LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2105449

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2105449

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2105449
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARLU VIDAL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 15 octobre 2021, le président du tribunal administratif de Melun a renvoyé la requête de l'Association médicale indépendante de formation (AMIFORM) et M. A B, enregistrée le 21 octobre 2020 au tribunal administratif de Melun sous le numéro 2008470.

Par cette requête, enregistrée sous le n°2105449 devant le tribunal de céans, l'AMIFORM, prise en la personne de son président en exercice M. A B, et M. A B, représentés par l'AARPI Vidal Avocats, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) à leur verser la somme totale de 82 150 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, en réparation des préjudices subis en raison de l'illégalité de la décision de l'ANDPC en date du 9 mai 2019 refusant la publication sur son site internet de l'action de développement professionnel continu (DPC) n°14491900004 intitulée " Apport de l'acupuncture dans les nausées et vomissements gravidiques " ;

2°) de mettre à la charge de l'ANDPC la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision du 9 mai 2019 de l'ANDPC est entachée d'un vice de procédure (défaut de procédure contradictoire préalable dans le cadre de la saisine de la commission médicale indépendante), d'une erreur de droit (en ce que l'ANDPC a pris sa décision sans avis préalable de la commission scientifique indépendante), d'une erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'un détournement de pouvoir ;

- l'illégalité de la décision susmentionnée est constitutive d'une faute de nature à leur ouvrir un droit à réparation en raison des préjudices causés par cette faute ;

- ils sont dès lors fondés à demander la réparation des préjudices en cause, à hauteur de la somme totale de 82 150 euros (préjudice moral, préjudice de réputation et d'atteinte à l'image, et préjudice matériel).

Par mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2021, l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC), prise en la personne de sa directrice générale, conclut au rejet de la requête, dès lors qu'aucune faute ne peut être retenue à son encontre et qu'aucun lien de causalité entre les préjudices allégués et une faute retenue à son encontre n'est établi.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 avril 2024 :

- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,

- et les observations de Me Broissand, pour les requérants, et de M. C, pour l'Agence nationale du développement professionnel continu.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision en date du 9 mai 2019, l'Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) a refusé la publication sur son site internet de l'action de développement professionnel continu (DPC) n°14491900004 intitulée " Apport de l'acupuncture dans les nausées et vomissements gravidiques " déposée par l'Association médicale indépendante de formation (AMIFORM). Estimant cette décision illégale, l'AMIFORM et M. A B demandent au tribunal de condamner l'ANDPC à leur verser la somme totale de 82 150 euros en réparation des préjudices subis en raison de cette illégalité.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le régime juridique des décisions de refus de publication d'une action de DPC :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 4021-1 du code de la santé publique : " Le développement professionnel continu a pour objectifs le maintien et l'actualisation des connaissances et des compétences ainsi que l'amélioration des pratiques. Il constitue une obligation pour les professionnels de santé. Chaque professionnel de santé doit justifier, sur une période de trois ans, de son engagement dans une démarche de développement professionnel continu () ". Aux termes de l'article L. 4021-2 du même code : " Un arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale () définit les orientations pluriannuelles prioritaires de développement professionnel continu () ". Aux termes de l'article L. 4021-6 de ce code : " L'Agence nationale du développement professionnel continu assure le pilotage et contribue à la gestion financière du dispositif de développement professionnel continu pour l'ensemble des professionnels de santé, quels que soient leurs statuts ou leurs conditions d'exercice. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les missions et les instances de l'Agence nationale du développement professionnel continu ". Et aux termes de l'article L. 4021-7 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités selon lesquelles : / 1° Les organismes ou les structures peuvent présenter des actions ou des programmes s'inscrivant dans le cadre des orientations définies à l'article L. 4021-2 ; / 2° Les actions ou programmes mentionnés au 1° du présent article font l'objet d'une évaluation avant d'être mis à la disposition des professionnels de santé ; / 3° L'Agence nationale du développement professionnel continu contribue à la gestion financière des programmes et actions s'inscrivant dans le cadre des orientations pluriannuelles prioritaires définies à l'article L. 4021-2 ; / 3° bis L'Agence nationale du développement professionnel continu établit et met en œuvre le plan de contrôle du dispositif ; / 4° Des sanctions à caractère financier ou administratif peuvent être prises en cas de manquements constatés dans la mise en œuvre des actions et des programmes ".

3. D'autre part, il résulte de l'article R. 4021-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors applicable, issue du décret du 8 juillet 2016 pris pour l'application des dispositions citées au point précédent, que l'ANDPC a notamment pour mission d' " assurer le pilotage du dispositif de développement professionnel continu des professionnels de santé () ", ce qui inclut, en particulier, tant l'évaluation des organismes et structures qui souhaitent présenter des actions de DPC que l'évaluation de la mise en œuvre des méthodes de développement professionnel continu, en veillant à leur qualité scientifique et pédagogique. Selon les dispositions du même article, l'ANDPC a également pour mission de " contribuer au financement des actions s'inscrivant dans le cadre des orientations prioritaires pluriannuelles définies à l'article L. 4021-2 " du code de la santé publique.

4. Il résulte de ce qui a été mentionné aux deux points précédents que l'ANDPC ne peut légalement contribuer au financement d'actions de développement professionnel continu que si ces actions s'inscrivent dans le cadre des orientations définies de façon pluriannuelle par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale. A ce titre, il relève dès lors de sa compétence de contrôler que les actions de développement professionnel continu déposées sur son site internet en vue d'être mises à la disposition des professionnels de santé s'inscrivent dans le cadre de ces orientations. Un tel contrôle, qui relève des missions de l'agence mentionnées à l'article R. 4021-7 précité du code de la santé publique, est ainsi distinct tant de celui, régi par les dispositions de l'article R. 4021-24 du même code, effectué lors de la demande d'enregistrement de l'organisme ou de la structure qui souhaite présenter des actions de DPC, que de ceux, régis par les dispositions de l'article R. 4021-25 du même code, qui portent sur la mise en œuvre des actions de DPC et qui peuvent, notamment au regard d'avis émis par des commissions scientifiques indépendantes, conduire au constat de manquements et au prononcé de sanctions, ainsi qu'au refus de prise en charge des frais pédagogiques exposés ou à leur remboursement.

En ce qui concerne la responsabilité de l'ANDPC :

5. Les requérants font valoir que la responsabilité de l'ANDPC devrait être engagée en raison de l'illégalité fautive de la décision du 9 mai 2019 par laquelle l'agence a refusé la publication sur son site internet de l'action de DPC n°14491900004 intitulée " Apport de l'acupuncture dans les nausées et vomissements gravidiques ".

6. En premier lieu, s'ils soutiennent que la décision du 9 mai 2019 litigieuse serait entachée tant d'un vice de procédure, dès lors qu'une procédure contradictoire préalable dans le cadre de la saisine de la commission scientifique indépendante n'aurait pas eu lieu, que d'une erreur de droit, en ce que l'ANDPC ne pouvait légalement prendre ladite décision sans avis préalable de la commission scientifique indépendante, il est toutefois constant, ainsi qu'il a été dit précédemment, que l'ANDPC était fondée, aux termes de ses missions telles que prévues par les dispositions législatives et réglementaires applicables, à contrôler que les actions de DPC devant être publiées sur son site internet en vue d'être mises à la disposition des professionnels de santé s'inscrivent dans le cadre des orientations pluriannuelles prioritaires de DPC, lesquelles sont définies tous les trois ans par arrêté ministériel, et ainsi, pour le cas d'espèce, à contrôler que l'action de DPC en cause s'incrive dans le cadre des orientations pluriannuelles prioritaires définies par arrêtés ministériels des 8 décembre 2015 et 20 décembre 2018. Par suite, les moyens susmentionnés et tirés tant du vice de procédure que de l'erreur de droit ne peuvent qu'être écartés.

7. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que la décision du 9 mai 2019 litigieuse serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ils font valoir que l'action de DPC litigieuse est notamment conforme aux recommandations de la Haute autorité de la Santé, à la fiche INSERM et aux fiches des principaux médicaments utilisés dans le cas de nausées et vomissements gravidiques. Il résulte toutefois de l'instruction que l'ANDPC a pris la décision de refus de publication de l'action de DPC litigieuse aux motifs d'une non-conformité des objectifs de l'action aux recommandations de la Haute autorité de santé, à savoir à l'indication selon laquelle le recours à l'acupuncture doit intervenir en appui d'une prise en charge médicale conventionnelle. L'agence soutient en effet, sans être sérieusement contestée, les requérants se bornant à faire valoir " l'intérêt thérapeutique évident " de leur action de DPC, qu'il ressort tant de la grille d'audit que du déroulé pédagogique de l'action en cause qu'elle vise à promouvoir une prise en charge de pemière intention par l'acupuncture, en substitution des prises en charges conventionnelles. Les requérants, au regard de leurs écritures, ne contestent pas sérieusement le motif ainsi retenu par l'agence. Ils ne démontrent dès lors pas que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, ce moyen doit également être écarté.

8. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le détournement de pouvoir allégué par les requérants soit établi.

9. Au regard de ce qui précède, en l'absence d'illégalité de la décision du 9 mai 2019 litigieuse, aucune faute ne peut être retenue à l'encontre de l'ANDPC. Par suite, il n'y a pas lieu d'engager sa responsabilité. Il s'en suit que les conclusions indemnitaires susmentionnées doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées par les requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par l'AMIFORM et M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Association médicale indépendante de formation, à M. A B et à la directrice générale de l'Agence nationale du développement professionnel continu.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

M. Holzer, conseiller ;

Mme Cueilleron, conseillère ;

Assistés de Mme Martin, greffière.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 16 mai 2024.

Le président

signé

F. Silvestre-Toussaint-FortesaL'assesseur le plus ancien,

signé

M. Holzer

La greffière,

signé

C. Martin

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions