jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106238 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HERDEIRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 novembre et 9 décembre 2021, 4 juillet 2022, 15 septembre 2023 et 8 mars 2024, M. A C, représenté par Me Herdeiro, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Université Côte-d'Azur et le préfet des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 24 615,60 euros au titre de son préjudice salarial et 10 000 euros au titre de son préjudice moral et de la perte de chance ;
2°) de mettre à la charge solidairement de l'Université Côte-d'Azur et du préfet des Alpes-Maritimes la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il remplissait les conditions pour se voir délivrer une carte de séjour portant la mention " passeport talent " prévue à l'article L. 313-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- d'autres doctorants placés dans la même situation se sont vu délivrer un titre de séjour mention " passeport/talent " ; le principe d'égalité de traitement a été méconnu ;
- la responsabilité conjointe de l'Université Côte-d'Azur et du préfet des Alpes-Maritimes est engagée en raison du défaut de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent " prévue à l'article L. 313-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est fondé à demander l'indemnisation de ses préjudices comme suit :
* perte de revenus résultant du rejet de sa demande tendant au bénéfice des allocations chômage : 24 615,60 euros ;
* préjudice moral et perte de chance : 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, l'Université Côte-d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- elle n'est pas responsable du refus de délivrance du titre de séjour sollicité et a, en tout état de cause, entrepris les démarches nécessaires auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête, à titre principal, comme étant irrecevable, à titre subsidiaire comme étant mal fondée et, demande, à titre infiniment subsidiaire, si sa responsabilité devait être solidairement retenue, à ce que l'indemnisation demandée par le requérant soit ramenée à de plus justes proportions.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- elle est mal dirigée, l'Université Côte-d'Azur étant seule responsable tant au niveau de la demande de titre qu'au niveau de la production tardive de la convention ; il a délivré le titre correspondant à la demande initiale lequel a permis à l'intéressé de poursuivre normalement ses études de doctorat ;
- en tout état de cause, le préjudice financier doit être ramené à de plus justes proportions et correspondre à la période effective de recherche d'emploi, soit du 8 avril 2020 au 28 janvier 2021 ; il s'élève ainsi à 8 910 euros ;
-le préjudice moral n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Pouget, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B pour le préfet des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 8 août 1992, est entré en France le 25 août 2015 sous couvert d'un visa étudiant valable jusqu'au 22 juillet 2016. Le 12 décembre 2016, il a été recruté par l'Université Côte-d'Azur en qualité de doctorant contractuel par un contrat d'une durée de trois ans prévoyant l'accomplissement d'un service annuel exclusivement consacré aux activités de recherche liées à la préparation de son doctorat, moyennant une rémunération mensuelle brute de 1 758 euros. L'intéressé a été mis en possession d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", l'autorisant à travailler à titre accessoire, valable jusqu'au 18 octobre 2019. Cette carte de séjour a été régulièrement renouvelée jusqu'au 18 octobre 2021. Par deux courriers du 5 septembre 2023 réceptionnés le 7 septembre 2023, M. C a respectivement saisi le préfet des Alpes-Maritimes et l'Université Côte-d'Azur d'une demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices qu'il aurait subis du fait de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " en lieu et place d'une carte de séjour portant la mention " passeport talent ". Ses demandes ont été implicitement rejetées. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner solidairement l'Université Côte-d'Azur et le préfet des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 24 615,60 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis.
2. Aux termes du 4° de l'article L. 313-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa codification applicable au litige : " La carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ", d'une durée maximale de quatre ans, est délivrée, dès sa première admission au séjour : / 4° A l'étranger titulaire d'un diplôme équivalent au grade de master qui mène des travaux de recherche ou dispense un enseignement de niveau universitaire, dans le cadre d'une convention d'accueil signée avec un organisme public ou privé ayant une mission de recherche ou d'enseignement supérieur préalablement agréé. Cette carte porte la mention "chercheur" () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de plusieurs demandes de M. C, titulaire d'un diplôme équivalent au grade de master et menant des travaux de recherche dans le cadre du contrat d'engagement contractuel conclu le 12 décembre 2016 pour une durée de trois ans avec l'Université Côte d'Azur, la signature de la convention d'accueil avec cette dernière, à laquelle était subordonnée la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent chercheur " n'est intervenue que le 17 octobre 2019 alors que le contrat de l'intéressé avec l'université venait à échéance le 11 décembre 2019, soit moins de deux mois après la conclusion de cette convention. A supposer même que cette régularisation tardive de même que le refus du préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. C une carte de séjour portant la mention " passeport talent " puissent être constitutifs d'une faute de nature à engager leur responsabilité, M. C se borne à produire, pour établir le préjudice financier qu'il aurait subi résultant de l'absence de droit à l'allocation de retour à l'emploi du fait de la seule possession d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, une attestation revêtue du tampon de Pôle Emploi, indiquant : " Pas d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi avec une carte de séjour statut étudiant ". Par la production de cette seule attestation manuscrite, non signée, établie le 10 octobre 2019 alors que M. C était toujours sous contrat avec l'université, ce dernier n'établit pas avoir entrepris, au terme de son contrat d'engagement venu à expiration le 11 décembre 2019, les démarches de nature à lui ouvrir droit au versement de l'allocation de retour à l'emploi, de sorte que le préjudice financier allégué n'est pas établi. Le préjudice moral allégué et la perte de chance " de retrouver un emploi " en l'absence de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " passeport talent chercheur " ne sont pas davantage établis. Dès lors, M. C n'est pas fondé à demander la condamnation solidaire de l'Université Côte d'Azur et du préfet des Alpes-Maritimes à lui verser une indemnité en réparation des préjudices qu'il invoque.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à l'Université Côte-d'Azur et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
M. Loustalot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,L'assesseure la plus ancienne,
signésigné
M. D
La greffière,
Signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2106238
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026