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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200366

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200366

vendredi 21 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200366
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCHAFIR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a constaté le désistement d'office de la SARL Festival des Langues, faute pour celle-ci d'avoir confirmé le maintien de ses conclusions dans le délai d'un mois suivant la demande qui lui avait été adressée sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. La société contestait une décision de la Caisse des Dépôts et Consignations lui infligeant un déréférencement de six mois et une suspension de paiements. Le tribunal a donné acte de ce désistement et rejeté les demandes reconventionnelles de la Caisse, tant au titre des frais de justice que de l'amende pour recours abusif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 janvier 2022, 16 janvier 2024, 21 mai 2024, 20 juin 2024 et 4 septembre 2024, la société à responsabilité limitée Festival des Langues, représentée par Me Ayache, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d’annuler la décision du 28 décembre 2021 par laquelle la caisse des dépôts et consignations lui a infligé la sanction de déréférencement pour une durée de six mois et de suspension des paiements des actions de formation, à titre de mesure de sauvegarde ;
2°) à titre subsidiaire, de substituer aux mesures litigieuses des mesures dont les conséquences seraient moins importantes ;
3°) de condamner la caisse des dépôts et consignations à lui régler l’intégralité des actions de formation ayant fait l’objet de la décision du 28 décembre 2021 susmentionnée ;
4°) de condamner la caisse des dépôts et consignations à réparer le préjudice financier résultant de sa perte de chance de réaliser le chiffre d’affaires attendu en raison de la décision du 28 décembre 2021 susmentionnée ;
5°) de condamner la caisse des dépôts et consignations à réparer les préjudices, notamment moral, qu’elle estime avoir subis en raison d’agissements et manquements fautifs de la caisse ;
6°) et de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 30 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 février 2023, 24 juillet 2023, 2 mai 2024 et le 7 août 2024, la caisse des dépôts et consignations, prise en la personne de son directeur général en exercice, représentée par Me Nahmias, conclut :
- au rejet de la requête ;
- à la condamnation de la Sarl Festival des Langues au paiement d’une amende pour recours abusif ;
- et à la mise à la charge de la Sarl Festival des Langues la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une lettre du 1er octobre 2025, adressée par le Tribunal au cabinet de son conseil, au moyen de l’application Télérecours, la Sarl Festival des Langues a été informée qu’à défaut de réception de la confirmation du maintien de ses conclusions dans le délai d’un mois, elle serait réputée s’en être désistée en application des dispositions de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ; (…) ».

La société à responsabilité limitée Festival des Langues demandait initialement au Tribunal, à titre principal, d’annuler la décision du 28 décembre 2021 par laquelle la caisse des dépôts et consignations lui a infligé la sanction de déréférencement pour une durée de six mois et de suspension des paiements des actions de formation, à titre de mesure de sauvegarde, à titre subsidiaire de substituer aux mesures litigieuses des mesures dont les conséquences seraient moins importantes, aussi de condamner ladite caisse à lui régler l’intégralité des actions de formation ayant fait l’objet de la décision du 28 décembre 2021 susmentionnée, de condamner ladite caisse à réparer le préjudice financier résultant de sa perte de chance de réaliser le chiffre d’affaires attendu en raison de la décision du 28 décembre 2021, et de condamner la caisse à réparer les préjudices, notamment moral, qu’elle estime avoir subis en raison d’agissements et manquements fautifs de la caisse.

Sur le désistement d’office :

3.
Aux termes de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative : « Lorsque l’état du dossier permet de s’interroger sur l’intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l’instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l’expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s’être désisté de l’ensemble de ses conclusions ».

4.
En l’espèce, en dépit de la demande du Tribunal qui lui a été adressée le 1er octobre 2025, en application des dispositions précitées de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, par courrier mis à la disposition du cabinet de son avocate le même jour à 10 heures 55 dans l’application Télérecours et réceptionné à 12 heures 21, la société Festival des Langues n’a pas confirmé expressément le maintien de ses conclusions dans le délai d’un mois qui lui était imparti. Par suite, elle doit être réputée s’être désistée de l’ensemble des conclusions de sa requête y compris de celles présentée sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a dès lors lieu de donner acte de ce désistement d’office.

Sur les conclusions de la caisse des dépôts et consignations présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

5.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions susmentionnées présentées par la caisse des dépôts et consignations.



Sur l’amende pour recours abusif :

6.
Aux termes de l’article R. 741-12 du code de justice administrative : « Le juge peut infliger à l’auteur d’une requête qu’il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ».

7.
La faculté prévue par les dispositions citées au point précédent constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions présentées par la caisse des dépôts et consignations tendant à ce que la société requérante soit condamnée à payer une amende pour recours abusif sont dès lors irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées.


ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d’office de la requête de la Sarl Festival des Langues.

Article 2 : Les conclusions de la caisse des dépôts et consignations présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 et de l’article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Festival des Langues, à Me Didier Cardon, liquidateur judiciaire de la société à responsabilité limitée Festival des Langues, et à la caisse des dépôts et consignations.

Fait à Nice, le 21 novembre 2025.


Le président de la 2ème chambre,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.

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