mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104953 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme Chevalier Aubert |
| Avocat requérant | GREGOIRE |
Vu la procédure suivante :
E une requête, enregistrée le 21 septembre 2021, Mme C A, représentée E Me Gregoire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2020 portant notification d'une dette de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 320,14 euros pour le mois de décembre 2019 ensemble la décision du 12 mai 2021, notifiée le 2 juin 2021 E laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Alpes-Maritimes a rejeté son recours préalable formé auprès de la commission de recours amiable de la CAF des Alpes-Maritimes contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- les aides financières perçues d'avril 2018 à février 2019 ne sauraient être considérées comme des ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active (RSA) ;
- les voyages de son époux à l'étranger ne sauraient constituer l'indice d'une résidence hors de France ;
- son époux n'a perçu aucun revenu ou dividendes lorsqu'il était président non salarié d'une société ;
- les revenus de son fils sont insuffisants et irréguliers pour être déclarés à la CAF ;
- sa situation financière est délicate.
E un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2022, la caisse d'allocation familiales des Alpes-Maritimes représentée E son directeur en exercice, conclut au rejet de de la requête de Mme A, demande au tribunal de confirmer la décision du 12 mai 2021, notifiée le 2 juin 2021 rendue E le directeur de la CAF et de la mettre hors de cause en ce qui concerne l'indu de RSA qui fait l'objet d'une autre procédure sous le numéro 2102077.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués E Mme A n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale E une décision du 23 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier-Aubert, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R.222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de M. B, représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est mariée, sans activité et est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi sans indemnisation au titre du chômage. A la suite d'une opération de contrôle diligentée au domicile de Mme A E les services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM), le contrôleur assermenté a constaté, dans un rapport en date du 30 novembre 2020, après échanges contradictoires avec l'allocataire, que les conditions de résidence en France pour les années 2017 et 2018 ne sont pas remplies pour M. A, conjoint de l'intéressée, qui n'a pas déclaré à la CAFAM ses séjours hors de France d'une durée supérieure à 92 jours pour chacune des années précitées, que les salaires perçus en 2020 pour l'enfant né en 2001 n'ont pas été déclarés sur les déclarations de ressources trimestrielles pour le calcul du Revenu de Solidarité Active (RSA), qu'enfin le couple perçoit des aides financières régulières non déclarées sur les déclarations trimestrielles pour le RSA. La CAF des Alpes-Maritimes a régularisé sa situation en conséquence et a informé l'intéressée E lettre recommandée avec accusé de réception le 22 décembre 2020, de l'existence d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 (ING-1) d'un montant de 320,14 euros. Mme A a contesté l'indu relatif à la prime d'activité E un recours administratif préalable obligatoire en date du 8 février 2020. E une décision en date du 12 mai 2021, notifiée le 2 juin 2021, le directeur de la CAFAM a rejeté son recours administratif formé auprès de la commission de recours amiable contre la décision du 22 décembre 2020. E la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 12 mai 2021, notifiée le 2 juin 2021 E laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a rejeté son recours préalable formé contre la décision du 22 décembre 2020 portant notification d'un indu de prime d'activité d'un montant de 320,14 euros au titre de l'année 2019 et d'enjoindre à la CAFAM de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L.911-2 du code de justice administrative.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 3°) () imposent des sujétions () ; / () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée E le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision E laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, E suite, être motivée en application de l'article L. 211- du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
4. En l'espèce, la décision du 22 décembre 2020, portant notification à la requérante d'un trop perçu de prime exceptionnelle de fin d'année de décembre 2019 pour un montant de 320,14 euros, indique que, eu égard à un rapport de contrôle établi le 30 novembre 2020 E un agent assermenté, il est apparu que l'intéressée n'a pas déclaré les différentes périodes de résidence de son époux, hors du territoire national en 2017 et 2018, ni les aides financières reçues d'avril 2018 à février 2019. Elle ajoute que, E ailleurs que Mme A n'a pas déclaré les salaires perçus E son fils de mars à août 2020. Elle conclut que, ce faisant, elle est redevable d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) et de la prime exceptionnelle de fin d'année (B95) du 1er janvier 2017 au 30 novembre 2020, soit la somme de 24 608,60 euros. La décision du 12 mai 2021 indique, quant à elle, que le Conseil départemental a décidé de tenir compte de l'absence du territoire de l'époux de la requérante pour 127 jours en 2017 et pour 121 jours en 2018, et de prendre en compte pour le calcul du RSA les aides financières perçues en 2018, 2019 et 2020, que ses droits et devoirs, y compris la condition de résidence, lui ont été communiqués lors de l'instruction de son dossier, qu'elle connaît également son obligation de déclarer tous les revenus qu'elle perçoit, et qu'au vu de ces éléments, l'allocataire était informée de son obligation de déclarer les périodes de résidence hors de France de son conjoint et les revenus perçus. La requérante a donc eu connaissance de l'ensemble de ces éléments, qui ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'enquête effectuée E la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Dans ces circonstances, la requérante a été mise à même de comprendre les motifs de la décision attaquée et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises E les organismes de sécurité sociale et E l'institution visée à l'article L. 5312-1 du code du travail, sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction ".
6. La décision attaquée mettant à la charge de Mme A une somme correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 a été prise E la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Il résulte des dispositions du b) du 1° du I de l'article R.111-1 du code de la sécurité sociale que cette caisse est un organisme de sécurité sociale. En outre, cette décision n'a pas le caractère d'une sanction. Dès lors, les dispositions de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables à cette décision, et le moyen tiré de leur méconnaissance est, E suite, inopérant.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L.262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L.262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles mentionnées à l'article 132- 1 est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active dans des conditions fixées E un décret en Conseil d'Etat (). ". L'article R.262-37 du même code dispose que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Et aux terme de l'article R.262-6 dudit code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature () ". Aux termes de l'article R. 262-11 : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° : Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ;() ". Il résulte de ces dispositions que les aides apportées E des proches ne sauraient être assimilées ni à des " aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", ni à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation " au sens du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel vise, en application du 4° de l'article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalité sociale particulière.
8. L'indu réclamé E courrier du 22 décembre 2020 d'un montant de 24 608,74 euros correspond à un indu de RSA d'un montant initial de 24 288,60 euros puis de 22 663,92 euros après une retenue sur prestation et d'une prime de fin d'année d'un montant de 320,14 euros. Cet indu a trouvé son origine dans une omission de déclaration des périodes de résidence, de son conjoint hors de du territoire national en 2017 et 2018, d'aides financières perçues d'avril 2018 à février 2019 et des salaires perçus E son fils de mars à août 2020. La requérante soutient que les aides financières qu'elle a pu recevoir ne sont que des aides dont le montant et la périodicité ne sont pas réguliers et qu'il s'agit d'aides familiales consenties sous forme de prêt et, qu'elle a signé une reconnaissance de dettes. Elle fait valoir également que ces aides familiales pouvaient s'analyser en une aide financière concourant directement à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille au sens de l'article R.262-11 du code de l'action sociale et des familles et ne pas être prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active.
9. Toutefois, d'une part, les ressources qui doivent être prises en compte ne dépendent pas de leur affectation, d'autre part, les sommes en litige ne peuvent être regardées comme des aides et secours concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille en matière de logement, transport, éducation et de formation qui correspondent seulement à des aides et secours pouvant être alloués à titre facultatif E des organismes servant des prestations de sécurité sociale et non aux sommes versées E les proches du bénéficiaire. S'agissant des aides financières familiales et des prêts intrafamiliaux, la requérante n'apporte aucune justification probante sur la réalité des prêts familiaux allégués. Ainsi les sommes litigieuses doivent être regardées comme ayant le caractère d'une ressource qui doit être prise en compte dans le calcul des droits de Mme A au revenu de solidarité active.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article R.262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale E année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de RSA, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale E année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du RSA est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise au vu des résultats du contrôle réalisé E un agent assermenté de la CAF des Alpes-Maritimes ayant permis de constater que Mme A n'avait pas déclaré l'intégralité des ressources perçues sur les ressources trimestrielles, ni la résidence hors du territoire français pendant plus de 92 jours E an en 2017 et 2018 concernant son conjoint et que donc la condition de résidence ne pouvait plus être appliquée. En outre, ce même rapport a permis de constater sur la base du contrôle soumis au conseil départemental, l'absence sur le territoire de son conjoint pour 127 jours en 2017 et 121 jours en 2018 qui a fait l'objet d'aucune information auprès de la CAF des Alpes-Maritimes, alors que tout séjour à l'étranger supérieur à trois mois doit être signalé. Dans ces conditions, Mme A ne pouvait ignorer qu'elle était susceptible de ne plus remplir la condition de résidence mentionnée à l'article L.262-2 du code de l'action sociale et des familles s'agissant de la prime exceptionnelle de fin d'année 2019 en litige. La CAF des Alpes-Maritimes est, E suite, fondée à récupérer l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année s'attachant au revenu de solidarité active au titre de l'année 2019.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L.262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré E l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, E les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. (). La créance peut être remise ou réduite E le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
14. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données E l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
15. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année mis à la charge de Mme A a pour origine l'absence de déclaration E cette dernière de la situation professionnelle de son mari en sa qualité de dirigeant de société et des revenus perçus E son fils pour la période de mars à août 2020. Alors que la requérante ne pouvait légitiment ignorer son obligation de porter l'ensemble de ces informations sur ses déclarations trimestrielles de ressources, lesquelles comportent des rubriques " salaires ", ainsi qu'une notice explicative précisant que le bénéficiaire de l'allocation doit indiquer toutes les ressources perçues chaque mois E chaque membre du foyer, ces omissions multiples et répétées dans le temps caractérisant de la part de l'intéressée un manquement réitéré à ses obligations déclaratives, sont constitutives de fausses déclarations. Dès lors et en dépit de la situation de précarité alléguée, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait toujours bénéficier du droit au revenu de solidarité active et à la prime exceptionnelle de fin d'année qui en découle.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête présentées E Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la caisse des allocations familiales des Alpes-Maritimes et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Rendu public E mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La magistrate désignée,
signé
V. D
La greffière,
signé
S. Génovèse
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou E délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026