lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202646 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
| Avocat requérant | CHARAMNAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, Mme B F, épouse C, représentée par Me Léa Charamnac, avocate au barreau de Nice, demande au tribunal :
* de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
* d'annuler la décision en date du 5 avril 2022 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
* d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à un réexamen de son dossier dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
* de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991
* de condamner l'État aux entiers dépens.
Mme F soutient que la décision attaquée est entachée :
* d'insuffisance de motivation ;
* d'erreur de fait ;
* de méconnaissance des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
* d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;
* et les observations de Mme E pour le préfet des Alpes-Maritimes
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a saisi la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation pour être dépourvue de logement ou être hébergée chez un particulier. Par une décision en date du 5 avril 2022 la commission de médiation a considéré que si la requérante est dépourvue de logement depuis le 25 octobre 2021, l'examen de son recours amiable a révélé que la situation de l'intéressée ne semble pas lui permettre d'occuper de façon pérenne un logement autonome eu égard à son parcours d'hébergement précaire depuis son arrivée en France en 2012 et qu'à titre transitoire, un accompagnement social dispensé dans une structure d'hébergement, type logement de transition, est une solution plus adapté à sa situation et que Mme F est invitée à se rapprocher de son travailleur social de secteur pour suite à donner à sa demande. Mme F demande l'annulation de la décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 5 avril 2022 en ce qu'elle ne l'a pas reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence avec ses trois enfants dans un logement répondant à ses besoins et capacités.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante a déposé une demande d'aide juridictionnelle et il n'est pas justifié d'un cas d'urgence. Par suite, les conclusions de Mme F aux fins de son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 5 avril 202Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête
4. Mme F soutient que la commission de médiation des Alpes-Maritimes a entaché sa décision d'erreur de fait en considérant que sa situation ne lui permettait pas d'occuper de façon pérenne un logement autonome eu égard à son parcours d'hébergement précaire depuis son arrivée en France en 2012, après s'être mariée en Algérie, et qu'elle a vécu chez son époux propriétaire du domicile conjugal en France jusqu'à ce qu'elle le quitte, avec ses enfants, le 25 octobre 2021 à la suite de violences conjugales. La requérante produit l'ordonnance prise le 12 novembre 2021 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Nice lui accordant le bénéfice de la protection dont il ressort que Mme F s'est marié le 10 novembre 2011 à Setif en Algérie. Par ailleurs l'ainé des enfants, D, est né à Nice le 29 avril 2013. En défense, le préfet fait valoir que la solution retenue par la commission de médiation d'un logement de transition tient compte du fait que la requérante n'a pas d'expérience en matière de gestion d'une location. Cependant, la commission de médiation n'a pas motivé sa décision sur cette circonstance et, en tout état de cause, une expérience en matière de gestion d'une location ne constitue pas un critère pour pouvoir bénéficier d'un logement social. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante a connu un parcours d'hébergement précaire avant le 25 octobre 2021, date à laquelle elle s'est trouvée sans domicile fixe pour avoir quitté le domicile conjugal. En outre, il n'est pas contesté que la requérante a résidé depuis son arrivée en France au domicile de son époux, propriétaire du domicile conjugal. Par suite, en considérant que Mme F avait connu un parcours d'hébergement précaire depuis son arrivée en France en 2012, la commission de médiation a entaché sa décision d'erreur de fait. Il s'ensuit que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision en date du 5 avril 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " et aux termes des dispositions de l'article L. 911-3 du même code : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. "
6. Eu égard au motif d'annulation énoncé précédemment, le présent jugement implique nécessairement que le préfet des Alpes-Maritimes procède à un réexamen du recours amiable de Mme F. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative
Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme F de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à ce que l'État soit condamné aux dépens
8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'État peut être condamné aux dépens ".
9. Aucune des mesures d'instruction visées par ces dispositions n'ayant été décidée, les conclusions tendant à ce que l'État soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 5 avril 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à un nouvel examen du recours amiable de Mme F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : L'État versera la somme de 1 000 (mil) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme B F, épouse C, à Me Léa Charamnac et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
D. ALe greffier,
Signé
J. DAVIGHI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026