mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203385 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
| Avocat requérant | DUPY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2022 et 9 janvier 2023, Mme D B, représentée par Me Dupy, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de dette concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 907,87 euros pour la période allant d'avril 2020 à juin 2021 inclus et lui a accordé une remise seulement partielle de ses dettes correspondant à un indu de prime d'activité, à un indu d'allocation de rentrée scolaire et à un indu d'aide personnelle au logement.
2°) de lui accorder une remise totale de ses dettes.
La requérante soutient que :
- elle n'a pas commis d'erreur en ne déclarant pas les revenus de son fils, lesquels étaient inférieurs à 55% du SMIC ;
- elle est de bonne foi en ce que certaines erreurs de déclarations ont été en sa défaveur ;
- elle est dans une situation précaire.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 15 décembre 2022 et 24 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, représentée par son directeur général en exercice, conclut à sa mise hors de cause concernant l'indu de revenu de solidarité active et au rejet de la requête de Mme B.
Elle soutient que :
- les conclusions relatives aux indus d'allocation de rentrée scolaire et d'allocation de soutien familial ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative ;
- elle doit être mise hors de cause pour le litige concernant le revenu de solidarité active car elle n'est pas compétente ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête de Mme B.
Il soutient que :
- les conclusions concernant les indus d'allocation de soutien familial et d'allocation de rentrée scolaires ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative ;
- il doit être mis hors de cause pour les litiges concernant la prime d'activité et l'aide personnelle au logement car il n'est pas compétent ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouget, présidente ;
- et les observations de Mme A C, représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de dette concernant son indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 907,87 euros pour la période allant d'avril 2020 à juin 2021 inclus, et lui a accordé une remise partielle de sa dette concernant un indu de prime d'activité, d'un montant de 546,81 euros, pour la période allant de octobre 2020 à juin 2021 inclus, un indu d'allocation de soutien familial, d'un montant de 696,54 euros pour la période allant mars à août 2021 inclus, un indu d'allocation de rentrée scolaire, d'un montant de 503,91 euros pour le mois d'août 2020 et un indu d'aide personnelle au logement, d'un montant de 2 274 euros pour la période de mars à août 2021 inclus, à hauteur de 75% chacune. Elle demande également la remise totale de ses dettes.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : / 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; / 2°) les allocations familiales ; / 3°) le complément familial ; / 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ; / 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; / 6°) l'allocation de soutien familial ; / 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; / 8°) L'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ; / 9°) l'allocation journalière de présence parentale ". Enfin, aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; / 2° Au contentieux de l'admission à l'aide sociale défini à l'article L. 142-3 ".
3. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales sont au nombre des litiges relatifs à l'application des législations et réglementations de sécurité sociale mentionnés à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, et relèvent ainsi du contentieux général de la sécurité sociale.
4. La requête de Mme B est notamment relative à l'allocation de rentrée scolaire et à l'allocation de soutien familial. Il résulte des dispositions précitées que les litiges relatifs au paiement ou au remboursement de prestations familiales ne relèvent pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire. Dans ces conditions, les conclusions de la requérante relatives à ces prestations, en tant qu'elles concernent les indus d'allocation de rentrée scolaire et d'allocation de soutien familial, doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente.
Sur la mise hors de cause de la caisse d'allocations familiales s'agissant de la décision relative au revenu de solidarité active :
5. La décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active a été prise par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes qui assure la gestion de ces prestations, par délégation, pour le compte du département, lequel en assure le financement. Il s'ensuit que le président du conseil départemental a seul qualité, en l'absence de stipulation contraire de la convention de gestion prévue par l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles, pour défendre devant le tribunal administratif sur les demandes tendant à l'annulation des décisions des organismes payeurs en matière de revenu de solidarité active. Il y a lieu, dès lors, de mettre hors de cause la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes s'agissant de cet indu.
Sur la mise hors de cause du département des Alpes-Maritimes s'agissant des décisions relatives à la prime d'activité et à l'aide personnelle au logement :
6. D'une part, il résulte de l'instruction que le litige dont le tribunal est saisi concerne, notamment, une décision portant refus de remise d'un indu de prime d'activité relevant de la compétence de l'Etat, qui en assure le financement. Dans ces conditions, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes est fondé à demander sa mise hors de cause. Il y a lieu, en conséquence, d'y faire droit.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 812-1 du même code : " Les aides personnelles au logement et les primes de déménagement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement et selon ses directives, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales. ".
8. Il résulte de ces dispositions que le fonds national d'aide au logement, organisme de l'État, est seul compétent pour financer et récupérer, par le biais des caisses d'allocations familiales, les indus d'aides personnalisées au logement. Par suite, la demande de mise hors de cause sollicitée par le département des Alpes-Maritimes s'agissant de la contestation de cet indu doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 9 juin 2022 portant refus de remise de dette d'un indu de revenu de solidarité active :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
10. D'autre part, aux termes premier alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ". Aux termes du onzième alinéa du même article : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
11. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande gracieuse de remise ou de réduction d'indu, non seulement d'apprécier la légalité de cette décision, mais aussi de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle de cet indu. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Par ailleurs, il résulte de la combinaison des dispositions précitées que si le président du conseil général a la faculté de procéder à la remise ou à la réduction de la dette de l'allocataire en cas de précarité financière du débiteur de bonne foi d'un trop-perçu de revenu de solidarité active, cette faculté ne peut s'exercer dans le cas où l'indu est imputable à une manœuvre frauduleuse ou à une fausse déclaration. Au nombre des fausses déclarations figurent les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative de l'ensemble des ressources de toutes les personnes composant le foyer.
12. Il résulte de l'instruction que Mme B, étant connue des services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes comme veuve depuis le 16 février 2008 avec deux enfants à charge, a bénéficié du revenu de solidarité active depuis une demande du 28 janvier 2010. Suite à un contrôle de sa situation diligenté par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, il est apparu que les ressources déclarées par la requérante n'étaient pas conformes à celles identifiées par les services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Il ressort du rapport d'enquête du 1er mars 2022 que Mme B a omis de déclarer les revenus de son fils, notamment de janvier à septembre 2020 inclus et de février à mars 2021. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a notifié à Mme B, par un courrier du 21 mars 2022, plusieurs indus de prestations sociales, dont un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 907,87 euros pour la période allant d'avril 2020 à juin 2021 inclus. Par un courriel du 4 avril 2022, Mme B a demandé à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes l'effacement de sa dette. Par un courrier du 9 juin 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande.
13. En l'espèce, Mme B se prévaut de sa bonne foi et indique qu'elle n'a pas commis d'erreur en ne déclarant pas les revenus de son fils car ils étaient inférieurs à 55% du SMIC et que certaines erreurs de déclaration sont en sa défaveur. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme B a omis d'indiquer, dans ses déclarations trimestrielles de ressources, que son fils était salarié au 6 novembre 2019, 1er février 2021 et 1er mars 2021, et n'a pas déclaré les salaires perçus par ce dernier entre janvier 2020 et février 2021. S'il est constant que Mme B a commis des erreurs dans le montant de ses déclarations, dont certaines lui sont défavorables, elle ne pouvait ignorer l'obligation même de déclarer l'intégralité des ressources, obligation qui est rappelée dans chaque notice explicative de déclaration trimestrielle de ressources et dont Mme B avait nécessairement connaissance, étant allocataire du revenu de solidarité active depuis 2010. De plus, si la requérante indique qu'elle est dans une situation précaire, elle ne verse au débat aucune pièce de nature à démontrer cette précarité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé d'accorder à l'intéressée la remise de sa dette d'un indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.
En ce qui concerne la décision du 9 juin 2022 portant refus de remise de dette totale d'un indu de prime d'activité :
14. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 845-3 de ce même code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte des dispositions précitées qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocations que s'il remplit les conditions, cumulatives, de bonne foi et de précarité.
15. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 et 13 du présent jugement que la décision par laquelle le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'a accordé qu'une remise partielle de la dette d'indu de prime d'activité de Mme B trouve son origine dans l'absence de déclaration de l'intéressée des revenus de son fils à sa charge. Si Mme B soutient qu'elle est de bonne foi et dans une situation précaire, de telle sorte qu'une remise à hauteur de 75% de sa dette ne saurait être suffisante, elle ne verse toutefois aux débats aucun élément de nature à justifier ces allégations. Dès lors, en accordant une remise de dette d'indu de prime d'activité à hauteur de 75%, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision du 9 juin 2022 portant refus de remise de dette totale d'un indu d'aide personnelle au logement :
17. Aux termes de l'article L. 512-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne française ou étrangère résidant en France, au sens de l'article L. 111-2-3, ayant à sa charge un ou plusieurs enfants résidant en France, bénéficie pour ces enfants des prestations familiales dans les conditions prévues par le présent livre sous réserve que ce ou ces derniers ne soient pas bénéficiaires, à titre personnel, d'une ou plusieurs prestations familiales, de l'allocation de logement sociale ou de l'aide personnalisée au logement ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : () / 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ".
18. Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ".
19. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
20. En l'espèce, pour les mêmes motifs évoqués aux point 12 et 13 du présent jugement, la décision par laquelle le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'a accordé qu'une remise partielle de la dette d'indu d'allocation personnelle au logement de Mme B trouve son origine dans l'absence de déclaration de l'intéressée des revenus de son fils à sa charge. Si Mme B soutient qu'elle est de bonne foi et dans une situation précaire, de telle sorte qu'une remise à hauteur de 75% de sa dette ne saurait être suffisante, elle ne verse toutefois aux débats aucun élément de nature à justifier ces allégations. Dès lors, en accordant une remise de dette d'indu d'allocation personnelle au logement à hauteur de 75%, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
21. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B concernant les indus d'allocation de rentrée spécifique et d'allocation de soutien familial sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le département des Alpes-Maritimes est mis hors de cause s'agissant des conclusions relatives aux décisions portant refus de remise de dette totale d'un indu de prime d'activité et d'un indu d'aide personnelle au logement.
Article 3 : La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes est mise hors de cause s'agissant des conclusions relatives à la décision portant refus de remise de dette d'un indu de revenu de solidarité active.
Article 4 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au ministre de travail, de la santé et des solidarités et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Copie sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
La présidente,La greffière,
signé signé
M. E
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026