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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2202616

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2202616

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2202616
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat M. TAORMINA
Avocat requérantDEMES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, M. A B et la MAIF, représentés par Me Tarlet, demandent au tribunal :

1°) de condamner la Ville de Nice à payer :

- à la MAIF, assureur subrogé dans les droits de son assuré, en application des dispositions de l'article L.121-12 du code des assurances, la somme de 4 745 euros payé à M. B en réparation des dommages causés à son véhicule automobile ;

- à M. B la somme de 500 euros représentant la franchise laissée à sa charge, outre une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral ;

2°) de condamner la Ville de Nice à leur payer la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'accès restreint de la place Saint François à Nice, par la présence de plots escamotables qui se sont relevés et ont entraîné la chute de M. B lors de son passage à motocyclette, n'était pas règlementairement et correctement signalé, situation qui participe au défaut d'entretien normal de l'installation.

Par deux mémoires en défense et intervention forcée enregistrés le 11 avril 2023, la commune de Nice, représentée par Me Jacquemin, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, pour le cas où sa responsabilité serait retenue, à ce que la SAS SATELEC et la SARL CREAZUR06 soient condamnée à la garantir du paiement des sommes mises à sa charge, et en tout état de cause, de condamner M. B et la MAIF à lui payer la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- que la matérialité du sinistre et le lien de causalité dont la preuve incombe à M. B ne sont pas établis ; il en va de même du dysfonctionnement allégué ; en tout état de cause, M. B a pénétré dans une zone à accès restreint sans avoir respecté la procédure de passage des bornes incriminées ; il n'a pas non plus respecté les panneaux indicateurs qui restreignent l'accès des rues concernés par ce dispositif aux piétons, riverains et commerçants ; le passage n'est autorisé que pour un véhicule à la fois, chaque conducteur devant, à son tour, suivre la procédure d'accès par badge ou après appel à la borne d'appel ;

- en tout état de cause, les bornes sont entretenues par la SAS SATELEC et la SARL CREAZUR06 est chargé de la signalisation.

Le 12 avril 2023, la procédure a été communiquée à la SAS SATELEC et à la SARL CREAZUR06 qui n'ont pas enregistré de mémoire.

Par ordonnance du 22 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 avril 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Taormina en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,

- les conclusions de M. Patrick Soli, rapporteur public,

- et les observations de Me Brillet pour M. B et la Maif et de Me Bessis-Osty, représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B expose que le 13 avril 2022, alors qu'il empruntait la place Saint François à Nice sur sa motocyclette, il aurait été déséquilibré par des plots escamotables qui se seraient intempestivement relevés lors de son passage. Par courrier du 2 mars 2022, il a formulé, par l'intermédiaire de son assureur la MAIF, une demande d'indemnisation de son préjudice rejetée par la Ville de Nice par courrier du 4 avril 2022. M. B et la MAIF demandent au tribunal de condamner la commune de Nice à leur payer, à M. B une somme totale de 1 500 euros en réparation de son préjudice résiduel, et à la MAIF une somme de 4 745 euros en remboursement de la somme qu'elle a réglée à son assuré M. B. La Ville de Nice demande au tribunal de condamner la SAS SATELEC et la SARL CEAZUR06 à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

Sur la responsabilité de la Ville de Nice :

2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage ou son concessionnaire, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le tribunal, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur eux, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage ou au concessionnaire de l'ouvrage, soit d'établir qu'ils ont normalement entretenu l'ouvrage, soit l'existence d'une force majeure, soit de démontrer la faute de la victime.

3. Il résulte de l'instruction, que M. B qui demeure à Nice et n'ignore pas la configuration du lieu où il allait s'engager avec sa motocyclette, qu'il s'est engagé place Saint François dont, malgré l'insuffisance objective de signalisation de la présence de plots escamotables au moment de l'accident, il ne pouvait ignorer que l'accès était restreint, sans avoir prêté attention à la présence d'une borne d'appel équipée de feux de signalisation parfaitement visible pour un conducteur de véhicule terrestre à moteur prudent et avisé, ni avoir respecté la procédure de passage des plots qui imposait aux usagers de la voirie conduisant à cette place non munis d'un badge d'accès, comme c'était son cas, de se signaler préalablement à la borne d'appel. Dès lors, les dommages dont il a été victime, ayant été exclusivement causés par son imprudence, M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la Ville de Nice. Par suite, les conclusions indemnitaires de M. B et de la MAIF ne peuvent qu'être rejetées.

Sur l'appel en garantie formulée par la Ville de Nice contre la SAS SATELEC et la SARL CREAZUR06 :

4. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point précédent, il y a lieu de rejeter l'appel en garantie formulé par la Ville de Nice à l'encontre de la SAS SATELEC et de la SARL CREAZUR06 qui doivent, par suite, être mises hors de cause.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :

5. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".

6. Ces dispositions font obstacle à ce que la Ville de Nice qui n'est pas partie perdante, soit condamnée à payer à M. B et à la MAIF une somme au titre des frais exposés par ceux-ci et non compris dans les dépens.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B et de la MAIF une somme au titre des frais exposés par la Ville de Nice et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B et de la MAIF est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la Ville de Nice formulées en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La SAS SATELEC et la SARL CREAZUR06 sont mises hors de cause.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la MAIF, à la commune de Nice, à la SAS SATELEC et à la SARL CREAZUR06.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.

Le magistrat désigné,

signé

G. Taormina

Le greffier,

signé

L. Bianchi

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

N°2202616

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