biens mobiliers, tels que des objets personnels, sont au nombre des ressources entrant dans le calcul du RSA. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à contester la décision du 11 mai 2021 par laquelle la Caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 477,44 euros.

En ce qui concerne la décision du 29 juin 2021 portant notification d'une amende administrative :

4. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième et huitième alinéas du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative () ". Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I () Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () ".

5. Il résulte de l'instruction, et conformément à ce qui a été dit au point 3, que la décision du 29 juin 2021 par laquelle le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes a prononcé à l'encontre de M. A une amende administrative d'un montant de 500 euros trouve son origine dans l'absence de déclaration par ce dernier, d'une part, des pensions alimentaires versées à son bénéfice par ses parents et, d'autre part, des sommes portées au crédit de son compte bancaire correspondant à la vente d'objets personnels. M. A s'étant abstenu de façon réitérée de déclarer ces sommes dans ses déclarations trimestrielles. C'est à bon droit que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a pu considérer que de telles omissions déclaratives étaient délibérées et, pour ce motif, retenir la qualification de fraude à l'encontre de M. A. Par suite, c'est à bon droit que le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, ne faisant pas une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, a pu infliger à M. A une amende administrative d'un montant de 500 euros.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à dispositions au greffe le 9 mai 2023.

La présidente,La greffière,

signé signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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