vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104881 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PRADIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 septembre 2021 et 4 avril 2022, l'Association Resort Mouratoglou, représentée par Me Pradié, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 211 672 euros dont elle estime disposer au titre de l'année 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle entre dans les prévisions de l'article 256 A du code général des impôts ; c'est à tort que le service a considéré qu'elle n'était pas assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée et qu'elle ne pouvait pas prétendre, pour ce motif, au remboursement du crédit demandé ;
- elle est propriétaire de biens immobiliers, d'équipements et d'installations qu'elle met à la disposition de ses adhérents ;
- elle agit en son nom et pour son compte et ne constitue donc pas un intermédiaire transparent au profit de ses adhérents ;
- son assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée est conforme au paragraphe 230 de la doctrine administrative référencée BOI-TVA-CHAMP-10-20-10-20.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 novembre 2021 et 29 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juillet 2024 à 12 heures.
Des pièces ont été produites pour l'association Resort Mouratoglou le 17 septembre 2024 à 15 heures 55 soit postérieurement à la clôture d'instruction, et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, rapporteure,
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique,
- et les observations de Me Praver substituant Me Pradié, représentant l'association Resort Mouratoglou.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Resort Mouratoglou, qui a été créée le 4 août 2018 sous la forme d'une association syndicale libre, a pour principal objet la gestion des parties et équipements communs du club de tennis Mouratoglou au bénéfice de ses membres, les sociétés foncières de ce club. Elle a déposé, le 4 mai 2021, une demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2020, pour un montant de 211 672 euros. Cette demande ayant été rejetée par décision du 21 juillet 2021, l'association Resort Mouratoglou demande au tribunal le remboursement de ce crédit de taxe sur la valeur ajoutée.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 261, dans sa rédaction applicable au crédit de taxe sur la valeur ajoutée en litige, du même code : " Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : / () 7. (Organismes d'utilité générale) 1° () / b. les opérations faites au bénéfice de toutes personnes par des œuvres sans but lucratif qui présentent un caractère social ou philanthropique et dont la gestion est désintéressée, lorsque les prix pratiqués ont été homologués par l'autorité publique ou que des opérations analogues ne sont pas couramment réalisées à des prix comparables par des entreprises commerciales, en raison notamment du concours désintéressé des membres de ces organismes ou des contributions publiques ou privées dont ils bénéficient. / Les organismes mentionnés au premier alinéa du 1 bis de l'article 206 et qui en remplissent les conditions, sont également exonérés pour leurs autres opérations lorsque les recettes encaissées afférentes à ces opérations n'ont pas excédé au cours de l'année civile précédente le montant de 72 000 €. " Le 1 bis de l'article 206, dans sa rédaction applicable au crédit de taxe sur la valeur ajoutée en litige, du même code dispose que : " ne sont pas passibles de l'impôt sur les sociétés prévu au 1 les associations régies par la loi du 1er juillet 1901 () dont la gestion est désintéressée, lorsque leurs activités non lucratives restent significativement prépondérantes et le montant de leurs recettes d'exploitation encaissées au cours de l'année civile au titre de leurs activités lucratives n'excède pas 72 000 € ".
2. D'autre part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si les opérations réalisées par le contribuable entrent dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée eu égard aux conditions dans lesquelles sont effectuées ces opérations.
3. Il résulte de l'instruction et notamment des statuts de l'association Mouratoglou que cette dernière a été constituée sous la forme d'association syndicale libre. Elle compte parmi ses membres uniquement les sociétés foncières détenant des propriétés au sein du club de tennis Mouratoglou et a pour objet la gestion des parties communes de ce club. Elle a, à cette fin, la charge de réaliser les prestations afférentes à cette gestion des parties communes comme assurer le respect des règlements et conventions, ainsi que du cahier des charges et des servitudes applicables à tout ou partie de ses membres ou procéder à la conclusion de toutes opérations financières, mobilières et immobilières concourant à son objet. Ses statuts ne prévoient pas le prix qui serait versé par ses membres en contrepartie des prestations réalisées ni que de telles prestations peuvent être fournies au bénéfice de tiers ou encore qu'elle serait assujettie aux impôts commerciaux. Ils indiquent en revanche que les frais et charges générales de l'association sont réparties entre tous les propriétaires et que chaque année le projet de budget ainsi que le montant de la dotation nécessaire pour couvrir les dépenses budgétaires prévues sont approuvés par l'assemblée générale qui est composée de ses membres. Les factures ainsi émises ont pour objet les charges de l'exercice assumées par l'association.
4. Si la société soutient qu'elle exerce une activité lucrative, la seule production des factures émises à l'attention de ses membres ayant comme intitulé " refacturation de charges " correspondant à leur quote-part respective dans le budget de l'association ne permet pas de l'établir. De plus, la communication d'un relevé d'identité bancaire et de factures de fournisseurs directement établies à son nom, si elles témoignent de son existence juridique qui n'est pas contestée, ne permet pas de justifier de son autonomie financière notamment compte tenu de ce qui a été précédemment exposé. Enfin, si elle fait valoir qu'elle met à disposition de ses membres les équipements dont elle est propriétaire, elle ne justifie pas, ni même n'allègue, que cette mise à disposition serait réalisée à titre onéreux et donnerait lieu, par conséquent, au paiement d'un prix autre que celui correspondant au remboursement des charges.
5. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé la demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2020 présentée par l'association requérante au motif qu'elle n'établissait pas être redevable de cette taxe n'exerçant aucune activité lucrative et ne disposant pas d'une autonomie à l'égard de ses membres. Par suite, et dès lors que l'association Resort Mouratoglou était, au troisième trimestre 2020, en situation d'assujettie non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée en vertu des dispositions de l'article 261 du code général des impôts, c'est à bon droit que le service a refusé sa demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette période.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales () ".
7. L'association requérante n'est pas fondée à se prévaloir de la doctrine référencée BOI-TVA-CHAMP-10-20-10-20 dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet d'un rehaussement d'imposition. Cette doctrine ne comporte pas, en tout état de cause, une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il lui a été fait application.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par l'association Resort Mouratoglou tendant à ce que soit prononcé le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 211 672 euros au titre de l'année 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, celles tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Resort Mouratoglou est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Resort Mouratoglou et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Chevalier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
C. Chevalier
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026