vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106709 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | C/M/S BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 20 décembre 2021, 6 avril, 2 mai et 7 novembre 2022, la société " Uniparc Cannes ", représentée par la société d'avocats CMS Francis Lefebvre, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la ville de Cannes à lui verser une provision d'un montant de 8 721 240,35 euros, sauf à parfaire à date, assortie des intérêts au taux légal dus à compter du 11 juin 2019, ainsi que la capitalisation des intérêts ;
2°) de condamner la ville de Cannes au versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner la ville de Cannes au paiement des entiers dépens.
La requérante soutient que :
- la créance dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable dès lors que la résiliation anticipée du contrat qui la liait à la ville de Cannes lui donne droit à l'indemnisation de son entier préjudice ;
- elle justifie de l'ensemble des éléments financiers et comptables permettant d'attester que le montant qu'elle sollicite, à titre de provision, dans la présente instance, correspond à la valeur nette comptable des actifs non amortis qui lui sont dus en raison de la fin anticipée du contrat.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 3 mars, 29 avril, 9 mai et 10 novembre 2022, la commune de Cannes, représentée par la société civile professionnelle Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête introduite par la société " Uniparc Cannes " et demande au tribunal de mettre à la charge de cette dernière une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête introduite par la société " Uniparc Cannes " est irrecevable pour cause de forclusion ;
- l'obligation dont se prévaut la société " Uniparc Cannes " est sérieusement contestable.
Vu l'ordonnance du 16 février 2022 par laquelle le juge des référés a fixé la clôture de l'instruction au 4 mars 2022 à 12h00.
Vu l'ordonnance du 11 mars 2022 par laquelle le juge des référés a rouvert l'instruction et a fixé sa clôture au 8 avril 2022 à 12h00.
Vu l'ordonnance du 12 avril 2022 par laquelle le juge des référés a rouvert l'instruction et a fixé sa clôture au 2 mai 2022 à 12h00.
Vu l'ordonnance du 5 octobre 2022 par laquelle le juge des référés a rouvert l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 novembre 2022 à 10h30 :
- le rapport de M. Soli, juge des référés ;
- les observations de Me Tenailleau, représentant la société " Uniparc Cannes " ;
- et les observations de Me Bigas, représentant la commune de Cannes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'octroi d'une provision :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui est applicable aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. La société Uniparc Cannes a conclu, le 31 mars 1995, un contrat de délégation de service public avec la commune de Cannes d'une durée de trente ans et portant sur l'exploitation de parcs de stationnement. Par une délibération en date du 16 juillet 2018, le conseil municipal de Cannes, considérant la durée excessive de la délégation, a autorisé le maire à négocier la résiliation pour motif d'intérêt général du contrat en cause. Par décision en date du 27 juillet 2018, le maire de Cannes a notifié à la société Uniparc Cannes la résiliation du contrat avec effet au 1er mars 2019. Par délibération en date du 17 décembre 2018, le conseil municipal a décidé de la reprise en régie des parcs de stationnement litigieux. Dans la présente instance la société Uniparc Cannes demande au juge des référés de condamner la commune de Cannes à lui verser une provision d'un montant de 8 721 240,35 euros dont 5 053 077,35 € correspondant à la valeur des immobilisations corporelles non-amorties et 3 668 163,00 € correspondant à la part non-amortie du droit d'entrée.
4. La société " Uniparc Cannes " a adressé à la commune de Cannes, le 29 mai 2019, une demande préalable tendant au paiement d'une somme de 34 526 100,45 euros hors taxes au titre de l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de la résiliation anticipée du contrat. Il est constant que cette demande indemnitaire a été expressément rejetée par courrier du 13 août 2019, lequel faisait mention des voies et délais de recours contentieux. Le moyen soulevé par la commune de Cannes tenant à ce que le rejet de la demande indemnitaire ne saurait être regardé comme une mesure prise pour l'exécution d'un contrat dès lors qu'elle est une conséquence de la résiliation anticipée du contrat et non de l'application des clauses dudit contrat et qu'aux termes des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, la société " Uniparc Cannes " disposait d'un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de rejet précitée du 13 août 2019 pour former son recours qui est donc tardif, est de nature à remettre en cause le caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont se prévaut la société requérante.
5. Par ailleurs, il résulte implicitement mais nécessairement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative que le juge des référés dispose du pouvoir d'apprécier si l'éventualité d'une compensation entre créances réciproques est de nature à rendre sérieuse ou non la contestation de l'obligation invoquée par la partie qui demande la provision. Au cas d'espèce, il est constant que la commune de Cannes, dans un mémoire déposé le 18 octobre 2022 sur la requête n° 2002786, a formé des conclusions reconventionnelles devant le Tribunal de céans en vue de voir condamner la société Uniparc Cannes au paiement de la somme de 10 059 847,68 € HT eu égard à l'état dans
lequel la commune a repris les parkings litigieux en gestion directe.
6. Dans ces conditions, eu égard à l'office du juge des référés, qui est juge de l'évidence, l'existence de l'obligation dont se prévaut la société Uniparc Cannes, ne peut être regardée, en l'état de l'instruction, comme non sérieusement contestable dans son principe et dans son montant, au sens des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, la présente instance n'a pas engendré de dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent dès lors en tout état de cause qu'être rejetées.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cannes qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la société " Uniparc Cannes " et non compris dans les dépens.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société " Uniparc Cannes " une somme au titre des frais exposés par la commune de Cannes et non compris dans les dépens, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " Uniparc Cannes " est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Cannes tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " Uniparc Cannes " et à la commune de Cannes.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 16 décembre 2022.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026