mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106043 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GEMSA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2021, Mme B C, représentée par Me Gemsa, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins à lui verser la somme de 162 318 euros en réparation des préjudices subis suite à l'intervention chirurgicale du 9 octobre 2014 ;
2°) de condamner le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins à lui rembourser la somme de 1 300 euros correspondant aux frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins est engagée en raison de la faute commise lors de sa prise en charge sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;
- elle est fondée à solliciter l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis et se décomposant comme suit :
* au titre des frais divers : 1 200 euros ;
* au titre de l'aide à tierce personne : 1 995 euros ;
* au titre du déficit fonctionnel temporaire : 9 423 euros ;
* au titre du déficit fonctionnel permanent : 23 400 euros ;
* au titre des souffrances endurées : 5 000 euros ;
* au titre du préjudice esthétique : 2 500 euros ;
* au titre du préjudice d'agrément : 10 000 euros ;
* au titre de l'incidence professionnelle : 100 000 euros ;
* au titre du préjudice moral d'impréparation : 10 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 6 décembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Var indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins, représenté par Me Chas, s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant de l'engagement de sa responsabilité et conclut à ce que les demandes indemnitaires soient ramenées à de plus justes proportions.
Le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins fait valoir qu'il s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant de l'engagement de sa responsabilité et que les demandes indemnitaires sont excessives.
Par une ordonnance du 9 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 30 janvier 2024 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 12 août 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif a taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur A à la somme de 1 300 euros.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2024 :
- le rapport de Mme Chaumont, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gemsa, représentant Mme C, et de Me Fernez, représentant le centre hospitalier d'Antibes Juans les Pins.
1. Le 30 août 2014, Mme B C, alors âgée de 18 ans et étudiante en classe préparatoire au lycée militaire d'Aix-en-Provence, a été victime, lors d'un entrainement sportif, d'une subluxation externe de la rotule avec épaississement de l'aileron rotulien interne et d'un discret épanchement intra articulaire. Elle a été hospitalisée au centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins du 8 octobre 2014 au 10 octobre 2014 et a subi une intervention chirurgicale sur le genou gauche par une plicature du genou avec recentrage de la roture contrôlé à 30° et 60° de flexion le 9 octobre 2014. Suite à l'intervention chirurgicale, Mme C a ressenti d'importantes douleurs et une gêne dans la marche. Par une ordonnance du 8 avril 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Nice ordonnait une expertise médicale et désignait le docteur A comme expert. Celui-ci a remis son rapport le 24 juillet 2019. Par la présente requête, Mme C demande tribunal de condamner le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins à lui verser la somme de 162 318 euros en réparation des préjudices subis résultant de l'intervention du 9 octobre 2014.
Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ". Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur A, qu'il n'y avait aucune urgence à intervenir suite à la blessure de la requérante au regard du diagnostic initial de première luxation de la rotule chez une jeune fille sportive ne présentant aucun facteur de risque particulier de récidive. Il résulte également du rapport d'expertise que la prise en charge thérapeutique n'a pas été conforme aux bonnes pratiques. A cet égard, l'expert relève que le bilan radiologique préopératoire a été incomplet, sans scanner avec mesure de la distance TA-GT, qui aurait pu conduire à une indication opératoire différente, sans pangonogramme, sans défilés fémoro patellaire de la rotule, l'expert relevant, par ailleurs, que ces examens radiologiques étaient indispensables pour proposer un véritable choix thérapeutique à la patiente et évaluer le bénéfice/risque. Il résulte également du rapport précité que l'indication thérapeutique proposée, qui n'était pas conforme aux bonnes pratiques et qui a porté sur le seul aileron rotulien, n'est pas justifiée par des documents de traçabilité, que la technique chirurgicale utilisée a été invasive et que c'est un échec avec un risque important de récidive de luxation. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que la responsabilité pour faute du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins doit être engagée.
Sur la perte de chance :
4. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu.
5. En l'espèce, il résulte du rapport d'expertise que l'ampleur de la chance perdue par Mme C de choisir une autre voie thérapeutique et d'échapper au dommage subi doit être évaluée à 100%.
Sur l'indemnisation des préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
Quant aux frais divers :
6. Mme C demande le remboursement des frais divers correspondant à l'assistance par un médecin conseil spécialisé lors de l'expertise. Il résulte de l'instruction que, lors de l'expertise médicale, Mme C a été assistée par le docteur D ainsi qu'en atteste la note d'honoraires du 23 mai 2019 d'un montant de 1 200 euros. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à Mme C la somme de 1 200 euros.
Quant à l'assistance à tierce personne :
7. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'aide dont a eu besoin Mme C était une aide familiale et ne nécessitait pas une compétence spécialisée. Dès lors, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 13 euros pour une aide active non spécialisée.
9. L'expert a fixé le besoin de Mme C au titre de l'assistance à tierce personne à 2 heures par semaines, à compter du 1er janvier 2015 et jusqu'au 1er janvier 2016, soit pendant 52 semaines correspondant à 104 heures. Il y a lieu de retenir ce niveau d'aide, non spécialisée, pour cette période. Ce besoin, qui n'est pas contesté en défense dans son principe, résulte de l'instruction et doit être regardé comme étant en lien avec la faute commise par le centre hospitalier. Ainsi, le préjudice au titre des frais liés à l'assistance à tierce personne s'élève, pour la période concernée, à 1 408,70 euros.
Quant à l'incidence professionnelle :
10. L'incidence professionnelle peut notamment inclure la perte d'une chance professionnelle, l'augmentation de la pénibilité de l'emploi occupé, les dépenses exposées en vue du reclassement professionnel, de la formation et de l'adaptation au poste occupé ou à un nouveau poste et la perte d'une pension de retraite.
11. Il résulte du rapport d'expertise du docteur A que, outre les séquelles de Mme C, celle-ci est exposée à un risque important de récidive de luxation et qu'une nouvelle intervention chirurgicale, entièrement imputable aux conditions dans lesquelles a été réalisée la première intervention, sera nécessaire et dépendra également de la carrière professionnelle de la patiente.
12. Il résulte de l'instruction que Mme C avait intégré, le 28 août 2014, une classe préparatoire à l'enseignement supérieur du lycée militaire d'Aix en Provence en vue d'être admise en classe préparatoire aux grandes écoles pour intégrer une des grandes écoles du ministère des armées. Il résulte également de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que suite à l'intervention chirurgicale du mois d'octobre 2014, Mme C présente un important risque de récidive de luxation, qu'une nouvelle intervention chirurgicale sera nécessaire et qu'elle ne peut plus pratiquer d'activité physique sollicitant son quadriceps. Ainsi, au vu des séquelles de la requérante, celle-ci a été dans l'impossibilité d'accéder au cursus de carrière initialement souhaité et a été dans l'obligation de choisir une autre voie professionnelle. Toutefois, il y a lieu de prendre en compte, dans l'appréciation de ce chef de préjudice, la circonstance que l'intéressée débutait ses études supérieures, qu'elle n'est pas inapte à toute profession et qu'elle a suivi un cursus afin d'exercer le métier de manipulatrice radio. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en accordant à Mme C une somme de 5 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
13. Il ressort du rapport d'expertise que Mme C a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50% du 1er janvier 2015 au 2er janvier 2016, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25% du 2 janvier 2016 au 1er janvier 2017 et un déficit fonctionnel temporaire partiel de 10% du 2 janvier 2017 au 1er février 2018. Par suite, sur la base d'une indemnisation forfaitaire journalière de 17 euros pour un déficit fonctionnel temporaire total, rapporté au nombre de jours concernés et aux taux retenus, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en accordant à Mme C une somme de 3 400 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
14. Il résulte de l'instruction que l'expert a estimé que Mme C présentait un déficit fonctionnel permanent de 7% pour instabilité rotulienne avec ressaut auquel s'ajoute un déficit fonctionnel permanent de 2% pour retentissement psychologique non suivi en milieu spécialisé, soit un déficit fonctionnel permanent total de 9%. Il n'est pas contesté que ce déficit fonctionnel permanent est imputable à l'intervention chirurgicale subie par Mme C. Ainsi, par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées par Mme C, âgée de 22 ans à la date de consolidation le 1er février 2018, en lui allouant une somme de 16 000 euros en réparation de ce chef de préjudice.
S'agissant des souffrances endurées :
15. Il résulte du rapport d'expertise que les souffrances endurées par Mme C ont été évaluées à 2,5 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant au requérant une somme de 2 500 euros.
S'agissant du préjudice esthétique :
16. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme C a subi un préjudice esthétique permanent évalué à 1,5 sur une échelle allant de 1à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui accordant une somme de 1 500 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
17. La requérante soutient qu'avant la survenue du dommage elle était sportive et pratiquait surtout la course à pied et le jet-ski et que la blessure ayant donné lieu à l'intervention chirurgicale à l'origine de ses préjudices est survenue alors qu'elle effectuait un parcours d'obstacles. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la requérante ne peut plus exercer les activités sportives sollicitant le quadriceps. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en accordant à Mme C une somme de 5 000 euros.
S'agissant du préjudice moral d'impréparation :
18. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer la patiente des risques courus ouvre pour l'intéressée, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'elle a subis du fait qu'elle n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient à la patiente d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'elle n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'elle a endurée lorsqu'elle a découvert, sans y être préparée, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
19. Ainsi qu'il a été dit au point 3, Mme C n'a pas été informée des choix thérapeutiques réalisés et aucune explication n'a été fournie à la patiente sur le choix thérapeutique retenu par le chirurgien. Elle a ainsi perdu une chance de se soustraire à cette intervention, que l'expert a par ailleurs évaluée à 100%. La requérante a ainsi été affectée d'un préjudice d'impréparation résultant de manière directe et certaine du défaut d'information dont elle a été victime et dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 2 000 euros.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander, en réparation des préjudices subis, la condamnation du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins à lui verser la somme totale de 38 008,70 euros.
Sur les dépens :
21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
22. Le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins étant la partie perdante, il y a lieu de mettre à sa charge les dépens constitués par les frais d'expertise, taxés et liquidés au montant total de 1 300 euros par l'ordonnance de la présidente du tribunal du 12 juillet 2019.
Sur les frais liés au litige :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
24. Le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins étant la partie tenue aux dépens, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à sa charge, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, d'une part, le versement à Mme C de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins est condamné à verser à Mme B C une somme de 38 008,70 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 300 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Nice du 12 juillet 2019 sont mis à la charge définitive du centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins.
Article 3 : Le centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins versera une somme de 1 500 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et au centre hospitalier d'Antibes Juan-les-Pins.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Chaumont, première conseillère,
Mme Duroux, première conseillère,
Assistés de Mme Ravera, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Chaumont
Le président,
signé
F. Pascal La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026