vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202516 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la taxe sur les logements vacants à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 en raison d'un appartement situé sur le territoire de la commune d'Antibes.
Elle soutient qu'elle n'est pas redevable de la taxe dès lors que son bien immobilier, donné en location au titre des années en litige, ne trouvait pas preneur et que sa vacance ne lui est donc pas imputable.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, propriétaire d'un bien immobilier situé 1172 Route de Grasse à Antibes, a été assujettie à des cotisations de taxe sur les logements vacants au titre des années 2020 et 2021 pour des montants de 971 euros et 974 euros à raison de la vacance de ce bien. Elle demande au tribunal la décharge de ces impositions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 232 du code général des impôts : " I.- La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements (). / II.- La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition () / VI.- La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ".
3. Il résulte de ces dispositions, telles qu'interprétées par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 98-403 DC du 29 juillet 1998, que ladite taxation ne peut frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur. Ne sauraient être assujettis à cette taxe des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ d'application de la taxe sur les logements vacants prévue par l'article 232 précité du code général des impôts.
5. Il est constant que l'appartement de Mme A était vacant depuis au moins un an au 1er janvier 2020 et au 1er janvier 2021. S'il résulte de l'instruction que l'intéressée à mis en location son bien dès février 2018 et a conclu, à cette fin, un mandat avec une agence immobilière, qu'elle a ensuite publié une annonce sur le site " le bon coin " le 23 avril 2019, il n'est pas contesté que la première visite est intervenue uniquement le 11 mai 2019. Si elle soutient qu'aucun locataire n'a été trouvé par l'agence immobilière en dépit des baisses de loyers pratiquées, elle ne justifie pas des diligences accomplies par cette agence pour procéder à la location. Par ailleurs, la production de captures d'écran des emails reçus à la suite de la publication de l'annonce sur le site " le bon coin ", d'échanges de courriels indiquant que des visites pourraient être organisées à certaines dates et de deux refus de prendre à bail l'appartement en mai 2019 et juin 2020 ne sont pas de nature à démontrer que Mme A ait effectué l'ensemble des diligences nécessaires en vue de la prospection auprès de la clientèle potentielle des locataires. Pour justifier l'absence de preneurs, Mme A ne saurait utilement se prévaloir, des perturbations qu'auraient générés les travaux d'aménagement du bus tram Antibes Sophia Antipolis dès lors qu'il ne ressort d'aucun des documents produits que cela a constitué un obstacle à la prise à bail du bien qui ne se situe pas, en outre, à proximité immédiate de ces travaux. De la même façon, cette absence de location ne saurait être imputée à la crise sanitaire. Enfin, en l'absence de tout élément produit par Mme A permettant d'apprécier l'état de son bien et alors que des travaux de rénovation ont été entrepris au titre de l'année 2018, il ne résulte pas de l'instruction que celui-ci n'aurait pas été habitable au 1er janvier des années d'imposition.
6. La vacance du bien de Mme A ne pouvant, dans ces conditions, être regardée comme indépendante de sa volonté, c'est à bon droit que l'administration l'a assujettie à la taxe sur les logements vacants au titre des années 2020 et 2021.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à la décharge des cotisations de taxe sur les logements vacants auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Chevalier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
C. Chevalier
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
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