mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106208 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DE SURVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 novembre 2021, le 15 février 2023 et le 27 janvier 2024, M. B A, représenté par Me De Surville, demande au tribunal :
1°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur à lui verser la somme totale de 16 000 euros au titre des préjudices subis à la suite de sa chute survenue le 2 juin 2021 à Nice ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur est engagée pour défaut d'entretien normal du trottoir situé rue Valdiletta à Nice en raison de la présence d'une ficelle qui a provoqué sa chute le 2 juin 2021 ;
- il est fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il a subis et qui se décomposent comme suit :
4 000 euros au titre du préjudice matériel ;
4 000 euros au titre de la gêne dans les actes de la vie courante ;
4 000 euros au titre de la souffrance endurée ;
1 000 euros au titre du préjudice esthétique ;
3 000 euros au titre du préjudice d'agrément.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 avril 2022, le 22 avril 2022 et le 28 juillet 2022, la métropole Nice Côte d'Azur, représentée par Me Jacquemin, conclut :
- à titre principal, à sa mise hors de cause ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme étant irrecevable et non fondée ;
- à titre infiniment subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions des prétentions indemnitaires du requérant ;
- appeller la société Orange à la garantir et la relever de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;
- et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est mal dirigée ;
- la matérialité des faits et le lien de causalité ne sont pas établis ;
- aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être opposé ;
- le requérant a commis une faute de vigilance.
Par un mémoire enregistré le 20 avril 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, qui intervient pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, la société Orange, représentée par Me Aversano, conclut :
- à titre principal, à sa mise hors de cause ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête et des conclusions d'appel en garantie formulées à son encontre par la métropole Nice Côte d'Azur ;
- à titre infiniment subsidiaire, à la réduction à de plus proportions des prétentions indemnitaires du requérant ;
- et à ce que soit mise à la charge de tout succombant la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la propriété du regard de trottoir à la société Orange n'est pas démontrée ;
- l'entretien de la voie publique relève de la compétence exclusive de la métropole ;
- les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas réunies.
Par ordonnance du 1er février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me De Surville, représentant M. A, et de Me Bessis-Osty, représentant la métropole Nice Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A soutient avoir été victime d'une chute le 2 juin 2021 sur le trottoir rue Valdiletta à Nice provoquée par la présence d'une ficelle attachée à un regard de trottoir. Estimant que sa chute résultait d'un défaut d'entretien de l'ouvrage public, il a formé une demande préalable indemnitaire reçue par la métropole Nice Côte d'Azur le 28 juin 2021, qui l'a rejetée par un courrier du 15 septembre 2021. Par un courrier du 28 septembre 2021, M. A a formé un recours gracieux, lequel a fait l'objet d'un rejet implicite. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner la métropole Nice Côte d'Azur à lui verser la somme totale de 16 000 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, d'établir l'existence de l'obstacle et d'un lien de causalité direct et certain entre celui-ci et le préjudice. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. En l'espèce, le regard de trottoir litigieux à l'origine de la chute de M. A constitue un accessoire indissociable de l'ouvrage public auquel il s'incorpore et à l'égard duquel le requérant a la qualité d'usager. Dans ces conditions, sans que la métropole Nice Côte d'Azur puisse utilement faire valoir qu'elle ne serait pas propriétaire du regard de trottoir litigieux, il lui appartenait en tant qu'elle est chargée de l'entretien de la voie publique de maintenir celle-ci, avec tous ses accessoires, dans un état conforme à sa destination. La métropole Nice Côte d'Azur n'est donc pas fondée à demander à être mise hors de cause.
4. Il résulte de l'instruction, notamment des trois attestations de témoins versées au dossier, ainsi que du certificat médical indiquant que M. A souffre de contusion et d'érosions aux genoux, que ce dernier a chuté alors qu'il cheminait sur le trottoir de la rue Valdiletta à Nice, le 2 juin 2021 dans la matinée. La matérialité de la chute doit donc être regardée comme établie.
5. Toutefois, à supposer même que la chute dont M. A a été victime ait été provoquée par la présence d'une ficelle attachée au regard du trottoir, cette ficelle ne constitue pas un obstacle qui excède, au regard de ses dimensions, les risques normaux auxquels tout usager de la voie publique est susceptible d'être exposé. Dès lors, la présence alléguée de cette ficelle ne révèle pas un défaut d'entretien normal de la voie publique de nature à engager la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'appel en garantie :
7. Dès lors que le présent jugement ne prononce aucune condamnation à l'encontre de la métropole Nice Côte d'Azur, les conclusions d'appel en garantie qu'elle formule à l'encontre de la société Orange sont sans objet et doivent être rejetées.
Sur les frais de procédure :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que demandent la métropole Nice Côte d'Azur et la société Orange au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la métropole Nice Côte d'Azur, à la société Orange et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie sera transmise à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Chaumont, première conseillère,
assistés de Mme Gialis, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
La présidente,
signé
M. POUGETLa greffière,
signé
E. GIALIS
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026