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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2202801

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2202801

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2202801
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET
Avocat requérantMOUTOUSSAMY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2202801, Mme G F, représentée par Me Moutoussamy, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état des écritures :

1°) d'annuler le titre n° 8903 émis et rendu exécutoire le 17 août 2021 par le président du conseil départemental des Alpes Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 110 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 110 euros ;

3°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui restituer les sommes déjà recouvrées ;

4°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le bordereau n'a pas été signé ;

- le titre exécutoire ne mentionne pas les nom, prénom et qualité du signataire ;

- l'avis de sommes à payer ne précise pas les modalités de liquidation de la dette poursuivi et est entaché d'une insuffisance de motivation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2022.

II. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2202802, Mme G F, représentée par Me Bapceres, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 12 juin 2017 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros pour l'année 2015 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 274,41 euros ;

3°) d'enjoindre la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes à restituer les sommes déjà recouvrées ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes et de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- cette décision procède d'une erreur de droit dans la mesure où la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes ne démontre pas l'existence d'une fin de droits au revenu de solidarité active ;

- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'agent ayant procédé au contrôle n'était ni assermenté, ni agréé ;

- cette décision est infondée dès lors que la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'établit pas en quoi elle n'aurait pas droit au bénéfice de la prime exceptionnelle de fin d'année.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, représentée par son directeur général en exercice, conclut d'une part à l'irrecevabilité de la requête, et d'autre part au non-lieu à statuer.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- la décision contestée a disparu de l'ordonnancement juridique dès lors qu'une remise totale de la dette en litige a été accordée.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2022.

III. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juillet 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2203579, Mme G F, représentée par Me Moutoussamy, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 1 000 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 1 000 euros ;

3°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui restituer les sommes déjà recouvrées ;

4°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- cette décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence de composition régulière de l'équipe pluridisciplinaire ;

- cette décision ne respecte pas le principe du contradictoire et les droits de la défense ;

- cette décision méconnait les principes d'individualisation et de proportionnalité de la sanction ;

- elle n'a pas entendu se livrer à une fausse déclaration ou à une fraude ;

- elle a le droit à l'erreur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juin 2022.

IV. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juillet 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2203583, Mme G F, représentée par Me Bapceres, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 2 février 2022 relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 8 699,28 euros, pour la période allant de septembre 2020 à août 2021 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 8 699,28 euros ;

3°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui restituer les sommes déjà recouvrées ;

4°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- cette décision est entachée d'un premier vice de procédure, faute pour le département des Alpes-Maritimes d'avoir saisi la commission de recours amiable ;

- le département des Alpes-Maritimes ne démontre pas l'existence du versement effectif des sommes dont il se prétend créancier ;

- cette décision ne précise pas les modalités de liquidation de l'indu ni le calcul de ce dernier ;

- cette décision est entachée d'un second vice de procédure dès lors que l'agent ayant procédé au contrôle n'était ni assermenté, ni agréé ;

- le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes s'est prononcé sur une remise de dette alors que le recours portait sur le bien-fondé de l'indu ;

- cette décision est infondée car se basant sur des faits erronés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juin 2022.

V. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juillet 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2203584, Mme G F, représentée par Me Bapceres, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté le recours administratif préalable formé le 19 juillet 2022 contre un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 232,98 euros ;

2°) d'annuler le titre émis et rendu exécutoire le 29 avril 2022 par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 1 014,50 euros ;

3°) d'annuler le titre émis et rendu exécutoire le 15 juin 2022 par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 1 000 euros ;

4°) de la décharger de l'obligation de payer ces sommes ;

5°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui restituer les sommes déjà recouvrées ;

6°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Concernant la décision du 19 juillet 2022 relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 232,98 euros :

- cette décision est entachée d'un premier vice de procédure, faute pour le département des Alpes-Maritimes d'avoir saisi la commission de recours amiable ;

- le département des Alpes-Maritimes ne démontre pas l'existence du versement effectif des sommes dont il se prétend créancier ;

- cette décision ne précise pas les modalités de liquidation de l'indu ;

- cette décision est entachée d'un second vice de procédure dès lors que l'agent ayant procédé au contrôle n'était ni assermenté, ni agréé ;

- cette décision est infondée dès lors que le département des Alpes-Maritimes n'établit pas les manquements qui lui sont reprochés ;

Concernant les titres exécutoires des 29 avril 2022 et 15 juin 2022 :

- les bordereaux n'ont pas été signés ;

- les avis de sommes à payer et les bordereaux ne mentionnent pas les mêmes noms, prénoms et qualités des auteurs ;

- les avis de sommes à payer ne précisent pas les modalités de liquidation de la dette poursuivie et sont entachés d'une insuffisance de motivation ;

- l'action en recouvrement concerne des faits prescrits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le recours administratif préalable formé à l'encontre de la décision du 27 mai 2020 est tardif ;

- les conclusions dirigées contre la décision du 27 mai 2020 sont irrecevables dès lors qu'une décision implicite de rejet s'est substituée à cette décision ;

- l'indu de revenu de solidarité active est fondé ;

- les moyens dirigés contre les titres exécutoires n° 2022-830-6586 et n° 2022-1064-9115 ne sont pas fondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2022.

VI. - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 juillet 2022 et 5 mars 2024 sous le n° 2203598, Mme G F, représentée par Me Bapceres, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 2 février 2022 relatif à un indu de prime d'activité, d'un montant initial de 645,48 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme relative à l'indu de prime d'activité ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes de lui restituer les sommes déjà recouvrées ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- cette décision est entachée d'un premier vice de procédure, faute pour le département des Alpes-Maritimes d'avoir saisi la commission de recours amiable ;

- la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes ne démontre pas l'existence du versement effectif des sommes dont il se prétend créancier ;

- cette décision ne précise pas les modalités de liquidation de l'indu ;

- cette décision est infondée car se basant sur des faits erronés et elle remplissait les conditions d'attribution de la prime d'activité ;

- cette décision est entachée d'un second vice de procédure dès lors que l'agent ayant procédé au contrôle n'était ni assermenté, ni agréé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête, comme étant à titre principal irrecevable, et à titre secondaire non-fondée.

Elle soutient qu'il n'y a pas eu de recours administratif préalable obligatoire, et que les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 octobre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouget, présidente ;

- et les observations de M. E, représentant le département des Alpes-Maritimes.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme G F demande au tribunal d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 2 février 2022 relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 8 699,28 euros, d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté son recours administratif préalable formé le 19 juillet 2022 contre un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 232,98 euros, d'annuler la décision du 12 juin 2017 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros, d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 1 000 euros, d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 2 février 2022 relatif à un indu de prime d'activité d'un montant initial de 645,48 euros, d'annuler le titre n° 8903 émis et rendu exécutoire le 17 août 2021 par le président du conseil départemental des Alpes Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 110 euros, d'annuler le titre émis et rendu exécutoire le 29 avril 2022 par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 1 014,50 euros et d'annuler le titre émis et rendu exécutoire le 15 juin 2022 par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes en vue du recouvrement d'une somme de 1 000 euros. La requérante demande également la décharge de l'ensemble des sommes en litige et le remboursement des sommes déjà recouvrées.

Sur la jonction :

2. Les requêtes présentées par Mme F, qui concernent la situation d'une même allocataire, présentent à juger des questions connexes et font l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur l'exception de non-lieu soulevée à l'encontre des conclusions dirigées contre la décision du 12 juin 2017 relative à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année, d'un montant de 274,41 euros pour l'année 2015 :

3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 16 mars 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a accordé à l'intéressée la remise totale de sa dette de prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2015. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes doit être accueillie.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Concernant la décision de rejet implicite du recours administratif préalable obligatoire formé le 19 juillet 2022 relatif à un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 232,98 euros :

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

5. La consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestation relative au revenu de solidarité active formée auprès du président du conseil départemental est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 5 mars 2020 entre le département des Alpes-Maritimes et la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, les recours administratifs en matière de contestation relative au bien-fondé de l'indu ne sont pas soumis pour avis à la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine préalable de la commission de recours amiable ne pourra qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1302 du code civil : " Tout paiement suppose une dette ; ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution () / ".

7. En l'espèce, Mme F soutient que l'administration ne démontre pas le paiement effectif des sommes qu'elle entend répéter. Toutefois, dans sa réclamation adressée le 19 juillet 2022 au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, l'intéressée, qui n'a nullement contesté avoir perçu les sommes dont le remboursement lui est demandé, s'est bornée à contester le bien-fondé de l'indu. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le département des Alpes-Maritimes ne démontrerait pas le versement effectif des sommes en litige ne peut être accueilli.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation () ".

9. Tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. Cependant, ces dispositions ne sont pas applicables aux décisions par lesquelles une caisse d'allocations familiales notifie à un allocataire de RSA un trop-perçu, ni davantage à la décision par laquelle le président du conseil départemental rejette le recours gracieux dirigé contre cette décision, lesquelles n'ont pas le caractère d'un titre de recette ou d'un ordre de recouvrer au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'absence de justification des montants de l'indu dont le remboursement est réclamé doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale ont été définies, en dernier lieu, par un arrêté du 5 mai 2014 de la ministre des affaires sociales et de la santé.

11. Il ressort de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles auprès des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.

12. Par suite, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, à la suite d'un contrôle de l'organisme chargé du versement du revenu de solidarité active, a pour objet soit de mettre fin au droit de l'allocataire soit d'ordonner la récupération d'un indu de prestation et que le requérant soulève un moyen tiré du défaut d'agrément ou d'assermentation de l'agent chargé du contrôle, le juge ne saurait se fonder sur les seules mentions du procès-verbal relatives à la qualité de son signataire pour écarter cette contestation. Dans un tel cas, l'administration étant seule en mesure d'établir l'agrément et l'assermentation des agents qu'elle désigne pour effectuer les contrôles, il appartient au juge, si cette qualité ne ressort pas des éléments produits en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.

13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'agent ayant procédé au contrôle de la situation de Mme F a prêté serment devant le tribunal d'instance de Nice le 14 septembre 2016 et s'est vu délivrer un agrément définitif le 20 novembre 2017. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'agrément et d'assermentation du contrôleur doit être écarté.

14. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 262-3 du code précité : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. () / L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

15. Il résulte de l'instruction que Mme F a bénéficié du revenu de solidarité active depuis une demande du 3 août 2019. Elle a fait l'objet d'un premier contrôle de ses ressources et de sa situation, diligenté par un agent agréé de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Le rapport d'enquête, établi le 20 mai 2020 par ce même agent, indique que Mme F a omis de déclarer sa situation de travailleur non salarié à compter de septembre 2019 ainsi que sa rente accident de travail versée à compter de juin 2018. L'affirmation de Mme F selon laquelle les rentes accident du travail n'ont pas à être déclarées en matière d'impôt sur le revenu est sans incidence sur l'obligation de déclarer de telles rentes dans le cadre des déclarations trimestrielles de ressources relatives au revenu de solidarité active. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté le recours administratif de Mme F et confirmé son indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 232,98 euros pour la période concernée.

Concernant la décision du 24 février 2022 portant confirmation d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 8 699,28 euros :

16. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision du 24 février 2022 dont Mme F sollicite l'annulation a été signée pour le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes par Mme H D, attachée territoriale, cheffe de la section de la lutte contre la fraude. Par arrêté n° DRH/2021/0619 du 2 juillet 2021, publié le 15 juillet 2021 au bulletin des actes administratifs n° 2 du département des Alpes-Maritimes, Mme D a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes la correspondance et les décisions relatives à la section placée sous son autorité, au nombre desquelles figure notamment la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement qu'en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 5 mars 2020 entre le département des Alpes-Maritimes et la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, les recours administratifs en matière de contestation relative au bien-fondé de l'indu ne sont pas soumis pour avis à la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine préalable de la commission de recours amiable ne peut qu'être écarté.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article 1302 du code civil : " Tout paiement suppose une dette ; ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution () / ".

19. En l'espèce, Mme F soutient que l'administration ne démontre pas le paiement effectif des sommes qu'elle entend répéter. Toutefois, dans sa réclamation adressée le 2 février 2022 au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, l'intéressée, qui n'a nullement contesté avoir perçu les sommes dont le remboursement lui est demandé, s'est bornée à contester le bien-fondé de l'indu. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le département des Alpes-Maritimes ne démontrerait pas le versement effectif des sommes en litige ne peut être accueilli.

20. En quatrième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation () ".

21. Tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. Cependant, ces dispositions ne sont pas applicables aux décisions par lesquelles une caisse d'allocations familiales notifie à un allocataire de RSA un trop-perçu, ni davantage à la décision par laquelle le président du conseil départemental rejette le recours gracieux dirigé contre cette décision, lesquelles n'ont pas le caractère d'un titre de recette ou d'un ordre de recouvrer au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'absence de justification des montants de l'indu dont le remboursement est réclamé doit être écarté.

22. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale ont été définies, en dernier lieu, par un arrêté du 5 mai 2014 de la ministre des affaires sociales et de la santé.

23. Il ressort de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles auprès des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.

24. Par suite, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, à la suite d'un contrôle de l'organisme chargé du versement du revenu de solidarité active, a pour objet soit de mettre fin au droit de l'allocataire soit d'ordonner la récupération d'un indu de prestation et que le requérant soulève un moyen tiré du défaut d'agrément ou d'assermentation de l'agent chargé du contrôle, le juge ne saurait se fonder sur les seules mentions du procès-verbal relatives à la qualité de son signataire pour écarter cette contestation. Dans un tel cas, l'administration étant seule en mesure d'établir l'agrément et l'assermentation des agents qu'elle désigne pour effectuer les contrôles, il appartient au juge, si cette qualité ne ressort pas des éléments produits en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.

25. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'agent ayant procédé au contrôle de la situation de Mme F a prêté serment devant le tribunal de police de Nice le 18 juin 2009 et s'est vue délivrer un agrément définitif en qualité d'agent de contrôle des prestations familiales à effet du 6 juillet 2009 par la directrice des ressources humaines et de la gestion de l'établissement public. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'agrément et d'assermentation du contrôleur doit être écarté.

26. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 262-3 du code précité : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. () / L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

27. Il résulte de l'instruction que Mme F a bénéficié du revenu de solidarité active depuis une demande du 3 août 2019. Elle a fait l'objet d'un second contrôle de ses ressources et de sa situation, diligenté par un agent agréé de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Le rapport d'enquête, établi le 22 juin 2021 par cet agent, indique que Mme F avait omis de déclarer le montant exact de sa rente accident du travail, ainsi que des revenus locatifs pour les années 2020 et 2021. D'une part, la circonstance alléguée selon laquelle Mme F n'est propriétaire d'aucun bien immobilier est sans incidence, cette dernière ayant effectivement perçu des revenus locatifs provenant de la sous-location d'une pièce de son logement. D'autre part, la requérante ne peut sérieusement soutenir qu'elle n'était pas dans l'obligation de déclarer ses rentes accident du travail, cette obligation lui ayant été rappelée à l'occasion du précédent contrôle de sa situation ayant révélé l'absence de déclaration de sa part de telles rentes. Dès lors, c'est à bon droit que le président du conseil départemental a estimé que la requérante, en omettant de déclarer sa rente accident du travail et ses revenus locatifs, avait procédé à de fausses déclarations répétées, et a ainsi rejeté le recours administratif préalable obligatoire de l'intéressée et confirmé l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 8 699,28 euros pour la période allant de septembre 2020 à août 2021.

Concernant la décision du 28 février 2022 notifiant une amende administrative d'un montant de 1 000 euros :

28. En premier lieu, il résulte de l'instruction et que la décision du 28 février 2022 dont Mme F sollicite l'annulation a été signée pour le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes par Mme H D, attachée territoriale, cheffe de la section de la lutte contre la fraude. Il résulte de ce qui a été dit au point 16 du présent jugement que par arrêté n° DRH/2021/0619 du 2 juillet 2021, publié le 15 juillet 2021 au bulletin des actes administratifs n° 2 du département des Alpes-Maritimes, Mme D a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes la correspondance et les décisions relatives à la section placée sous son autorité, au nombre desquelles figure notamment la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

29. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, l'amende administrative prononcée à la suite d'une fausse déclaration ou d'une omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active, est prise après avis d'une équipe pluridisciplinaire, dont la composition est précisée à l'article L. 262-39 qui dispose que : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires de revenu de solidarité active. ".

30. En l'espèce, s'il est soutenu que la décision du 28 février 2022 est illégale faute pour le département des Alpes-Maritimes de justifier de la composition régulière de l'équipe pluridisciplinaire, il est constant que l'avis de l'équipe pluridisciplinaire du 28 février 2022, produit au débat par le département, ne lie pas le président du conseil départemental pour prendre la décision attaquée. Dans ces conditions, à supposer que l'équipe pluridisciplinaire aurait été irrégulièrement composée, le requérant ne démontre pas qu'un tel vice de procédure aurait été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il aurait été privé d'une garantie. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de l'équipe pluridisciplinaire doit être écarté.

31. En troisième lieu, Mme F soutient que la procédure contradictoire n'a pas été respectée dès lors que le montant de l'amende administrative a été porté de 400 à 1 000 euros en dépit de ses observations. Il résulte de l'instruction que Mme F a pu présenter ses observations et que la décision du 28 février 2022 mettant à sa charge une amende administrative dont le montant a été porté à 1 000 euros a été prise à la suite de l'avis de l'équipe pluridisciplinaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.

32. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies , en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil général après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil général est la juridiction administrative. Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans () ". Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I () Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () ".

33. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction et de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.

34. Il résulte de ce qui a été dit au point 27 du présent jugement que la décision attaquée trouve son origine dans de fausses déclarations répétées. Dans ces conditions, l'amende administrative prononcée par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes à l'encontre de Mme F, d'un montant de 1 000 euros, apparaît comme justifiée tant dans son principe que dans son montant.

35. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne ne cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ".

36. En l'espèce, si l'intéressée entend invoquer le droit à l'erreur prévu à l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'amende administrative prononcée à l'encontre de Mme F trouve son origine dans de fausses déclarations répétées et dans des omissions déclaratives de plus de six mois de la part de l'allocataire, lesquelles sont nécessairement délibérées. Dès lors, le droit à l'erreur ne peut s'appliquer. Dans ces conditions, Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 février 2022 lui notifiant une amende administrative d'un montant de 1 000 euros.

Concernant la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours administratif préalable obligatoire relatif à un indu de prime d'activité :

37. En premier lieu, Mme F soutient que la décision de rejet de son recours administratif préalable obligatoire est entachée d'un vice de forme tiré d'une insuffisance de motivation. Or, Mme F n'établit pas avoir sollicité une demande de communication des motifs et ne peut utilement se prévaloir des vices propres affectant la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire. Par suite, ce moyen doit être écarté.

38. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

39. La consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestation relative au revenu de solidarité active formée auprès du président du conseil départemental est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 5 mars 2020 entre le département des Alpes-Maritimes et la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, les recours administratifs en matière de contestation relative au bien-fondé de l'indu ne sont pas soumis pour avis à la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine préalable de la commission de recours amiable ne peut qu'être écarté.

40. En troisième lieu, aux termes de l'article 1302 du code civil : " Tout paiement suppose une dette ; ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution () / ".

41. En l'espèce, Mme F soutient que l'administration ne démontre pas le paiement effectif des sommes qu'elle entend répéter. Toutefois, dans sa réclamation adressée le 2 février 2022 au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, l'intéressée, qui n'a nullement contesté avoir perçu les sommes dont le remboursement lui est demandé, s'est bornée à contester le bien-fondé de l'indu. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le département des Alpes-Maritimes ne démontrerait pas le versement effectif des sommes en litige ne peut être accueilli.

42. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 845-1 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 procèdent aux contrôles et aux enquêtes concernant la prime d'activité et prononcent, le cas échéant, des sanctions selon les règles, procédures et moyens d'investigation prévus aux articles L. 114-9 à L. 114-17, L. 114-19 à L. 114-22, L. 161-1-4 et L. 161-1-5. " Selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire. () ". Les conditions d'agrément des agents des CAF exerçant une mission de contrôle sont définies par un arrêté du ministre de la santé et de la protection sociale et du ministre de la famille et de l'enfance du 30 juillet 2004, qui renvoie aux dispositions de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale en ce qui concerne les conditions d'assermentation.

43. Il ressort de l'ensemble des dispositions précitées que, tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les CAF pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires de la prime d'activité, sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.

44. Par suite, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, à la suite d'un contrôle de l'organisme chargé du versement de la prime d'activité, a pour objet soit de mettre fin au droit de l'allocataire soit d'ordonner la récupération d'un indu de prestation et que le requérant soulève un moyen tiré du défaut d'agrément ou d'assermentation de l'agent chargé du contrôle, le juge ne saurait se fonder sur les seules mentions du procès-verbal relatives à la qualité de son signataire pour écarter cette contestation. Dans un tel cas, l'administration étant seule en mesure d'établir l'agrément et l'assermentation des agents qu'elle désigne pour effectuer les contrôles, il appartient au juge, si cette qualité ne ressort pas des éléments produits en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.

45. Il résulte de l'instruction, et de ce qui a été dit aux points 13 et 25 du présent jugement, que Mme F a fait l'objet de deux contrôles de la part des services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. D'une part, l'agent ayant procédé au premier contrôle de la situation de Mme F a prêté serment devant le tribunal d'instance de Nice le 14 septembre 2016 et s'est vu délivrer un agrément définitif le 20 novembre 2017. D'autre part, l'agent ayant procédé au second contrôle de la situation de Mme F a prêté serment devant le tribunal de police de Nice le 18 juin 2009 et s'est vu délivrer un agrément définitif en qualité d'agent de contrôle des prestations familiales à effet du 6 juillet 2009. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'agrément et d'assermentation des contrôleurs doit être écarté.

46. En cinquième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 susvisé : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrement indique les bases de liquidation ".

47. Tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur. Cependant, ces dispositions ne sont pas applicables aux décisions par lesquelles une caisse d'allocations familiales notifie à un allocataire un trop-perçu, lesquelles n'ont ni l'une, ni l'autre, le caractère d'un titre de recette ou d'un ordre de recouvrer au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'absence de justification des montants de l'indu dont le remboursement est réclamé doit être écarté.

48. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. / Le montant forfaitaire, la fraction des revenus professionnels des membres du foyer, les modalités de calcul et le montant maximal des bonifications sont fixés par décret. / Le montant forfaitaire et le montant maximal de la bonification principale sont revalorisés le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. / Un décret détermine le montant minimal de la prime d'activité en dessous duquel celle-ci n'est pas versée ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Aux termes de l'article R. 844-1 dudit code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : / 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail ; () ".

49. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

50. Il résulte de l'instruction que si Mme F soutient qu'elle remplissait les conditions d'attribution de la prime d'activité, il est constant qu'elle a perçu une rente accident de travail depuis le 11 septembre 2014. Dans ces conditions, et dès lors qu'une telle rente ne peut être considérée comme étant un revenu professionnel que pour une durée ne pouvant excéder trois mois, la requérante doit être regardée comme n'ayant pas bénéficié d'un revenu professionnel pour la période en litige. Dès lors, elle ne remplissait pas les conditions d'attribution de la prime d'activité. Par suite, c'est à bon droit que la commission de recours amiable a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire et confirmé son indu de prime d'activité.

Concernant le titre exécutoire émis le 17 août 2021 en vue du recouvrement d'une somme de 110 euros :

51. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date de l'émission du titre exécutoire en litige : " () le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ".

52. Aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique () ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " Les ordonnateurs des organismes publics, visés à l'article D. 1617-19, lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget pris après avis de la Cour des comptes, garantissant la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur, l'intégrité des flux de données et de documents relatifs aux actes mentionnés en annexe I du présent code et aux deux alinéas suivants du présent article, la sécurité et la confidentialité des échanges ainsi que la justification des transmissions opérées. / () / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L.252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007 susvisé portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique : " La signature électronique de l'ordonnateur est portée, selon les modalités prévues à l'article 4 du présent arrêté, soit sur chaque bordereau de mandats de dépenses et chaque bordereau de titres de recettes, soit sur le fichier contenant de tels bordereaux transmis au comptable public conformément au protocole d'échange standard dans sa version 2 ou dans une version ultérieure ".

53. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doit mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

54. Il résulte de l'instruction que le bordereau dématérialisé n° 2021-896, qui comprend le titre de recettes dématérialisé n° 8903, a été signé par voie électronique par Mme B C, bénéficiaire d'une délégation régulière de signature à cette fin par un arrêté du 31 mars 2021. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées. Par suite, les moyens tirés de l'absence de signature et de l'absence de mention des nom, prénom et qualité de l'auteur du titre exécutoire ne peuvent qu'être écartés.

55. En second lieu et dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".

56. Le titre exécutoire n° 2021-896-8903 mentionne qu'il correspond aux " AMENDES RSA F COM ADM DU 26 MARS 2021 " et est d'un montant de 110 euros. De plus, il résulte de l'instruction que Mme F a été préalablement rendue destinataire du courrier en date du 29 mars 2021, auquel le titre exécutoire fait expressément référence, l'informant des motifs de la décision de notification de l'amende administrative, ainsi que son montant, conformément à l'avis de l'équipe pluridisciplinaire du même jour. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée des modalités de liquidation de la créance.

Concernant les titres exécutoires des 29 avril 2022 et 15 juin 2022 émis en vue du recouvrement des sommes de 1 014,50 euros et 1 000 euros :

57. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date de l'émission du titre exécutoire en litige : " () le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ".

58. Aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique () ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " Les ordonnateurs des organismes publics, visés à l'article D. 1617-19, lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget pris après avis de la Cour des comptes, garantissant la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur, l'intégrité des flux de données et de documents relatifs aux actes mentionnés en annexe I du présent code et aux deux alinéas suivants du présent article, la sécurité et la confidentialité des échanges ainsi que la justification des transmissions opérées. / () / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L.252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007 susvisé portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique : " La signature électronique de l'ordonnateur est portée, selon les modalités prévues à l'article 4 du présent arrêté, soit sur chaque bordereau de mandats de dépenses et chaque bordereau de titres de recettes, soit sur le fichier contenant de tels bordereaux transmis au comptable public conformément au protocole d'échange standard dans sa version 2 ou dans une version ultérieure ".

59. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doit mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

60. Il résulte de l'instruction que, d'une part, le bordereau n° 2022-830, qui comprend le titre exécutoire dématérialisé n° 6586, a été signé par voie électronique par Mme I A, bénéficiaire d'une délégation régulière de signature à l'effet de signer au nom du président du conseil départemental toutes les pièces justificatives devant appuyer les mandats de paiement ou les titres de recettes, par un arrêté du 31 mars 2021. D'autre part, le bordereau n° 2022-1064, qui comprend le titre exécutoire dématérialisé n° 9115, a également été signé par Mme I A. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions du 4° de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature des titres exécutoires ne peut qu'être écarté.

61. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme A a signé les bordereaux n° 2022-830 et n° 2022-1064, et qu'elle disposait d'une délégation régulière de signature à l'effet de signer au nom du président du conseil départemental toutes les pièces justificatives devant appuyer les mandats de paiement ou les titres de recettes. Dans ces conditions, la circonstance selon laquelle le signataire de l'avis de sommes à payer, en l'espèce M. Ginesy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, est différent du signataire du bordereau est sans incidence sur la régularité des actes, dès lors que le signataire du bordereau disposait d'une délégation de signature régulière.

62. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".

63. D'une part, le titre exécutoire n° 2022-830-6586 indique qu'il correspond à un " INDU RSA SOCLE 12/2021 F DU 01/09/2019 AU 31/05/2020 INDU RSA SOCLE 12/2021 F G " et est d'un montant de 1 014,50 euros. De plus, il résulte de l'instruction que Mme F a été préalablement rendue destinataire du courrier en date du 27 mai 2020, auquel le titre exécutoire fait implicitement mais nécessairement référence, l'informant des motifs de la décision de notification d'indu de revenu de solidarité active, son montant et son calcul. D'autre part, le titre exécutoire n° 2022-1064-9115 indique qu'il correspond aux " AMENDES RSA F VALERIE COM ADM DU 28/02/2022 ", et est d'un montant de 1 000 euros. De plus, il résulte de l'instruction que Mme F a été préalablement rendue destinataire du courrier en date du 28 février 2022, auquel le titre exécutoire fait explicitement référence, l'informant des motifs de la décision de notification de l'amende administrative, ainsi que son montant, conformément à l'avis de l'équipe pluridisciplinaire du même jour. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée des modalités de liquidation de la créance.

64. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".

65. Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun. Par ailleurs, si le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations est de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.

66. Il résulte de ce qui a été dit aux points 27 et 34 du présent jugement que l'indu de revenu de solidarité active, d'un montant initial de 8 699,28 euros et l'amende administrative d'un montant de 1 000 euros, objets des titres exécutoires en litige, trouvent leur origine dans des fausses déclarations répétées, de nature à faire obstacle à ce que la requérante puisse utilement se prévaloir du caractère biennal de la prescription institué par l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, l'action en recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active était soumise au délai de prescription quinquennal de droit commun, et le moyen tiré de la prescription doit être écarté.

67. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par le département des Alpes-Maritimes et la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, que la requête de Mme F doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées à fin d'injonction et au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme F tendant à l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes du 12 juin 2017.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F, au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise disposition au greffe le 27 mars 2024.

La présidente,La greffière,

signésigné

M. J

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

N°s 2202801, 2202802, 2203579, 2203583, 2203584, 2203598

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