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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2106212

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2106212

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2106212
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS GÉRARD ROMAIN - VINCENT ZIMMER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Romain, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 ;

2°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'imposition sur le revenu au titre de l'année 2015 :

- le crédit du 12 mai 2015, d'un montant de 300 euros, ainsi que le crédit du 7 décembre 2015, d'un montant de 1 000 euros, trouvent leur origine dans des virements de compte à compte et ne constituent donc pas des revenus imposables ; leur montant doit donc être déduit de la base de calcul de l'imposition sur le revenu au titre de l'année 2015 ;

En ce qui concerne l'imposition sur le revenu au titre de l'année 2017 :

- le droit à réclamation pour cette imposition a expiré le 31 décembre 2020 et non le 31 décembre 2019, contrairement à ce qu'a indiqué l'administration fiscale ;

- la somme de 58 333,33 euros, correspondant à une commission d'apporteur d'affaires versée par l'agence immobilière John Taylor, a fait l'objet d'une double imposition.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017 sont irrecevables, à défaut pour le requérant d'avoir formé une réclamation préalable conformément aux dispositions de l'article R.* 190-1 du livre des procédures fiscales ;

- aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 septembre 2024 :

- le rapport de M. Loustalot-Jaubert, rapporteur ;

- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle concernant les années 2015 et 2016. L'administration lui a notifié, par proposition de rectification du 8 octobre 2018, des rectifications d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2015, pour un montant total de 90 901 euros. Par ailleurs, par un avis d'imposition du 26 juillet 2018, l'administration a mis à la charge de M. A une somme de 12 904 euros au titre de l'impôt sur le revenu pour l'année 2017. Par une réclamation préalable du 4 septembre 2020, M. A a demandé la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016. Par un courrier du 12 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a partiellement accepté de faire droit à sa demande et a ramené la somme mise à la charge de M. A, s'agissant de l'imposition sur le revenu pour l'année 2015, à 23 150 euros. Par la présente requête, M. A demande la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2017.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R.* 200-2 du livre des procédures fiscales : " Le demandeur ne peut contester devant le tribunal administratif des impositions différentes de celles qu'il a visées dans sa réclamation à l'administration ".

3. Il résulte de l'instruction que la réclamation préalable du 4 septembre 2020 ne visait que les impositions supplémentaires mises à la charge de M. A au titre de l'année 2015. Par suite, l'administration fiscale est fondée à faire valoir, en défense, que les conclusions du requérant tendant à la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 sont irrecevables et qu'elles doivent, dès lors, être rejetées. En revanche, il y a lieu de statuer sur le surplus des conclusions de la requête de M. A.

Sur les conclusions relatives à l'imposition sur le revenu au titre de l'année 2015 :

4. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. ".

5. Il n'est pas contesté que M. A, qui n'a pas retiré auprès des services postaux le pli recommandé contenant la proposition de rectification datée du 8 octobre 2018, n'a pas présenté d'observations sur cette proposition de rectification dans le délai imparti. Par suite, M. A devant être regardé comme ayant accepté tacitement les rectifications en cause, il supporte, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'exagération des impositions qu'il conteste.

6. En premier lieu, s'agissant du crédit d'un montant de 300 euros, M. A se borne à soutenir que le seul libellé " Virement de l'application CA A " suffit à justifier que cette somme provient d'un virement de compte à compte réalisé à son profit, sans produire davantage de justificatifs au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme apportant la preuve de l'origine et de la nature de cette somme enregistrée au crédit de son compte courant.

7. En second lieu, s'agissant du crédit d'un montant de 1 000 euros, si le requérant affirme qu'il s'agit d'un virement de compte à compte, celui-ci n'établit toutefois pas le lien entre ce crédit, libellé " huissier sur perso A B ", et un virement effectué depuis un autre compte lui appartenant qui, s'il est d'un même montant et du même jour, est libellé " Virement Web A B huissier sur pers huissier sur perso ". Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme apportant la preuve de l'origine et de la nature de cette somme.

8. Par suite, M. A ne justifie ni de l'objet, ni de la nature de ces sommes que le service a imposées à bon droit en tant que revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2015.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2017. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Sorin, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

assistés de Mme Katarynezuk, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

P. LOUSTALOT-JAUBERT Le président,

Signé

O. EMMANUELLI

La greffière,

Signé

N. KATARYNEZUK

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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