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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200869

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200869

mercredi 14 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200869
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2022, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 8 novembre 2021 portant suspension de ses droits au revenu de solidarité active ;

2°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2021 ainsi que dans ceux relatifs au bénéfice de la prime de fin d'année.

Il soutient que :

- il a communiqué l'ensemble des documents sollicités par l'administration ;

- la décision attaquée est injustifiée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2023, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête de M. C.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouget, présidente ;

- et les observations de Mme A représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle ". Aux termes de l'article L. 262-29 du même code : " Le président du conseil départemental oriente le bénéficiaire du revenu de solidarité active tenu aux obligations définies à l'article L. 262-28 : 1° De façon prioritaire, lorsqu'il est disponible pour occuper un emploi () ou pour créer sa propre activité, soit vers [Pôle emploi], soit, si le département décide d'y recourir, vers l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-4 du code du travail ou encore vers un des réseaux d'appui à la création et au développement des entreprises (), en vue d'un accompagnement professionnel et, le cas échéant, social ; () ". En vertu de l'article L. 262-34 du même code, le bénéficiaire orienté vers Pôle emploi élabore, conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi, un projet personnalisé d'accès à l'emploi. En vertu des articles L. 262-35 et L. 262-36 du même code, le bénéficiaire orienté vers un autre organisme ou autorité conclut avec le département un contrat énumérant leurs engagements réciproques soit en matière d'insertion professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 1° de l'article L. 262-29, soit en matière d'insertion sociale ou professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 2° du même article. Enfin, aux termes de l'article L. 262-37 du même code : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ; () ".

2. Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental est chargé d'orienter le bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le cadre des démarches qui lui incombent en vertu de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles et que, sous réserve d'une orientation vers un organisme chargé de l'accès à l'emploi, un contrat doit être conclu avec le bénéficiaire afin de déterminer les engagements réciproques de ce dernier et du département en matière d'insertion. Il s'ensuit que, si le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre des actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle, la nature des engagements pris à ce titre doit figurer dans ce contrat. Le président du conseil départemental est en droit de suspendre le versement du revenu de solidarité active lorsque le bénéficiaire, sans motif légitime, soit fait obstacle à l'établissement ou au renouvellement de ce contrat par son refus de s'engager à entreprendre les démarches ou actions nécessaires à une meilleure insertion, soit ne respecte pas le contrat conclu. En revanche, il ne peut légalement justifier une décision de suspension par la circonstance que le bénéficiaire n'aurait pas accompli des démarches ou actions qui ne correspondraient pas aux engagements souscrits dans un contrat en cours d'exécution.

3. Il résulte de l'instruction que M. B C a formé auprès de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, le 6 mai 2020, une demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active. Il a été réorienté par le département des Alpes-Maritimes, le 12 juillet 2021, vers le référent RSA Etic Ouest, à Cannes. À l'occasion d'un entretien du 18 octobre 2021, M. C a conclu avec le département des Alpes-Maritimes un contrat d'engagements réciproques d'une durée d'un mois. Le requérant a de nouveau été convoqué par son référent, le 27 octobre 2021, aux fins de communication de pièces justificatives. Par un courrier du 8 novembre 2021, le département des Alpes-Maritimes a notifié à M. C une décision de suspension de ses droits au revenu de solidarité active au motif qu'il n'avait pas communiqué à son référent l'ensemble des justificatifs demandés. Si le département des Alpes-Maritimes a prononcé, le 20 janvier 2022, suite à la production par M. C des documents sollicités, la levée de sa décision de suspension, l'intéressé a toutefois formé un recours administratif à l'encontre de la décision du 8 novembre 2021 précitée, lequel a été rejeté le 7 févier 2022 par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Par la présente requête, M. C demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 7 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 8 novembre 2021 portant suspension de ses droits au revenu de solidarité active, et d'autre part, d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2021 ainsi que dans ceux relatifs au bénéfice de la prime de fin d'année.

4. Il résulte de l'instruction que M. C a conclu avec le département des Alpes-Maritimes, le 18 octobre 2021, un contrat d'engagements réciproques conditionné par la remise, avant le 17 novembre 2021, de documents justificatifs, à savoir une pièce d'identité, les quatre derniers relevés de ses comptes bancaire, une attestation de non droit à l'aide au retour à l'emploi ou à l'allocation de solidarité spécifique, un curriculum vitae, une quittance de loyer, les statuts de son activité de travailleur indépendant, un extrait Kbis et ses trois dernières déclarations du régime social des indépendants ou, à défaut, le bilan simplifié de son dernier exercice. M. C a été invité à transmettre ces documents soit par voie dématérialisée soit en mains propres. S'il soutient avoir été dans l'impossibilité de produire les pièces demandées par voie dématérialisée, il est constant qu'il ne s'est pas présenté au rendez-vous fixé le 27 octobre 2021 pour procéder à leur remise en mains propres. Dans ces conditions, et dès lors que le requérant n'a pas accompli les diligences nécessaires à la régularisation de son dossier auprès du département des Alpes-Maritimes, c'est à bon droit que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a pu, par la décision attaquée du 7 février 2022, rejeté le recours administratif préalable formé par M. C à l'encontre de la décision du 8 novembre 2021 portant suspension de ses droits au revenu de solidarité active.

5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2022 en cause et que les conclusions de sa requête doivent, par conséquent, être rejetées, y compris celles présentées à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

- Copie en sera adressée au directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.

La présidente,La greffière,

signésigné

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

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