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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2105958

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2105958

lundi 26 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2105958
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat M. FAY
Avocat requérantCHKIOUA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Arafat Chkioua, avocat au Barreau de Nice, demande au tribunal de condamner la caisse d'allocation familiale des Alpes-Maritimes à lui verser une somme de 1 000 euros en réparation du préjudice subi à raison de la décision implicite de rejet de la commission amiable sur sa contestation de la décision en date du 9 février 2021 par laquelle ladite caisse lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement au titre des mois de janvier et février 2021 d'un montant de 280,00 euros.

Mme B soutient que :

* le 10 février 2021, elle a reçu notification d'un trop perçu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 280 euros l'informant d'un prélèvement mensuel de 63 euros en remboursement de cet indu ;

* ses courriers adressé par l'intermédiaire de son compte sur le site de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes étant demeurés sans réponse, le 28 mai 2021 elle a saisi le médiateur de la caisse qui, le 3 juin 2021, l'a informé qu'elle serait remboursée de la somme prélevée, que, toutefois, sa contestation n'avait pas encore été prise en charge par la commission de recours et que son dossier serait examiné prochainement ;

* n'ayant reçu aucun remboursement, le 8 septembre 2021 elle a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Nice ;

* ce n'est que récemment qu'elle a été contactée par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes qui reconnaissant son erreur lui a annoncé qu'elle serait remboursée de la somme de 280 euros ;

* depuis février 2021, elle a essayé d'entreprendre toutes les démarches nécessaires afin de résoudre le litige ce qui lui a causé un préjudice compte tenu de son état d'impécuniosité et d'indigence.

Par mémoire en défense, enregistrée le 27 mai 2022, et un mémoire non communiqué enregistré le 12 août 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes fait valoir que :

* le 11 août 2021 l'autorité compétente en matière d'aide personnalisée au logement a décidé d'accorder la remise totale de la dette de la requérante d'un montant de 280 euros ;

* suite à cette décision, les sommes retenues ont été reversées à Mme B ;

* elle n'a commis aucune faute préjudiciable et sa responsabilité ne saurait être engagée.

Vu le courrier en date du 29 juillet 2022 par lequel les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires pour défaut de liaison du contentieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de la construction et de l'habitation ;

* le code de la sécurité sociale ;

* le code de justice administrative.

Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.

Vu la décision du magistrat désigné de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 février 2021 la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes à notifié à Mme B un trop perçu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 280,00 euros et l'a informée que pour permettre le remboursement de cette somme une retenue de 63,00 euros sera pratiquée sur ses allocations à partir du mois de février 2021. Par courrier en date du 16 février 2021, adressé à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, la requérante a contesté la décision en date du 9 février 2021. Par courrier en date du 28 mai 2021, Mme B a saisi le médiateur administratif de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Le 8 septembre 2021, l'intérésée a introduit une instance devant le tribunal judiciaire de Nice. Mme B qui, dans sa requête enregistrée le 15 novembre 2021, allègue avoir été " assez récemment " contacté par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui annonçant qu'elle sera remboursée du montant prélevé, demande à être indemnisée de la somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral subis du fait du prélèvement de la somme de 280,00 euros malgré sa contestation et en dépit de ses nombreuses démarches auprès de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes pour qu'elle admette l'erreur commise.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation

2. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle.

3. Mme B demande la condamnation de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes à lui verser une somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral résultant du prélèvement effectué par cette dernière de la somme de 280,00 euros malgré sa contestation et ses nombreuses démarches. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B a adressé une demande préalable à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Dès lors, les conclusions indemnitaires présentées par la requérante ne sont pas recevables et la requête ne peut être que rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Arafat Chkioua et à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

D. FAŸLa greffière,

M.-L. DAVERIOLa République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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