LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2201593

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2201593

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2201593
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET CHAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mars 2022, sous le 2201593, Mme D H née J, MM B et E H, en leur qualité d'ayants droit de M. F H, représentés par Me Ophélie Bernard, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner :

1° ) la désignation d'un expert médical spécialisé en médecine d'urgence hors département des Alpes-Maritimes afin :

- d'évaluer les préjudices que M. F H a subis à compter du 19 janvier 2021 jusqu'à son décès survenu le 20 janvier 2021 et de se prononcer sur les causes et circonstances de son décès ;

- d'évaluer les préjudices des victimes indirectes ;

- de se prononcer sur l'existence d'une éventuelle faute du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice ;

2° ) le dépôt d' un pré-rapport aux parties ;

3°) ce que de droit sur les dépens.

Les consorts H soutiennent que :

- le 14 janvier 2021, la victime âgée de 74 ans et sa famille, son épouse Mme D H, son fils majeur, M. B H et sa petite-fille ont été testés positifs en pharmacie au COVID 19 ;

- le 18 janvier 2021, un médecin généraliste, s'est présenté au domicile du fils de I H, au sein duquel ce dernier était temporairement hébergé avec son épouse, il présentait de la fièvre avec asthénie et a mis en place un suivi infirmier ;

- le lendemain à 23h51, du fait de la persistance de la fièvre malgré la prise de paracétamol,

il a été admis aux Urgences du CHU de Nice ;

- le 20 janvier 2021 à 13h40, il a été retrouvé au sol, après une chute de son brancard, en décubitus latéral droit, la tête appuyée contre la cloison du box avec une angulation à l'équerre de son rachis cervical ;

- un arrêt cardiaque est survenu suite à cette chute, nécessitant une réanimation cardio-pulmonaire

spécialisée, sans succès, son décès ayant été déclaré à 14h20 ;

- le responsable du Département d'Urgence du CHU de Nice, leur a indiqué que le décès n'était pas secondaire à une pneumonie COVID 19 mais que l'hypothèse la plus probable de sa cause était une luxation réduction du rachis responsable d'une lésion de la moelle cervicale malgré l'absence de lésion osseuse du rachis cervical sur le scanner ;

- ils s'interrogent légitimement sur les circonstances et les causes exactes du décès de leur mari et père.

Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var qui intervient pour la CPAM des Alpes-Maritimes, indique que le montant provisoire de sa créance s'élève à 2017,30 euros dans la présente instance et que feu M. H a été pris en charge au titre du risque maladie, dans l'accident médical en litige.

Par un mémoire, enregistré le 6 avril 2022, le CHU de Nice représenté par Me Sophie Chas, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et demande au juge des référés de compléter la mission d'expertise dirigée à l'encontre de l'établissement hospitalier ainsi qu'il suit:

. préciser si un éventuel manquement aux règles de l'art ou infection peuvent lui être reprochés ;

. évaluer les préjudices et débours qui en découleraient à l'exclusion de toute conséquence prévisible de la pathologie initiale, de de la prise en charge par d'autres professionnels de santé et de toute cause étrangère.

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision en date du 20 septembre 2022 par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2 . Les consorts H demandent au juge des référés de prescrire une expertise médicale contradictoire à la suite du décès de leur mari et père survenu le 20 janvier 2021 au CHU de Nice afin que soient précisés les cause et circonstances du décès et les préjudices de la victime et de ses proches pouvant résulter d'une éventuelle faute ou manquement du centre hospitalier. Les faits exposés peuvent donner lieu à un litige susceptible de relever de la compétence de la juridiction administrative. L'expertise demandée entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et revêt un caractère utile. Il convient, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 de la présente ordonnance au contradictoire des consorts H, du CHU de Nice et des CPAM des Alpes-Maritimes et du Var.

Sur le dépôt d'un pré-rapport d'expertise :

3 . Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit, ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et de le soumettre préalablement aux parties. S'agissant d'une modalité opérationnelle de l'expertise, il appartient à l'expert désigné d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions des requérants tendant à ce que le juge des référés ordonne la production d'un pré-rapport et sa communication préalable aux parties, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

4 . Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ". Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. " .

5 . Les dispositions précitées font obstacle à ce que le juge des référés se prononce sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite la demande présentée en ce sens par les requérants doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme D H née J, de MM B et E H, de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, de la caisse primaire d'assurance maladie du Var et du CHU de Nice.

Article 2 - L'expert aura pour mission :

1') de solliciter la communication de tous documents médicaux et para-médicaux nécessaires à l'accomplissement de sa mission ;

2') de prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical original de feu M. F H décédé le 20 janvier 2021 au CHU de Nice, que ce dernier lui communiquera sans délai ainsi que de tous documents relatifs aux examens, soins et interventions dont le défunt a fait l'objet notamment les traitements et les suivis depuis son hospitalisation le 19 janvier 2021 ; il pourra entendre toute personne du service hospitalier lui ayant donné des soins ;

3') d'entendre les ayants droits de feu M. H et de dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si la victime ou ses ayants droit ont reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire ;

4') de décrire l'état de santé de la victime lors de son admission au CHU de Nice, l'ensemble des lésions et maladies dont il était porteur et les soins et prescriptions antérieurs à son admission, leur évolution ainsi que les conditions dans lesquelles il a été pris en charge jusqu'à son décès et d'en préciser la ou les causes ;

5°) de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales (diagnostic, choix thérapeutiques, choix de cesser toute thérapie active) ou de soins ou des fautes dans l'organisation ou le fonctionnement des services ont été commises compte tenu des antécédents et de l'état antérieur de la victime ; de rechercher si les actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science et de se prononcer sur l'éventualité d'une absence d'administration d'un traitement ou de réalisation d'une intervention;

6°) de rechercher l'origine du décès du patient et notamment s'il résulte d'un aléa thérapeutique ou d'un manquement des services, et de préciser dans quelle mesure cela a pu impacter les conséquences prévisibles de la pathologie initiale du requérant ;

7°) d'indiquer si les fautes éventuellement constatées ont fait perdre à feu M. H une chance sérieuse de se maintenir en vie compte tenu de sa pathologie lors de son hospitalisation ; dans l'affirmative, d'évaluer cette éventuelle perte de chance ; de se prononcer sur l'information donnée par le CHU de Nice aux les ayants-droits de la victime et sur le lien de causalité éventuel entre les préjudices subis par la victime puis son décès et sa prise en charge au sein des services hospitaliers ;

8°) d'évaluer le cas échéant l'étendue des préjudices qui seraient résulté de ces fautes à l'exclusion de ceux qui ne seraient que la conséquence normale de l'état pathologique du patient, antérieur à l'intervention du service hospitalier, notamment s'agissant des préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux des ayant droits de feu M. F H ;

9°) de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie ;

L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;

Si, le cas échéant avec l'accord des parties, l'expert prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser la présidente du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.

Article 3 - Est désigné en qualité d'expert : M. le professeur A C, exerçant au 106, rue du commandant G " K 3 à Marseille (13008)

Article 4 - L'expert, après avoir prêté serment par écrit, accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.

Il déposera son rapport :

* soit en deux exemplaires, dont un original, au greffe du tribunal administratif

* soit sur la plateforme d'échange du Conseil d'Etat (https://echange.conseil-etat.fr)

dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, et en adressera simultanément un exemplaire à chacune des parties en cause, qui peut s'opérer sous forme électronique, avec leur accord.

Article 5 - Le surplus des conclusions des requérants est rejeté.

Article 6 - La présente décision sera notifiée à Mme D H née J, à MM B et E H, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au CHU de Nice et à M. le professeur A C, expert.

Fait à Nice, le 29 septembre 2022.

Patrick SOLISigné

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

2201593mgf

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions