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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2106608

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2106608

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2106608
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLEGIS CONSEILS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 décembre 2021 et 14 février 2024, la société civile immobilière Home Point, représentée par sa gérante, représentée par Me Vialatte, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales qu'elle a acquittées à raison de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession " à réméré " d'un bien situé à Cannes, le 27 décembre 2019 ;

2°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles elle a été assujettie à raison de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession de ce même bien, le 29 juillet 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la vente réalisée à réméré a pour effet de replacer les parties dans la situation antérieure à la vente et entraîne la restitution de tout ou partie de l'impôt correspondant à la plus-value réalisée initialement ;

- elle a omis de déclarer une somme de 81 933 euros correspondant au montant des travaux réalisés et qui doivent venir en majoration du prix d'acquisition de la cession réalisée le 29 juillet 2020 ;

- il convient d'appliquer, du fait de la durée de détention du bien, un abattement forfaitaire de 15% en majoration du prix d'acquisition.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 1er février 2022 et 23 février 2024, la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement correspondant à la restitution de la cotisation d'impôt due à raison de la plus-value immobilière d'un montant de 43 902,43 euros et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que :

- il a prononcé un dégrèvement d'une somme de 43 902,43 euros au titre de la cotisation d'impôt sur le revenu à raison d'une plus-value immobilière réalisée lors de la cession du 27 décembre 2019, par une décision du 31 janvier 2022 ;

- il a été procédé à la correction du calcul effectué par la SCI qui avait commis une erreur dans sa déclaration n°2048-IMM en portant le montant de l'impôt dû sur la plus-value immobilière à hauteur de 41 780 euros au lieu de 42 156 euros comme indiqué par la société requérante ;

- les factures fournies par la SCI relatives aux travaux supplémentaires réalisés ne peuvent pas être prises en compte du fait qu'elles ne correspondent pas à des travaux visant à construire, reconstruire, agrandir ou améliorer le bien ;

- la SCI n'entre pas dans le cas prévu au 4° de l'article 150 VB II selon lequel une majoration égale à 15% du prix d'acquisition est pratiquée dès lors que l'immeuble a été acquis depuis moins de 5 ans.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zettor,

- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) Home Point a cédé, le 27 décembre 2019, " à réméré " un lot immobilier situé à Cannes. Elle a été assujettie au titre de l'impôt sur le revenu à raison de la plus-value immobilière réalisée sur cette cession. Par un acte notarié du 29 juillet 2020, elle a racheté le bien, puis l'a revendu le jour même. Elle a été imposée au titre de l'impôt sur le revenu à raison de cette nouvelle plus-value immobilière réalisée le 29 juillet 2020. Le 21 décembre 2020, par une réclamation, rejetée implicitement, la SCI Home Point demandait le remboursement de la totalité de l'imposition due à raison de la plus-value réalisée sur la cession du 29 décembre 2019 et d'une partie de l'imposition due à raison de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession du 29 juillet 2020. Par la présente requête, la SCI Home Point demande au tribunal la décharge des cotisations d'impôt et de contributions sociales qu'elle a acquittées à raison de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession d'un bien le 29 décembre 2019 et la décharge partielle des cotisations d'impôt et de contributions sociales qu'elle a acquittées à raison de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession de ce même bien, le 29 juillet 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 31 janvier 2022, postérieure à l'introduction de la requête, la SCI Home Point a obtenu un dégrèvement de l'imposition sur le revenu d'un montant de 41 780 euros en droits au titre de la plus-value immobilière correspondant à la vente du 27 décembre 2019, à laquelle s'ajoute une somme de 2 122,43 euros correspondant aux intérêts moratoires. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de décharge de la requête à hauteur du montant du dégrèvement de la somme de 43 902,43 euros qui sont devenues sans objet.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

3. Aux termes du 4° du II de l'article 150 VB du code général des impôts : " II. Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : () 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. Lorsque le contribuable, qui cède un immeuble bâti plus de cinq ans après son acquisition, n'est pas en état d'apporter la justification de ces dépenses, une majoration égale à 15 % du prix d'acquisition est pratiquée. () ".

4. En application de ces dispositions, le cédant d'un immeuble peut majorer, pour la détermination du montant de sa plus-value immobilière, le prix d'acquisition de ce dernier du montant des dépenses qu'il a exposées pour y faire réaliser, par une entreprise, une ou plusieurs des prestations de travaux qu'elles mentionnent.

5. Il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si les dépenses effectuées sur un bien immobilier constituent des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration ; que lorsqu'un immeuble est ancien ou vétuste et qu'il nécessite une remise en état, la circonstance que des travaux sont entrepris pour le réhabiliter ne fait pas obstacle à ce que l'administration fiscale distingue, au sein des dépenses engagées dans le cadre de cette rénovation, les dépenses d'amélioration du bien, des dépenses d'entretien.

En ce qui concerne la majoration forfaitaire de 15% :

6. Il résulte de l'instruction que le lot immobilier en litige a été acquis le 18 août 2015 par la Sci Home Point, qu'il a été vendu à réméré le 27 décembre 2019, racheté puis revendu le 29 juillet 2020 et non le 18 août 2020 comme la requérante le mentionne en page 3 de sa requête. Le bien objet de la plus-value n'ayant pas été cédé plus de cinq ans après son acquisition, la SCI Home Point ne peut bénéficier de la majoration forfaitaire de 15%. L'administration fiscale a, par une exacte application des dispositions de l'article 150 VB du code général des impôts refusé d'accorder à la société le bénéfice de la majoration forfaitaire.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens.

DE C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête en ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la SCI Home Point à hauteur de la somme de 41 780 euros en droits et de 2 122,43 euros correspondant aux intérêts moratoires.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : L'Etat versera à la Sci Home Point la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Sci Home Point et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Chevalier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

signé

V. Zettor

La présidente,

signé

V. Chevalier-AubertLa greffière,

signé

C. Sussen

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière.

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