vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201597 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL RIERA TRYSTRAM AZEMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2022, Mme C A, représentée par Me Thouvenot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2015, en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière dès lors que la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- l'administration ne pouvait pas se fonder sur l'article 111 du code général des impôts puisqu'elle n'a pas déterminé qu'elle était le maître de l'affaire ;
- l'administration a commis une erreur de droit en ne se fondant pas sur les articles 109 1° ou 2° du code général des impôts et en appliquant directement l'article 117 du code général des impôts pour retenir qu'elle était maître de l'affaire ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence et du montant des distributions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zettor,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Alexia, qui exerce une activité de prospection foncière, d'étude de faisabilité et d'assistance à maître d'ouvrage, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. Mme A, qui est l'une des deux associés de la SARL Alexia, s'est vu notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016, selon la procédure prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. Par une réclamation contentieuse du 30 novembre 2020, laquelle a été rejetée le 25 janvier 2022, Mme A a contesté ces impositions supplémentaires. Elle demande au tribunal la décharge des impositions mises à sa charge au titre de l'année 2015 à hauteur d'une somme de 26 013 euros, en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la procédure :
2.Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations de manière utile. S'agissant de revenus distribués, cette motivation peut résulter, soit de la reproduction de la teneur de la proposition de rectification adressée à la société distributrice, soit de la jonction de cette proposition de rectification en annexe du document adressé au bénéficiaire des distributions, dès lors du moins que le document concernant la société est lui-même suffisamment motivé.
3. Il résulte de l'examen de la proposition de rectification du 30 octobre 2018, notifiée à Mme A, qu'elle comporte l'indication des années d'imposition concernées, la désignation des impôts concernés, la mention des distributions des avantages et la catégorie de revenus concernées, à savoir les revenus de capitaux mobiliers résultant de revenus regardés comme distribués provenant de la SARL Alexia. Elle reprend la procédure d'imposition mise en œuvre concernant les distributions et les conséquences financières en matière d'imposition sur le revenu concernant Mme A. Elle renvoie à la proposition de rectification du 14 août 2018 notifiée à la SARL Alexia dont Mme A, gérante de droit et associée à 49%, a nécessairement eu connaissance. Elle indique précisément la nature et l'origine des sommes en cause pour chaque année en litige. Elle rappelle le cadre légal dans lequel se déroule la procédure d'imposition mise en œuvre, renvoie aux articles 108 et 111-c à 111-e du code général des impôts qui fondent les distributions après mise en demeure prévue à l'article 117 du code général des impôts. L'ensemble des éléments contenus dans la proposition de rectification adressée à Mme A a permis à celle-ci de formuler utilement ses observations auxquelles l'administration a répondu par un courrier en date du 14 février 2019. S'agissant de revenus distribués, l'administration a reproduit la teneur de la proposition de rectification adressée à la société Alexia 14 août 2018. Par suite, et alors que la proposition de rectification désigne les impôts concernés, indique les textes applicables, les années d'imposition en litige et décrit de façon détaillée les motifs qui fondent les rectifications envisagées, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée, en particulier s'agissant des textes applicables, doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () ". Aux termes de l'article 117 de ce code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution ".
5.Il résulte de l'instruction que la SARL Alexia a été invitée, dans la proposition de rectification du 14 août 2018, qui se référait à l'article 117 du code général des impôts, à désigner, dans un délai de trente jours, le ou les bénéficiaires de l'excédent des distributions résultant du rehaussement de ses bénéfices imposables, à hauteur d'une somme totale de 23 026 euros en 2015 et de 2 632 euros au titre de l'année 2016. A la suite de cette demande, le conseil de la société a désigné les deux associés, M. B et Mme A, à hauteur de leur participation dans le capital social. Une proposition de rectification a été notifiée à Mme A sur la base de cette réponse sans qu'il soit besoin pour l'administration de recourir aux dispositions de l'article 109-1-2° du code général des impôts. L'administration n'a ainsi pas eu recours à la notion de maître de l'affaire pour imposer les sommes en litige entre les mains de Mme A, désignée à hauteur de sa participation dans la société, sur le fondement des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts. Dès lors, le moyen tiré de ce que, faute de démontrer la qualité de maître de l'affaire de Mme A et d'être en présence de sommes et d'opérations individualisées, le service aurait commis une erreur de droit doit être écarté comme inopérant.
6.En deuxième lieu, pour contester les impositions mises à sa charge, la requérante soutient que l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence et du montant des distributions.
7.Il résulte de l'instruction qu'à la suite des opérations de contrôle de la SARL Alexia, l'administration a rejeté la comptabilité de la société qui était incomplète, non régulière et non probante. Dans la proposition de rectification adressée à Mme A, datée du 30 octobre 2018, l'administration fiscale se fonde sur les articles 108 et 111 c-d et e du code général des impôts et détaille les distributions des avantages en nature, à savoir des apports en compte-courant et notamment un chèque de 35 000 euros inscrit le 1er février 2015 pour lequel aucune explication n'a été apportée, la location d'un véhicule au profit de la requérante prise en charge par la SARL Alexia, des dépenses de carburant, de péages, de parkings et des frais liés au véhicule loué au nom de Mme A, qui ne possède pas de véhicule personnel. Comme il a été dit au point précédent, après avoir mis en demeure la SARL de désigner les bénéficiaires, sur le fondement des dispositions de l'article 117 du code général des impôts, Mme A a été désignée à hauteur des parts sociales qu'elle détient dans la SARL Alexia. Concernant les dépenses de réceptions, d'achats de matériaux, de produits de jardinage, de vin et de champagne, l'administration a estimé qu'elles n'avaient pas été engagées dans l'intérêt de la société. Ces éléments ont été portés à la connaissance de la société, dans la proposition de rectification du 14 août 2018, qui a été invitée à fournir des justificatifs. Ces mêmes éléments ont été repris dans la proposition de rectification adressée à Mme A, le 30 octobre 2018, reprenant dans son intégralité l'article 111 du code général des impôts pour qualifier les revenus distribués de manière occulte et imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Cette dernière en se bornant à se référer, dans la présente instance à diverses pièces produites en pièce 8, sans aucune précision ne remet pas sérieusement en cause l'existence et le montant des distributions mises à sa charge. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de l'existence et du montant des revenus distribués et le moyen tiré de l'absence d'une telle preuve doit ainsi être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Chevalier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
V. Zettor
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026