mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105725 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHRISTOPHE DUPONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 novembre 2021 et 15 mars 2022, la société SE Labcop cosmeticos produtos de limpeza e comercio de produtos naturais, représentée par Me Dupont, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 217 948 euros résultant de la saisie diligentée le 19 janvier 2021 par le responsable du pôle de recouvrement spécialisé des Alpes-Maritimes en vue du recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2010 et 2011, de la cotisation foncière des entreprise à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018, et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des mois de novembre et décembre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'administration fiscale a commis une erreur d'appréciation concernant sa situation juridique en mentionnant son ancien numéro SIREN alors qu'elle a changé de numéro SIREN le 5 octobre 2010 à la suite d'une procédure de fusion dont l'administration fiscale a été régulièrement informée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la contestation de la société requérante n'est pas recevable en ce que le numéro SIREN n'est pas une condition de validité de l'acte de poursuite et que la saisie administrative à tiers détenteur diligentée a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal de carence, qui ne lui fait pas grief ;
- à titre subsidiaire, le service des impôts des entreprises n'a pas eu connaissance du second numéro SIREN dont se prévaut la société requérante ; en outre, rien ne permet de faire le lien entre ce second numéro SIREN et le premier associé à la société requérante, ce qui ne permet pas de vérifier qu'elle aurait changé d'immatriculation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Bergantz, rapporteuse ;
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société de droit portugais SE Labcop cosmeticos produtos de limpeza e comercio de produtos naturais a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2010 et 2011, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des mois de novembre et décembre 2014 et à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2017 et 2018. Elle demande la décharge de l'obligation de payer cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. "
3. Il résulte de l'instruction que la procédure de saisie diligentée le 19 janvier 2021 par le responsable du pôle de recouvrement spécialisé des Alpes-Maritimes a été infructueuse et a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal de carence en date du 1er avril 2021. Ainsi, cette procédure n'a pas eu d'effet sur le recouvrement d'impositions fiscales. La société SE Labcop cosmeticos produtos de limpeza e comercio de produtos naturais est donc sans intérêt et, par suite, irrecevable à saisir le tribunal d'une telle contestation. La fin de non-recevoir opposée à ce titre par le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes doit donc être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 217 948 euros présentées par la société requérante doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société SE Labcop cosmeticos produtos de limpeza e comercio de produtos naturais est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SE Labcop cosmeticos produtos de limpeza e comercio de produtos naturais et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Raison, première conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Katarynezuk, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
A. BERGANTZ
Le président,
Signé
O. EMMANUELLI
La greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
No 2105725
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026