jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202796 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | VERGELONI CÉLINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, sous le n° 2202796, Mme E A, représentée par Me Bovis, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer les causes et les conséquences de l'aggravation de son état de santé qu'elle impute aux interventions chirurgicales réalisées sur son genou gauche au Centre Hospitalier (CH) de Cannes ; la mission confiée à l'expert devant permettre de déterminer l'étendue de ses préjudices en résultant.
Mme A soutient que :
- suite au descellement de la prothèse totale de genou gauche posée en 1998 à la Clinique du Parc à Toulouse, elle subissait une seconde intervention le 20/11/2013 au CH de Cannes ;
- alors que les suites opératoires étaient indiquées comme étant simples sur le plan orthopédique, elle continuait à ressentir de vives douleurs dans le genou ;
- le 29/03/2018 une troisième intervention était réalisée au CH de Cannes, consistant dans la pratique d'une ostéotomie, d'une ascension de la TTA, et du changement du bouton rotulien ;
- les suites opératoires s'avéraient délicates et les douleurs persistantes ;
- le 05/07/2018 lors d'une nouvelle intervention chirurgicale réalisée au CH de Cannes consistant en une reprise de l'ostéotomie de la TTA avec abaissement de cette dernière, était constatée une fracture séparant la TTA, de la baguette tibiale ;
- une cinquième intervention chirurgicale réalisée le 23/08/2018 consistait dans le changement de vis de la TTA, mal positionnée, ce qui lui occasionnait des douleurs ;
- le 17/05/2019 une sixième intervention était pratiquée afin de retirer le matériel d'ostéosynthèse, celui-ci lui provoquant une gêne fonctionnelle importante ;
- après une ponction articulaire réalisée le 14/06/2021 étaient réalisées le 30/06/2021 une dépose de la prothèse totale de genou, ainsi qu'une arthrodèse ;
- malgré ces interventions elle subissait des douleurs importantes dans le genou, et voyait ses capacités fonctionnelles réduites conservant de nombreuses séquelles ;
- sa demande d'expertise est justifiée notamment par l'interrogation sur d'éventuelles fautes médicales, au regard des reprises chirurgicales successives intervenues dans un temps très court.
Par un mémoire, enregistré le 15 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var qui intervient pour la CPAM des Alpes-Maritimes, représentée par Me Vergeloni, indique que le montant provisoire de ses débours s'élève à 34 425,67 € au 13 juin 2022 pour la présente instance et s'en remet au juge des référés sur la demande d'expertise en lui demandant de réserver ses droits.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2022, le CH de Cannes, intervenant également en qualité de commettant des docteurs D, B et C, représenté par Me Calvini, demande au juge des référés :
- d'ordonner la mise hors de cause des docteurs D, B et C, intervenus au titre de leur activité dans le secteur public au sein de son établissement ;
- de lui donner acte de ses protestations et réserves de responsabilité et de garantie d'usage en la matière ;
- d'étendre la mission de l'Expert à intervenir comme détaillé ci-dessous ;
- de débouter tous concluant de ses demandes plus amples ou contraires ;
- d'ordonner que les dépens et frais irrépétibles demeureront à la charge de la partie qui les a engagés.
Le CH de Cannes précise que la mission de l'expert devra porter sur les points suivants :
" * rechercher s'il existe un quelconque manquement aux règles de l'art pouvant lui être imputable;
* dans cette hypothèse de distinguer les préjudices strictement imputables, avec ledit manquement à l'exclusion des séquelles et préjudices imputables aux conséquences normalement prévisibles de la pathologie initiale de la requérante des préjudices imputables à son état antérieur ou à des causes étrangères ;
* dans l'hypothèse où serait relevé une infection pouvant lui être imputable :
. de préciser si les mesures d'asepsie ont été correctement respectée, si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale et si elle pouvait raisonnablement être évitée ;
. de distinguer les préjudices en rapport exclusif avec cette infection à l'exclusion des séquelles imputables à l'état initial de la patiente, ou à d'autres causes ou pathologies,
. de préciser si cette éventuelle infection a pu être à l'origine d'une perte de chance d'éviter les séquelles, et, dans cette hypothèse, de la chiffrer ;
* dans l'hypothèse où serait relevé un retard de diagnostic pouvant lui être imputable, de préciser:
. si celui-ci était difficile à établir et dans la négative, si le retard de diagnostic a été à l'origine d'une perte de chance réelle et sérieuse pour la patiente d'éviter les séquelles ;
. de déterminer les débours et frais médicaux en relation directe, certaine et exclusive avec cet éventuel manquement en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;
* convoquer les parties uniquement après avoir obtenu le relevé des débours de l'organisme social, qui sera à diffuser au contradictoire ".
Par un mémoire enregistré le 20 juin 2022, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saidji, demande au juge des référés :
- de prendre acte qu'il ne s'oppose pas au bien-fondé de sa mise en cause, sous ses protestations et réserves d'usage, la mission d'expertise devant être complétée comme précisé ci-dessous ;
- de statuer ce que de droit sur les dépens.
L'ONIAM expose que :
- établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère chargé de la santé, sa mission d'indemnisation porte sur les accidents médicaux non fautifs, les affections iatrogènes et les infections nosocomiales ;
- le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale s'ouvre lorsque la responsabilité d'un professionnel de santé n'est pas engagée et à certaines conditions explicitées à l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique ainsi que dans le décret n° 2003-314 publié le 4 avril 2003 et codifié à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique ;
- la mission confiée à l'expert devra porter sur les points suivants :
" Convoquer et entendre les parties et tout sachant.
Se faire communiquer l'intégralité du dossier médical de Madame E A et
veiller à sa communication contradictoire préalablement à la réunion d'expertise.
Reconstituer l'ensemble des faits ayant conduit à la présente procédure.
Décrire tous les soins, investigations et actes annexes qui ont été dispensés et préciser par qui ils ont été pratiqués, la manière dont ils se sont déroulés et dans quel établissement ils ont été dispensés.
Dire si les actes réalisés notamment dans l'établissement du diagnostic, dans le choix de la thérapie, dans la délivrance de l'information, dans la réalisation des actes et des soins et dans la surveillance, ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale à l'époque où ils ont été réalisés.
De manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation du service ont été commises.
Dire si les préjudices subis sont directement imputables à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins ou d'abstention de soins, et le cas échéant, déterminer lesquels.
Dire s'il existe un lien de causalité entre la prise en charge de Madame E A et le dommage dont elle se plaint.
Dire quelles sont les causes possibles de ce dommage et rechercher si d'autres pathologies ont pu interférer sur les évènements à l'origine de la présente expertise et expliquer en quoi elles ont pu interférer.
Dire quel a été le rôle de la pathologie initiale dans la réalisation du dommage.
Déterminer si l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que les conséquences probables de la pathologie présentée en l'absence de traitement.
Dire que l'expert rédigera un pré-rapport qui sera adressé aux parties aux fins d'observations auxquelles il sera répondu dans le rapport définitif. "
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de sécurité sociale ;
-le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 10 octobre 2022 de la présidente du tribunal portant délégation pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'expertise dirigées contre les docteurs Jacques D, Pierre-Marie B et François C :
1 - Si les fautes commises par un agent public dans l'exercice de ses fonctions sont susceptibles d'engager la responsabilité de l'administration devant le juge administratif, en revanche, il n'appartient pas à la juridiction administrative de se prononcer sur des conclusions mettant en cause la responsabilité personnelle d'un agent public. Par suite, les conclusions des parties aux fins d'expertise dirigées à titre personnel contre des médecins hospitaliers intervenus au titre de leur activité en secteur public, doivent être rejetées comme insusceptibles de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative sans que cette circonstance fasse obstacle à ce que l'expert éventuellement nommé les entende, s'il l'estime utile, à titre de sachants.
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
2 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
3 . Mme E A demande au juge des référés de prescrire une expertise médicale afin de déterminer les causes de l'aggravation de son état de santé et les différents préjudices qu'elle subis à la suite des interventions chirurgicales réalisées sur son genou gauche entre 2013 et 2021 au CH de Cannes. Les faits exposés peuvent donner lieu à un litige susceptible de relever de la compétence de la juridiction administrative. L'expertise demandée entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et revêt un caractère utile, il convient, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 de la présente ordonnance au contradictoire du CH de Cannes, de l'ONIAM, des CPAM des Alpes-Maritimes et du Var.
Sur le dépôt d'un pré-rapport d'expertise :
4 . Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit, ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et de le soumettre préalablement aux parties. S'agissant d'une modalité opérationnelle de l'expertise, il appartient à l'expert désigné d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de l'ONIAM tendant à ce que le juge des référés ordonne la production d'un pré-rapport et sa communication préalable aux parties, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
5 . Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ".
6 . Il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, par suite, les conclusions présentées par le CH de Cannes et l'ONIAM, relatives aux dépens doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme E A, de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, de la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au CH de Cannes, à M. le docteur D, à M. le docteur B, à M. le docteur C, et de l'ONIAM.
Article 2 - L'expert aura pour mission :
1') de solliciter la communication de tous documents médicaux et paramédicaux nécessaires à l'accomplissement de sa mission ; de prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical original de Mme A que le CH de Cannes lui communiquera sans délai notamment tous documents relatifs aux examens, soins et aux interventions chirurgicales dont elle a fait l'objet à compter de 2013 sur son genou gauche les traitements postopératoires et les suivis ; il pourra entendre toute personne du service hospitalier lui ayant donné des soins et préciser, le cas échéant, les soins et actes médicaux et chirurgicaux dont il aurait fait l'objet dans d'autres établissements;
2') de reconstituer l'histoire médicale de la requérante en relation avec la pose d'une prothèse au genou gauche, de l'examiner puis de décrire son état de santé lors de son admission au CH de Cannes et de décrire son état de santé actuel ;
3') de décrire les conditions dans lesquelles Mme A a été opérée et prise en charge au CH de Cannes depuis 2013 et dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si elle a été informée des conséquences normalement prévisibles des actes médicaux pratiqués et si elle a été ainsi mise à même de formuler un consentement éclairé ; préciser si elle a reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire et en cas de défaut d'information, rechercher, si faire se peut, dans quel délai une évolution vers des conséquences graves était susceptible d'intervenir si la patiente refusait de subir les interventions précitées ;
4') de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales (diagnostic, choix de la thérapie ..) ou de soins ou des fautes dans l'organisation ou le fonctionnement des services ont été commises lors des hospitalisations de la requérante compte tenu de ses antécédents médicaux et de son état antérieur ; dans ce cas, préciser les conséquences de cet accident médical et en spécifier leur caractère de gravité au regard de la pathologie initiale de la requérante et de son évolution prévisible ; de rechercher si son état de santé résulte d'un manquement des services ou d'un aléa thérapeutique ; dans ce cas , préciser en quoi ces derniers ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre à la requérante des chances de les éviter et évaluer l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ; de déterminer le lien de causalité entre les préjudices subis par la requérante et les actes médicaux réalisés ;
5°) dans l'hypothèse où serait relevé une infection, après avoir déterminé son imputabilité :
. préciser si les mesures d'asepsie ont été correctement respectée, si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale et si elle pouvait raisonnablement être évitée ;
. de distinguer les préjudices en rapport exclusif avec cette infection à l'exclusion des séquelles imputables à l'état initial de la patiente, ou à d'autres causes ou pathologies,
. de préciser si cette éventuelle infection a pu être à l'origine d'une perte de chance d'éviter les séquelles, et, dans cette hypothèse, la chiffrer ;
6°) d'évaluer, le cas échéant :
- l'étendue des préjudices qui en ont résulté à l'exclusion de ceux qui ne seraient que la conséquence normale de l'état pathologique de la victime, antérieur aux interventions du service hospitalier :
· durée du Déficit Temporaire Total ou Partiel,
· date de consolidation de son état de santé,
· pourcentage du Déficit Permanent Partiel,
· troubles dans les conditions d'existence indépendamment ou non de leurs conséquences pécuniaires
. les importances respectives des souffrances physiques endurées, du préjudice d'agrément, des éventuels préjudices esthétique, sexuel et perte de chance réelle et sérieuse pour la patiente d'éviter les séquelles présentées après son admission au centre hospitalier ;
- si le centre hospitalier ne devait pas lui apporter d'autres soins ou prescriptions pour éviter la persistance des séquelles qu'elle présente ;
7°) de préciser, si besoin est les frais futurs, médicaux ou d'aménagement et si l'état de la victime est susceptible de modification en aggravation ou amélioration : dans l'affirmative, de donner au tribunal toutes précisions utiles sur cette évaluation, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel devra y être procédé ;
8°) de dire si malgré son déficit permanent, la victime est au plan médical, physiquement et intellectuellement apte à reprendre dans les conditions antérieures ou autres, les activités qu'elle exerçait avant les interventions ou prises en charges sus-indiquées ; donner tous renseignements sur la nécessité de l'aide d'une tierce personne et, dans ce cas, en définir les conditions ;
9°) de déterminer les débours et frais médicaux en relation directe avec cette éventuelle faute médicale en les distinguant de ceux imputables à l'état initial et de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie ;
L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;
Si, le cas échéant avec l'accord des parties, l'expert prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser le président du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.
Article 3 - Est désigné en qualité d'expert :
M. G F exerçant à Nice (06000) au 23, rue Edouard Beri.
Article 4 - L'expert, après avoir prêté serment par écrit, accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.
Il déposera son rapport :
* soit en deux exemplaires, dont un original, au greffe du tribunal administratif
* soit sur la plateforme d'échange du Conseil d'Etat (https://echange.conseil-etat.fr)
dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, et en adressera simultanément un exemplaire à chacune des parties en cause, qui peut s'opérer sous forme électronique, avec leur accord.
Article 5 - Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 - La présente décision sera notifiée Mme E A, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au CH de Cannes, à M. le docteur D, à M. le docteur B, à M. le docteur C, à l'ONIAM et à M. G F, expert.
Fait à Nice, le 3 novembre 2022.
Pour la Présidente,
Le Vice-Président
signé
Frédéric Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
2202796mgf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026