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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200422

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200422

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200422
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de la SAS Gestion Cassini, qui demandait la décharge de la taxe sur les locaux vacants due par Mme E pour un bien à Cagnes-sur-Mer. La juridiction a relevé d'office que la réclamation préalable était irrecevable, car ni la société ni son gérant n'avaient justifié d'un mandat pour représenter la contribuable, en méconnaissance des articles R. 197-3, R. 197-4 et R. 200-2 du livre des procédures fiscales. Ce vice de forme n'ayant pas été régularisé dans le délai de recours contentieux, la demande a été jugée irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Gestion Cassini, représentée par son gérant M. A B, demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe sur les locaux vacants à laquelle Mme D C épouse E a été assujettie au titre de l'année 2021, pour un bien situé au 4 Impasse des Eucalyptus à Cagnes-sur-Mer.

Elle soutient que le logement en cause est insalubre et que le coût des travaux nécessaires excèderait 25 % de la valeur du bien.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, à défaut pour M. B de justifier d'un mandat lui permettant d'agir en justice ;

- les moyens soulevés par la SAS Gestion Cassini ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la réclamation préalable présentée devant l'administration était irrecevable, en application des dispositions combinées des articles R. 197-3, R. 197-4 et R. 200-2 du livre des procédures fiscales, ni la SAS Gestion Cassini ni M. B n'ayant produit de mandat justifiant de ce qu'ils avaient qualité pour représenter Mme E.

Par ordonnance du 22 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 13 septembre 2024 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 novembre 2024 :

- le rapport de M. Loustalot-Jaubert, rapporteur,

- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'indivision C, à laquelle appartient Mme E, est propriétaire d'un bien situé au 4 Impasse des Eucalyptus à Cagnes-sur-Mer. Par un avis de mise en recouvrement du 31 octobre 2021, Mme E a été assujettie à la taxe sur les locaux vacants au titre de ce bien, pour un montant de 278 euros. Par une réclamation du 26 novembre 2021, la SAS Gestion Cassini, représentée par son gérant M. B, a contesté cette imposition. Cette réclamation a été rejetée le 14 décembre 2021. Par la présente requête, la SAS Gestion Cassini demande la décharge de la taxe sur les locaux vacants mise à la charge de Mme E.

2. Aux termes de l'article R. 197-3 du livre des procédures fiscales : " Toute réclamation doit à peine d'irrecevabilité : / a) Mentionner l'imposition contestée ; / b) Contenir l'exposé sommaire des moyens et les conclusions de la partie ; / c) Porter la signature manuscrite de son auteur ; à défaut l'administration invite par lettre recommandée avec accusé de réception le contribuable à signer la réclamation dans un délai de trente jours ; / d) Etre accompagnée soit de l'avis d'imposition, d'une copie de cet avis ou d'un extrait du rôle, soit de l'avis de mise en recouvrement ou d'une copie de cet avis, soit, dans le cas où l'impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou d'un avis de mise en recouvrement, d'une pièce justifiant le montant de la retenue ou du versement. / La réclamation peut être régularisée à tout moment par la production de l'une des pièces énumérées au d () ". Aux termes de l'article R. 197-4 du même livre : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qui l'autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte / Toutefois, il n'est pas exigé de mandat des avocats inscrits au barreau ni des personnes qui, en raison de leurs fonctions ou de leur qualité, ont le droit d'agir au nom du contribuable. Il en est de même si le signataire de la réclamation a été mis personnellement en demeure d'acquitter les impositions mentionnées dans cette réclamation () ". Aux termes de l'article R. 200-2 du même livre : " () Les vices de forme prévus aux a, b, et d de l'article R. 197-3 peuvent, lorsqu'ils ont motivé le rejet d'une réclamation par l'administration, être utilement couverts dans la demande adressée au tribunal administratif. / Il en est de même pour le défaut de signature de la réclamation lorsque l'administration a omis d'en demander la régularisation dans les conditions prévues au c du même article ". Il résulte de ces dispositions que si une réclamation présentée par une personne qui n'a ni qualité ni mandat pour le faire est irrecevable, ce vice de forme peut, en l'absence de demande de régularisation adressée par l'administration dans les conditions prévues au c de l'article R. 197-3, être régularisé par le contribuable dans sa demande devant le tribunal administratif. Cette régularisation est donc possible jusqu'à l'expiration du délai imparti au contribuable pour présenter cette demande. En revanche, après l'expiration de ce délai, l'irrecevabilité de la réclamation préalable présentée à l'administration et, par conséquent, celle de la demande contentieuse, ne peuvent plus être régularisées, quand bien même l'administration n'aurait pas invité le contribuable à le faire. Une telle irrecevabilité doit être relevée d'office par le juge.

3. Il résulte de l'instruction que la réclamation préalable formée devant l'administration le 26 novembre 2021 a été présentée par la SAS Gestion Cassini agissant par son gérant, M. B, qui s'est présenté comme l'administrateur de l'indivision C, sans que ni la SAS Gestion Cassini ni M. B ne produise de mandat l'autorisant à agir au nom de Mme E, redevable de la taxe en litige. Ce vice de forme n'ayant pas été régularisé avant l'expiration du délai de recours contentieux, la réclamation préalable comme, par voie de conséquence, la demande contentieuse, sont irrecevables.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Gestion Cassini doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la SAS Gestion Cassini est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Gestion Cassini, à Mme D E et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Sorin, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

assistés de Mme Foultier, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

P. LOUSTALOT-JAUBERTLe président,

Signé

O. EMMANUELLI

La greffière,

Signé

M. FOULTIER

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

220042

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