mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105625 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CESARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 octobre 2021 et le 16 février 2022, Mme B A, représentée par Me Cesari, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 12 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre international de Valbonne a rejeté sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner le centre international de Valbonne à lui verser une somme de 14 662, 36 euros au titre des heures de travail de nuit non rémunérées pour la période du 1er juillet 2017 au 31 août 2020 ;
3°) de rejeter les conclusions du centre international de Valbonne ;
4°) de mettre à la charge du centre international de Valbonne une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- en application de la circulaire du 21 janvier 2002, toute heure de nuit travaillée doit être rémunérée et donne droit à majoration, de sorte que sur la période du 1er juillet 2017 au 31 août 2020, au cours de laquelle les nuits travaillées n'ont été rémunérées qu'à hauteur de trois heures, elle a subi un préjudice de 14 662, 36 euros ;
- la demande formée le 9 juillet 2021 présente un objet distinct de celle du 22 avril 2021, de sorte que la décision attaquée n'est pas confirmative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2022, le centre international de Valbonne, représenté par Me Rua, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que la requête est irrecevable, la décision attaquée constituant une décision confirmative.
Un mémoire, présenté par Mme A, a été enregistré le 21 décembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n°2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n°2003-484 du 6 juin 2003 ;
- l'arrêté du 15 janvier 2002 ;
- la circulaire n°2002-007 du 21 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 avril 2024 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cesari, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a intégré le 2 septembre 1992 les fonctions de surveillante d'éducation contractuelle au sein du centre international de Valbonne. Le 13 avril 2021, elle a sollicité le règlement d'heures de nuit non rémunérées. Le directeur du centre international de Valbonne a rejeté sa demande le 4 mai 2021. Le 8 juillet 2021, elle a réitéré sa demande. Le silence gardé par l'administration pendant deux mois a fait naître une décision implicite de rejet, dont elle demande l'annulation. Mme A demande également au tribunal de condamner le centre international de Valbonne à lui verser une somme de 14 662, 36 euros au titre des heures de travail de nuit non rémunérées entre le 1er juillet 2017 et le 31 août 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En application des dispositions combinées des articles 1 et 2 du décret n°2003-484 du 6 juin 2003 fixant les conditions de recrutement et d'emploi des assistants d'éducation, dans ses différentes versions applicables au litige, l'assistant d'éducation encadre et surveille les élèves dans les établissements, y compris dans le cadre du service d'internat, le service de nuit correspondant à la période qui s'étend entre le coucher et le lever des élèves et étant décompté forfaitairement pour trois heures. Mme A, qui se prévaut d'avoir assumé les fonctions d'assistante d'éducation dans le cadre de nuits d'internat, ne saurait dès lors utilement soutenir qu'en application de la circulaire du 21 janvier 2002 relative aux obligations de services des personnels IATOSS et d'encadrement exerçant dans les établissements relevant du ministère de l'éducation nationale, elle aurait dû se voir verser une rémunération correspondant à sept heures de travail effectif pour ces mêmes services de nuit.
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 2.3.2 de la circulaire précitée, faisant application sur ce point des dispositions de l'arrêté du 15 janvier 2002 portant application du décret n°2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans les services déconcentrés et établissements relevant du ministère de l'éducation nationale : " Les fonctions dont l'exercice est soumis, de manière prévisible et régulière, à des contraintes de travail ou d'horaires, telles que définies à l'article 5 de l'arrêté interministériel ci-dessus visé, voient ces sujétions décomptées dans le temps de travail en début d'année, au moment de l'élaboration de l'emploi du temps. Les heures concernées sont majorées au moyen d'un coefficient multiplicateur, sans toutefois que le total des obligations de service, majorations comprises, n'excède la durée annuelle de référence. /Les majorations s'opèrent au moyen d'un coefficient multiplicateur selon les modalités suivantes : () - pour les interventions de nuit, un coefficient multiplicateur de 1,5 est appliqué ; soit 1 heure 30 minutes pour une heure effective ".
4. Mme A ne saurait se prévaloir de ces dispositions, qui se bornent à organiser la prise en compte des interventions de nuit dans la gestion du temps de travail, pour solliciter un droit à rémunération complémentaire. Il ressort d'ailleurs des termes de la décision du 10 mai 2021, non contredits sur ce point, que l'intéressée a bénéficié pour chaque intervention de nuit, d'une compensation en temps valorisée au coefficient multiplicateur de 1,5 en application de l'arrêté du 15 janvier 2002.
5. Compte-tenu de ce qui précède, les conclusions aux fins d'annulation de Mme A doivent, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre international de Valbonne, être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Mme A n'établissant pas l'existence d'une quelconque faute de l'administration, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre international de Valbonne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre international de Valbonne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au centre international de Valbonne.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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