vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201870 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ANTARES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 avril 2022 et 16 janvier 2023, la société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo, représentée par Me Pascaud, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de cotisation foncières des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 à 2020, en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article 156 de la loi 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 et dès lors que les conséquences liées à un changement de méthode de détermination de la valeur locative d'un bâtiment ou terrain industriel, pour les contrôles engagés avant le 31 décembre 2019, ne peuvent valablement être mise en recouvrement après le 31 décembre 2018 ;
- l'article 156 II de la loi du 28 décembre 2018 ne vise qu'un contrôle fiscal et non un contrôle fiscal externe comme l'administration le soutient.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n°2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zettor,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020 pour un montant total de 136 230 euros à raison de biens situés ZI 9ème rue à Carros. Par une réclamation reçue le 6 janvier 2022, laquelle a été rejetée le 11 février 2022, elle a contesté les impositions mises à sa charge au titre des années en litige. La société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo demande au tribunal la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020.
Sur le droit de reprise de l'administration :
2. Aux termes de l'article L. 174 du livre des procédures fiscales : " Les omissions ou les erreurs concernant (), la cotisation foncière des entreprises () peuvent être réparées par l'administration jusqu'à l'expiration de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes des deux premiers alinéas du II de l'article 156 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 : " Pour les contribuables de bonne foi, s'agissant des conséquences liées à un changement de méthode de détermination de la valeur locative d'un bâtiment ou terrain industriel en application des articles 1499-00 A ou 1500 du code général des impôts à la suite d'un contrôle fiscal : 1° Par dérogation aux articles L. 173 et L. 174 du livre des procédures fiscales, aucun droit de reprise de l'administration n'est applicable pour les contrôles engagés avant le 31 décembre 2019 si les impositions supplémentaires correspondantes n'ont pas été mises en recouvrement avant le 31 décembre 2018 ".
3. Aux termes de l'article 156 de la loi du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 : " () II.- Pour les contribuables de bonne foi, s'agissant des conséquences liées à un changement de méthode de détermination de la valeur locative d'un bâtiment ou terrain industriel en application des articles 1499-00 1 ou 1500 du code général des impôts à la suite d'un contrôle fiscal : / 1° Par dérogation aux articles L. 173 et L. 174 du livre des procédures fiscales, aucun droit de reprise de l'administration n'est applicable pour les contrôles engagés avant le 31 décembre 2019 si les impositions supplémentaires correspondantes n'ont pas été mises en recouvrement avant le 31 décembre 2018 () ".
4. Il résulte du II de l'article 156 de la loi du 28 décembre 2018 que ces dispositions ne visent que les conséquences liées à un changement de méthode de détermination de la valeur locative d'un bâtiment ou terrain industriel à la suite d'un contrôle fiscal, résultant de l'application des articles 1499-00 A ou 1500 du code général des impôts, concernant les entreprises relevant du secteur des métiers et de l'artisanat et les bâtiments et terrains à caractère industriel.
5. Il résulte de l'instruction que, pour rehausser les bases d'imposition de la société requérante, l'administration précise dans sa lettre d'information-rôles supplémentaires cotisations foncières des entreprises 2017, 2018, 2019 et 2020 en date du 21 mai 2021, que compte tenu de la nature des activités exercées, l'évaluation de la valeur locative des immobilisations industrielles est établie selon les conditions prévues à l'article 1499 du code général des impôts, que les rectifications portent sur les années 2017 à 2020 sans qu'il soit procédé à un changement de méthode de la détermination de la valeur locative des biens situés ZI 9ème rue à Carros.
6. Si la société requérante soutient que l'administration fiscale a procédé à un changement de méthode de détermination de la valeur locative, il résulte de l'instruction que ce changement de méthode fait suite à la vérification de comptabilité effectuée en 2015, sur la période 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014, après qu'il ait été relevé des discordances entre les biens inscrits à l'actif du bilan de la société requérante ou pris en location, et ceux pris en compte pour l'établissement de cette taxe. L'administration avait alors substitué à la méthode particulière sur la base de laquelle les impositions antérieures avaient été calculées par la méthode comptable. Les suppléments d'imposition en litige sont consécutifs à l'application de cette méthode qui est restée inchangée entre la vérification comptable de la société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo effectuée en 2015 et les impositions établies en 2021 sur la base de la confirmation, le 22 avril 2021, par la société requérante que les biens situés ZI 9ème rue à Carros n'avaient subi aucune modification de consistance. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les impositions litigieuses résulteraient d'un changement de méthode de détermination de la valeur locative à la suite d'un contrôle fiscal, résultant de l'application des articles 1499-00 A ou 1500 du code général des impôts, concernant les entreprises relevant du secteur des métiers et de l'artisanat et les bâtiments et terrains à caractère industriel.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme compagnie méditerranéenne des cafés Malongo et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Chevalier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
V. Zettor
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026