mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201506 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CUNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars et 20 septembre 2022, M. C D et Mme B D, représentés par Me Cuny, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge des pénalités pour manquement délibéré qui leur ont été infligées au titre des années 2016 et 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la procédure est irrégulière dès lors que le service a reçu un de leurs fils, qui n'avait pas reçu de mandat de leur part ;
- à titre subsidiaire, les pénalités pour manquements délibérés ne sont pas justifiées dès lors qu'il s'agit d'une première omission laquelle résulte d'une erreur dans les montants figurant sur la déclaration de revenus et que l'administration fiscale commet elle-même des erreurs.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 août et 27 septembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction du contrôle fiscal sud-est outre-mer conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 août 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 25 octobre 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 janvier 2025 :
- le rapport de M. Loustalot-Jaubert, rapporteur,
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public,
- et les observations de Me Cuny, représentant M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D et Mme B D ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle. L'administration leur a notifié, par deux propositions de rectification respectivement du 12 décembre 2019 s'agissant de l'année 2016 et du 28 février 2020 s'agissant de l'année 2017, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et des prélèvements sociaux selon la procédure de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales et selon la procédure d'imposition d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales s'agissant des revenus d'origine indéterminée. Par deux avis d'imposition des 30 juin et 30 septembre 2021, ces rectifications ont été mises à la charge de M. et Mme D. La réclamation préalable qu'ils ont formée à l'encontre de ces rectifications ayant été rejetée, M. et Mme D demandent au tribunal à titre principal, de les décharger des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 et, à titre subsidiaire, de les décharger des pénalités pour manquement délibéré mises à leur charge.
Sur la régularité de la procédure :
2. Les requérants soutiennent que, dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, le service a reçu l'un de leurs fils, M. A D, sans les en informer et sans que ce dernier bénéficie d'un mandat afin de représenter ses parents, de sorte que la procédure est entachée d'irrégularité. Il résulte de divers documents adressés par l'administration fiscale que des rencontres entre le vérificateur et M. D, " accompagné de [son] fils, M. D A, au cours de l'entretien du 29 avril 2019 " se sont déroulées, que ce dernier a bénéficié d'un mandat pour représenter ses parents au cours des opérations de contrôle, et que d'autres entretiens ont eu lieu les 3 juin et 7 novembre 2019 puis les 13 janvier et 24 février 2020. Il résulte toutefois de l'instruction qu'au cours de ces entretiens, M. D était accompagné, puis représenté, par un autre de ses fils, M. E D, de sorte que la référence à A D, qui ne peut constituer qu'une erreur de plume, ne saurait établir le fait que le service a rencontré M. A D sans en avertir les requérants. La circonstance que la date du 7 novembre 2019 corresponde en réalité à un entretien du 4 novembre 2019 ne peut davantage établir les allégations des requérants. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en rencontrant leur fils A, le service vérificateur aurait rompu le dialogue oral et contradictoire et aurait ainsi vicié la procédure.
Sur les pénalités :
3. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
4. En vertu de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, en cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable, la preuve de la mauvaise foi ou des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. S'agissant de la pénalité pour manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
5. Pour assortir les rappels de cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus auxquelles elle a assujetti M. et Mme D de la majoration prévue au a de l'article 1729 du livre des procédures fiscales précité, l'administration a relevé que, s'agissant de l'année 2016, M. D n'a pas déclaré les dividendes, d'un montant de 23 700 euros, versés par la société dont il est le gérant, que s'agissant de l'année 2017, M. D a minoré les salaires versés par cette société de 36 474 euros, et qu'au regard de ses fonctions dans cette société, il ne pouvait ignorer ni avoir reçu de telles sommes ni leur caractère imposable. Compte tenu de l'importance et de la répétition des minorations constatées, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la volonté de M. D d'éluder l'impôt et donc du bien-fondé des pénalités pour manquement délibéré dont ont été assorties les impositions litigieuses, sans que les requérants puissent utilement se prévaloir des erreurs commises par l'administration elle-même ou de celles contenues dans les déclarations de revenus préremplies, qu'il leur appartient de vérifier.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes. Par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à la mise à la charge de l'Etat des entiers dépens doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, Mme B D et à l'administrateur général des finance publiques, directeur de la direction du contrôle fiscal sud-est outre-mer.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sorin, présidente,
Mme Raison, première conseillère,
M. Loustalot-Jaubert, conseiller,
assistés de Mme Genovese, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
Le rapporteur,
signé
P. LOUSTALOT-JAUBERTLa présidente,
signé
G. SORIN
La greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026