jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203064 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PIOZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Piozin, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2017 et 2018, en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le véhicule Audi A4 modèle break n'est pas utilisé à des fins personnelles, mais à des fins de livraison dans le cadre de leur activité professionnelle ;
- les loyers du véhicule en litige et la taxe sur les véhicules de société ont fait l'objet d'une réintégration extracomptable du tableau 2058 A et doivent être déduits à hauteur de 70% de l'avantage en nature constaté.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2022, la direction de contrôle fiscal sud-est outre-mer, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 janvier 2025 :
- le rapport de Mme Zettor, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une vérification de comptabilité de la SELARL Pharmacie des Magnolias qui a porté sur les exercices clos au 31 mars 2017 et au 31 mars 2018, M. et Mme B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de l'impôt sur le revenu au titre des années 2017 et 2018, à l'issue duquel, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ont été mises à leur charge, l'administration ayant retenu qu'ils avaient bénéficié d'avantages occultes dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Par une réclamation en date du 15 décembre 2021, laquelle a été rejetée le 12 avril 2022, M. et Mme B ont contesté l'intégralité des impositions mises à leur charge au titre de l'impôt sur le revenu au titre des années 2017 et 2018. M. et Mme B demandent au tribunal la décharge des impositions en litige, en droits et pénalités.
2. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire (). / Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c) les rémunérations et avantages occultes ".
3. Dans le cadre de la vérification de comptabilité de la SELARL Pharmacie des Magnolias, l'administration a mis en évidence la mise à disposition d'un véhicule de marque Audi, modèle A4, de type Break, immatriculé EK- 136-ZB, à ses dirigeants, M. et Mme B, qui l'ont utilisé au cours des années 2017 et 2018 à des fins à la fois privées et professionnelles. Il résulte de l'instruction, que la société Pharmacie des Magnolias a pris en charge les loyers correspondant à la location du véhicule en litige pour un montant de 10 320,36 euros au titre de chacun des exercices clos au 31 mars 2018 et au 31 mars 2019, sans qu'aucun loyer n'ait été comptabilisé en produit pour l'utilisation par M. et Mme B. Ces avantages en nature ont été évalués à hauteur de 10 320,36 euros au titre de chacun des exercices et imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts.
4. D'une part, si M. et Mme B soutiennent avoir utilisé ce véhicule à des fins professionnelles pour assurer les livraisons de médicaments à leurs clients, ils ne produisent aucun justificatif à l'appui de ce moyen et ne contestent pas que les attestations produites dans le cadre de leur réclamation aient été rédigées en 2021, sans précision quant aux dates de livraison, ce qui a conduit à les écarter. S'ils précisent également qu'il n'est pas d'usage dans les pharmacies de remplir des bons de livraison, dès lors que le service est assuré gratuitement, cette circonstance ne remet pas sérieusement en cause l'analyse de l'administration sur l'usage personnel qui a été fait du véhicule en litige par eux durant les années en litige. De même, la production d'une carte grise au nom de Mme B ne remet pas en cause l'analyse concernant l'usage à des fins personnelles et professionnelles du véhicule en litige. Ainsi, M. et Mme B, sur lesquels pèse la charge de la preuve, ne démontrent pas que le véhicule Audi constituait une charge intégralement supportée dans l'intérêt direct de la société Pharmacie des Magnolias. Dès lors, l'administration fiscale était fondée à retenir la qualification d'avantage occulte sur le fondement du c) de l'article 111 du code général des impôts et à soumettre les sommes correspondantes à l'impôt sur le revenu dû par M. et Mme B sur les périodes en litige, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
5. D'autre part, si les requérants font valoir que les sommes de 7 305 euros et 1885 euros en 2017, et de 1872 euros en 2018, ont été partiellement réintégrées à tort extra-comptablement au tableau 2058 A de la liasse fiscale relative aux exercices en litige, la réintégration extra-comptable concerne les amortissements excédentaires d'un montant de 7 305 euros pour les exercices clos au 31 mars 2018 et 2019, et la taxe sur les véhicules de société pour des montants de 1 885 euros au titre de l'exercice clos en 2018 et de 1 872 euros au titre de l'exercice clos en 2019. Ces réintégrations effectuées à la suite de la vérification de comptabilité qui a concerné la SELARL Pharmacie des Magnolias ne sont pas établies et M. et Mme B ne produisent aucun justificatif à l'appui de ce moyen qui doit être écarté comme manquant en fait.
6. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin de décharge ne peuvent qu'être rejetées, ensemble celles formulées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Chevalier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
V. Zettor
Le président,
signé
G. TaorminaLa greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière.
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