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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2106672

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2106672

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2106672
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantD'ORNANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 décembre 2021 et le 6 novembre 2023, la société The Watersnow Company, représentée par Me D'Ornano, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 par laquelle le directeur départemental des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public, ensemble la décision du 27 octobre 2021 portant rejet du recours gracieux ;

2°) de condamner la direction départementale des territoires et de la mer aux entiers dépens ;

3°) de mettre à la charge de la direction départementale des territoires et de la mer la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée méconnaît les garanties d'impartialité et de transparence prévues par l'article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques dès lors que les critères d'analyse n'ont pas été respectés, qu'elle répondait à l'ensemble de ces critères et que les motifs retenus pour écarter sa candidature ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, première conseillère,

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,

- et les observations de Me D'Ornano, représentant la société The Watersnow Compagny.

Considérant ce qui suit :

1. Depuis 2007, la société The Watersnow Compagny était titulaire d'une autorisation d'occupation temporaire dans le cadre de l'exploitation du lot n° 10A " sport nautique " sur la plage de la Garoupe à Antibes. Le 22 avril 2021, la préfecture des Alpes-Maritimes a publié un avis de publicité préalable pour l'exploitation économique d'une parcelle du domaine public maritime naturel située sur la commune d'Antibes, comprenant l'ancien lot n° 10A. Par un courrier du 2 août 2021, la société The Watersnow Compagny a été informée par la préfecture des Alpes-Maritimes du rejet de sa candidature. Par courrier du 24 septembre 2021, la société a présenté un recours gracieux qui a été rejeté par une décision du 27 octobre 2021. Par la présente requête, la société The Watersnow Compagnie demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur départemental des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public, ensemble la décision du 27 octobre 2021 portant rejet du recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sauf dispositions législatives contraires, lorsque le titre mentionné à l'article L. 2122-1 permet à son titulaire d'occuper ou d'utiliser le domaine public en vue d'une exploitation économique, l'autorité compétente organise librement une procédure de sélection préalable présentant toutes les garanties d'impartialité et de transparence, et comportant des mesures de publicité permettant aux candidats potentiels de se manifester./(). ".

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis de publicité prévoyait d'analyser les projets sur la base de quatre critères : un critère n° 1 relatif à la " qualité paysagère du projet ", un critère n° 2 relatif à la " fonctionnalité cohérente : le projet portera sur un ouvrage cohérent et fonctionnel. Il pourra être admis dans le projet présenté des aménagements précaires et démontables mais aucune construction supplémentaire sur le DPM ne sera admise " ; un critère n° 3 relatif à la " cohérence du projet avec la vocation maritime du site, notamment le plan local de balisage existant ou à venir (usages projetés) ", et un critère n° 4 relatif à la " capacité économique et financière à entretenir, gérer et remettre à l'état naturel les lieux gérés en vertu des dispositions de l'article R.2124-8 du code général de la propriété des personnes publiques " afin d'assurer la réversibilité effective des modifications apportées au milieu naturel ".

4. La société soutient qu'elle répondait aux critères d'analyse n°s 1, 2 et 4 dès lors que les photographies de la base nautique qu'elle exploitait démontrent que son projet s'intègre parfaitement dans le paysage, que les aménagements et le mobilier installés sur la base nautique sont facilement démontables, qu'elle se prévaut d'un chiffre d'affaire de 119 542 euros pour l'année 2020 et qu'elle procédait chaque année à la remise en état du site. Toutefois, en se bornant à répondre aux critères d'analyse n°s 1, 2 et 4 au regard des conditions d'exploitation de l'ancien lot n° 10A d'une superficie de 134,87 m², la société requérante ne conteste pas utilement l'appréciation faite par le préfet des Alpes-Maritimes sur son projet pour le nouveau lot, qui s'étend sur une parcelle de 677,33 m².

5. S'agissant du critère n° 3, il ressort des pièces du dossier que l'avis de publicité ne mentionnait pas qu'une activité exclusivement balnéaire devait être proposée excluant les activités de sports nautiques. Par ailleurs, le préfet n'établit pas que la création du chenal réservé aux sports nautiques, sur la plage de la Garoupe, n'existait qu'à titre dérogatoire. Au surplus, il ne peut davantage se prévaloir de la suppression de ce chenal par l'arrêté préfectoral du 12 mai 2023 dès lors qu'il est postérieur à la date de la décision attaquée. Par suite, la société The Watersnow Compagnie est fondée à soutenir que la présence d'une base nautique est cohérente avec la vocation maritime du site.

6. Toutefois, au regard de ce qui a été dit au point 4, et dès lors que le critère n° 3 ne vaut que pour 25% de la note, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les critères d'analyse n'ont pas été respectés.

7. En second lieu, la circonstance que la société concurrente, la SARL de La Baie Dorée, avait fait l'objet d'une contravention de grande voirie en janvier 2009 est sans incidence sur l'appréciation de sa candidature. Par ailleurs, la société The Watersnow Compagnie ne peut davantage se prévaloir utilement des entraves constatées par les services de la direction départementale des territoires et de la mer sur le sentier du littoral lors de la visite du 29 juin 2020 du lot n° 10 sur la plage de la Garoupe exploité par la SARL de La Baie Doré. En effet, d'une part, cette circonstance est sans lien avec l'éviction de sa candidature, et d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces entraves subsistaient à la date à laquelle l'autorisation d'occupation temporaire a été accordée à la SARL de La Baie Doré par arrêté du 28 juin 2023.

8. Dans ces conditions, la société The Watersnow Compagnie n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les garanties d'impartialité et de transparence prévues par l'article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.

Sur les dépens :

10. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions formées à ce titre sont sans objet et doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société The Watersnow Company est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société The Watersnow Company et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie sera faite au préfet des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, première conseillère,

Mme Chaumont, première conseillère,

assistés de Mme Ravera, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F.PASCALLa greffière,

signé

C. RAVERA

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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