jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200630 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | EVRARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2022, la SAS Cannes Loisirs, représentée par Me Evrard, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les trois titres de perception émis à son encontre le 8 avril 2021 par le directeur départemental des finances publiques du Vaucluse à la demande du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer), pour le recouvrement de la taxe d'aménagement (deux titres) et de la redevance d'archéologie préventive (un titre) ;
2°) de la décharger des obligations de payer mises à sa charge en exécution desdits titres de perception ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1.500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de recettes litigieux sont irréguliers en la forme, faute d'indication de leur auteur et de sa signature, en méconnaissance des dispositions des articles L.111-2 du code des relations entre le public et l'administration et L.1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- aucune exécution de travaux affectant le sous-sol n'a été effectuée, le titre de recettes émis pour recouvrement de la redevance d'archéologie préventive, l'ayant été en méconnaissance des dispositions de l'article L.524-2 du code du patrimoine ;
- aucune place de parking supplémentaire n'a été créée et n'était prévue dans le permis de construire délivré.
Par mémoire en défense enregistré le 17 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques du Vaucluse conclut au rejet des conclusions à fin d'annulation des titres de perception.
Il fait valoir que conformément au B du V de l'article 55 de la loi n°2010-1658 de finance rectificative pour 2010, la signature de l'ordonnateur figure sur l'état récapitulatif du 8 avril 2021.
Le préfet des Alpes-Maritimes a produit le 22 juin 2023 à 8h44, après la clôture de l'instruction, un mémoire en défense non communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 de finance rectificative pour 2010 ;
-le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- et les conclusions de Mme Tatiana Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit ;
1. Trois titres de perception n°s 084000 023 075 006 179944 2021 0019214, 084000 023 075 006 465240 2021 0020455 et 084000 023 075 006 465240 2021 0019215 ont été émis le 8 avril 2021 à l'encontre de la SAS Cannes Loisirs par le directeur départemental des finances publiques du Vaucluse, à la demande du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer), pour le recouvrement de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive. Par courrier du 7 juin 2021 adressé au directeur départemental des finances publiques du Vaucluse qui en a accusé réception par courriel du même jour, la SAS Cannes Loisirs a formulé une réclamation d'assiette transmise au préfet des Alpes-Maritimes qui l'a implicitement rejetée. La SAS Cannes Loisirs doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ces titres de perception et de la décharger de l'obligation de payer qui en résulte.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :
2. Aux termes de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L.212-3 du même code : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique ". Aux termes de l'article 55 de la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 précitée : " V. ' Amélioration des conditions de recouvrement des produits étrangers à l'impôt et au domaine : / B. ' Pour l'application de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L.252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions que le titre de recettes individuel adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis et qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur. Seul le bordereau de titres de recette doit être signé. Il résulte de ces dispositions que la signature manuscrite ou électronique du bordereau récapitulant les titres de recette emporte attestation exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoire les titres de recette qui y sont joints.
3. L'état récapitulatif des titres de perception émis le 8 avril 2021, mentionnant ceux émis à l'encontre de la SAS Cannes Loisirs mentionne le nom et la signature de M. B A, responsable du pôle fiscalité, ADS, commerce et contrôle, de la direction départementale des territoires et de la mer à la préfecture des Alpes-Maritimes. Dès lors, le moyen tiré du prétendu défaut de signature manque en fait et doit être écarté. Par suite, les conclusions de la SAS Cannes Loisirs formulées à fin d'annulation des titres de perception émis à son encontre doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge :
4. Aux termes de l'article L.331-6 du code de l'urbanisme en vigueur : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L.331-7 à L.331-9./ Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article à la date d'exigibilité de celle-ci ou, en cas de construction sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, les personnes responsables de la construction./ Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle de délivrance du permis modificatif, celle de la naissance d'une autorisation tacite de construire ou d'aménager, celle de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ou, en cas de constructions ou d'aménagements sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle du procès-verbal constatant l'achèvement des constructions ou des aménagements en cause ". Aux termes de l'article L.331-7 du code de l'urbanisme en vigueur : " Sont exonérés de la part communale ou intercommunale de la taxe :/ 10° Les surfaces annexes, à usage de stationnement, aménagées au-dessus ou en-dessous des immeubles ou intégrées au bâti, dans un plan vertical ". Aux termes de l'article L.524-2 du code du patrimoine dans sa rédaction en vigueur : " Il est institué une redevance d'archéologie préventive due par les personnes, y compris membres d'une indivision, projetant d'exécuter des travaux affectant le sous-sol et qui :/ a) Sont soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l'urbanisme ;/ b) Ou donnent lieu à une étude d'impact en application du code de l'environnement ;/ c) Ou, dans les cas des autres travaux d'affouillement, sont soumis à déclaration administrative préalable selon les modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. En cas de réalisation fractionnée, la surface de terrain à retenir est celle du programme général des travaux ".
5. Il ne résulte pas des pièces produites par la SAS Cannes Loisirs que celle-ci ait effectué l'implantation de nouvelles places de parking à l'emplacement de ses locaux commerciaux, installation au demeurant exonérée de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement. Dès lors, elle est fondée à demander la décharge de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive mises à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme totale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SAS Cannes Loisirs et non compris dans les dépens, en application des dispositions précitées du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La SAS Cannes Loisirs est déchargée de l'obligation de payer la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive mises à sa charge en exécution des trois titres de perception émis à son encontre le 8 avril 2021 n°s 084000 023 075 006 465240 2021 0020455, 084000 023 075 006 465240 2021 0019215 et 084000 023 075 006 179944 2021 0019214 par le directeur départemental des finances publiques du Vaucluse, à la demande du préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer).
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat (direction départementale des territoires et de la mer) un somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au profit de la SAS Cannes Loisirs, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Cannes Loisirs et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera faite au préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) et au directeur départemental des finances publiques du Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, où siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assités de Mme Albu, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2023 :
Le président-rapporteur,
signé
G. TaorminaL'assesseure la plus ancienne,
signé
B. Le GuennecLa greffière,
signé
Chr. Albu
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2200630
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026