mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202506 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. TAORMINA |
| Avocat requérant | SCP BERLINER DUTERTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, M. D A, représenté par Me Lacrouts, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2014-477 du 20 juin 2014 pris par lequel le préfet des Alpes-Maritimes portant interdiction de mise à disposition à fin d'habitation du logement lui appartenant, situé dans un immeuble en copropriété à Nice, 5 avenue Adolphe Isnard-Serrat, cadastré Section MO n°6, concernant les lots n°s 15 et 24, ensemble l'arrêté n° 2014-243 du 13 mars 2014 concernant le lot n°24 et la décision du 11 avril 2022 par laquelle le maire de Nice a refusé d'abroger les arrêtés préfectoraux n° 2014-243 du 13 mars 2014 et n° 2014-477 du 20 juin 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
1°) s'agissant de la recevabilité de la requête, son recours gracieux du 13 décembre 2021 n'a fait l'objet d'aucun accusé de réception formel par les services préfectoraux, en méconnaissance des dispositions de l'article L.112-3 du code des relations entre le public et l'administration ; dès lors, en application de l'article L.112-6 de ce code et des principes dégagés par le Conseil d'Etat dans son arrêt d'Assemblée Czabaj du 13 juillet 2016 (req. n° 387763), aucun délai de forclusion ne pourra être opposé ; quant au recours porté à l'encontre de la décision municipale de refus du 11 avril 2022, contesté dans le cadre du délai contentieux, il est parfaitement recevable ;
2°) sur la légalité externe de la décision municipale du 11 avril 2022 :
- il appartiendra à son signataire de justifier de sa compétence ;
- elle est dépourvue de toute motivation ;
3°) sur la légalité interne de la décision municipale du 11 avril 2022, le logement de type F2 constitué par les deux lots réunis respecte toutes les caractéristiques du logement décent telles que définies par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain ; structurellement, il s'agit de biens qui sont situés à l'entresol de l'immeuble, parce qu'ils ne sont pas totalement enfouis, et non pas au sous-sol comme cela est prétendu par l'administration ; s'il résulte de l'acte notarié (page 8) que le lot n° 15 avait une superficie de 9,05 m² et le lot n° 24 une superficie de 18,03 m², ces deux lots ont été réunis pour n'en constituer qu'un seul d'une superficie au sol de 27,94 m² après travaux ; la hauteur sous plafond est, certes, de 2,15 mètres, au lieu de 2,20 mètres normalement exigés, mais dès lors que le volume de l'appartement est supérieur à 20 m3, le logement peut être considéré comme décent ; les ouvertures dans les murs permettant d'avoir une vision sur l'extérieur représentent une surface de 15 % des murs qu'elles occupent ; le taux d'enfouissement est de 59 % (hauteur sous plafond de 2,16 mètres/bas de la fenêtre à 1,29 mètres) or, il n'existe pas de normes réglementaires (sauf celles issues du règlement sanitaire départemental) prescrivant un degré d'enfouissement maximal des locaux, la qualification de sous-sol reposant sur une appréciation concrète de la configuration du local tenant compte de son aménagement et de son niveau d'enfouissement (en tout ou partie, au-dessous du niveau du sol extérieur), ce que contrôlent les juges du fond en cas de contestation ; le règlement sanitaire départemental des Alpes-Maritimes ne pose aucun niveau/pourcentage d'enfouissement maximum ; enfin, a été renforcée l'isolation des murs de façade les murs étant parfaitement secs, à plus forte raison que l'appartement de type F2 donne sur une cour anglaise ; compte tenu de ces éléments, le maire a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ; il ressort du rapport le plus récent de M. E B du 10 septembre 2021, que les travaux qu'il a préconisés dans son précédent rapport du 14 mars 2022 ont tous été réalisés, le logement bénéficiant de toutes les commodités et aisances.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes (agence régionale de santé) conclut au rejet.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable comme tardive, les arrêtés querellés notifiés comportant les voies et délais de recours ; dès lors, le recours gracieux du 13 décembre 2021 contre ces arrêtés était tardif et n'a pu rouvrir le délai de recours contentieux ;
- à titre subsidiaire, la requête n'est pas fondée, les locaux concernés, au 2/3 enterrés, ne pouvant, même après travaux, constituer un logement et la modification de la rédaction de l'article L.1331-22 du code de la santé publique est sans incidence ; le signataire de la décision du 11 avril 2022 est dument habilité.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains ;
- le règlement sanitaire départemental des Alpes-Maritimes.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :
- le rapport de M. Taormina, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public, M. A et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit ;
1. M. D A est propriétaire, depuis le 7 septembre 2007 de deux lots de copropriété n°s 15 et 24 cadastré MO n° 0006, situé au 5, avenue Adolphe Isnard-Serrat à Nice. Par arrêté n° 2014-243 du 13 mars 2014 concernant le lot n° 24 et par arrêté n° 2014-477 du 20 juin 2014 concernant les lots n°s 15 et 24, le préfet des Alpes-Maritimes l'a mis en demeure de mettre fin à la mise à disposition desdits lots à fin d'habitation, en raison de leur caractère impropre à cette destination. Par courrier du 13 décembre 2021, M. A a demandé au préfet des Alpes-Maritimes (agence régionale de santé PACA) d'abrogé ces décisions. Par un courrier du 11 avril 2022, le maire de Nice a rejeté cette demande. M. A demande au tribunal s "'annuler ces arrêtés, ensemble la décision du 11 avril 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Alpes-Maritimes (agence régionale de santé) tirée de la tardiveté de la requête :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'annulation des arrêté préfectoraux n°2014-243 du 13 mars 2014 et n°2014-477 du 20 juin 2014 :
2. Il résulte des arrêtés querellés, que ceux-ci comportent les vois et délais de recours. Nécessairement notifiés plus de deux mois avant le 23 mai 2022, date d'enregistrement de la requête devant le tribunal de céans, les conclusions formulées par M. A à fin de leur annulation sont tardives et doivent, par suite, être rejetées.
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision municipale du 11 avril 2022 :
3. Les arrêté préfectoraux querellés produisant un effet continu sans limitation de durée, M. A était recevable à en demander n'importe quand l'abrogation. Dès lors, les conclusions de M. A, formulées à fin d'annulation de la décision du 11 avril 2022 qui n'indique au demeurant les voies et délais de recours dont elle est susceptible, par laquelle le maire de Nice a rejeté cette demande d'abrogation, sont recevables. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ces conclusions, tirées de leur tardiveté doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision municipale du 11 avril 2022 :
En ce qui concerne la légalité externe :
4. En premier lieu, il résulte de l'arrêté municipal 2021-ADM-13-VDN du 10 février 2021 du maire de Nice, que M. F C, directeur de la règlementation au sein de la direction générale adjointe proximité et sécurités, est compétent pour signer, en matière d'hygiène publique, les actes courriers et décisions de maire en matière de salubrité publique. Dès lors, la compétence du maire de Nice n'étant pas contestée, M. C avait compétence pour signer la décision du 11 avril 2022. Par suite, le moyen tiré de son incompétence manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, le courrier du 11 avril 2022 mentionne, après avoir rappelé le contrôle des locaux réalisé le 14 mars 2022 par des agents assermentés du service de l'hygiène publique, le motif en raison duquel la demande d'abrogation des arrêtés préfectoraux est rejetée. Dès lors, la décision contenue dans ce courrier est motivée et par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être rejeté.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. Aux termes, d'autre part, de l'article L.1331-22 du code de la santé publique : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre ". Aux termes de l'article L.1331-23 du même code : " Ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux, les locaux insalubres dont la définition est précisée conformément aux dispositions de l'article L.1331-22, que constituent les caves, sous-sols, combles, pièces dont la hauteur sous plafond est insuffisante, pièces de vie dépourvues d'ouverture sur l'extérieur ou dépourvues d'éclairement naturel suffisant ou de configuration exiguë, et autres locaux par nature impropres à l'habitation, ni des locaux utilisés dans des conditions qui conduisent manifestement à leur sur-occupation ". Le recours dont dispose le propriétaire ou le locataire d'un immeuble contre la décision par laquelle l'autorité préfectorale déclare cet immeuble insalubre, en application de l'article L.1331-22 du code de la santé publique, est un recours de plein contentieux. Il appartient dès lors au juge de se prononcer sur le caractère de l'immeuble en cause d'après l'ensemble des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa décision.
7. Il est constant que, nonobstant les travaux que M. A a fait réaliser, il s'agit toujours d'un local au 2/3 enterré, de sorte que, pour ce seul motif, l'administration a pu considérer qu'il ne pouvait s'agir d'un local d'habitation. M. A ne peut utilement faire valoir que le local répondrait désormais aux conditions posées par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 susvisé qui constitue une législation distincte régissant les rapports entre les propriétaires-bailleurs et les locataires, ni la modification de la rédaction des dispositions précitées du code de la santé publique, sans incidence sur l'appréciation de la salubrité des logements. Dès lors, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision municipale du 11 avril 2022 rejetant sa demande d'abrogation des arrêtés préfectoraux susvisés. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ensemble ses conclusions formulées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la ministre du travail de la santé et des solidarités.
Copie sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes, à l'agence régionale de santé Provence Alpes Côte d'Azur et à la commune de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
signé
G. Taormina
La greffière,
signé
S. Genovese
La République mande et ordonne à la ministre du travail de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2202506
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026