mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SOUSTELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2022, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du délégué académique à la formation professionnelle initiale et continue du 22 mars 2022 portant rejet de sa demande de versement de l'indemnité compensatrice de congés annuels ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 345,69 euros au titre de ladite indemnité assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022 et d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La décision attaquée est entachée d'une méconnaissance de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 et du décret n°2022-662 du 25 avril 2022 ;
La procédure a été communiquée à la rectrice de l'académie de Nice qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 relative à certains aspects de l'aménagement du temps de travail ;
- le décret du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 :
- le rapport de M. Soli, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Soustrelle, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée, par contrat à durée déterminée, le 25 août 2020, par l'académie de Nice, pour exercer à compter du 1er septembre 2020, les fonctions de conseillère en formation continue. Elle a été placée en congés maladie à compter du 18 décembre 2020 jusqu'au 26 février 2021 puis en situation de congé sans traitement pour inaptitude physique du 27 février 2021 au 31 août 2021 date de la fin de son contrat. La requérante a demandé le 7 mars 2022, le règlement de son indemnité de congé annuel. Le 22 mars 2022, l'administration a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de mettre à la charge de l'Etat la somme de de 345,69 euros au titre de ladite indemnité assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022, d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement et une somme de 3000 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 relative à certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " Congé annuel 1. Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales. 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail ". En application de la partie B de l'annexe I de cette directive, le délai de transposition de l'article 7 était fixé au 23 mars 2005. Il résulte des dispositions du paragraphe 1 de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003, telles qu'interprétées par la Cour de justice des Communautés européennes dans son arrêt C-350/06 et C-520/06 du 20 janvier 2009, qu'elles font obstacle à l'extinction du droit au congé annuel à l'expiration d'une certaine période lorsque le travailleur a été en congé de maladie durant tout ou partie de cette période.
3. L'administration a fondé la décision attaquée sur l'article 10 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat. Aux termes de cet article, dans sa rédaction en vigueur du 6 novembre 2014 au 27 avril 2022, soit à la date de la décision en litige : " II.- En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration en raison notamment de la définition par le chef de service du calendrier des congés annuels, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels ".
4. Il résulte des dispositions précitées que l'article 10 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986, en ne prévoyant le report des congés non pris au cours d'une année de service qu'à titre exceptionnel, sans réserver le cas des agents qui ont été dans l'impossibilité de prendre leurs congés annuels en raison d'un congé de maladie, méconnaît les dispositions de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003. Il s'ensuit que l'application de l'article 10 du décret du 17 janvier 1986 doit être écartée. La requérante est donc fondée à soutenir que la décision en litige étant contraire à l'article 7 de la directive 2003/88/CE. La décision attaquée doit en conséquence être annulée.
Sur la demande indemnitaire :
5. La requérante demande l'indemnisation de 44 jours de congés payés non pris en raison de sa maladie. Cependant, il ressort des pièces du dossier que son congé maladie n'a duré que du 18 décembre 2020 au 26 février 2021, et que la requérante a été placée en situation de congés sans traitement pour inaptitude physique du 27 février 2021 au 31 août 2021, ce qui n'est pas une situation visée par les textes précités. Il s'ensuit que les droits à congé étant, au sens des textes précités, de quatre semaines, la requérante, qui n'a été en activité ou en congés maladie que durant six mois, ne peut prétendre à l'indemnisation que de deux semaines de congés non pris qui doivent, s'agissant d'une fin de relation de travail, donner lieu à une indemnité financière. Il y a donc lieu de mettre à la charge de l'Etat une indemnisation correspondant aux deux semaines de congés payés dont la requérante n'a pas pu bénéficier augmentée des intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022.
Sur les conclusions aux fins de versement d'une somme au titre de la " résistance abusive " de l'administration :
6. Les conclusions de la requête tendant à la condamnation de l'Etat au versement d'une somme au titre de la " résistance abusive " ne sont assorties d'aucun moyen ni d'aucune précision permettant d'en apprécier l'objet, en méconnaissance de l'article R. 411-1 et sont, par suite, manifestement irrecevables.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
7. Il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : L'Etat versera à Mme A une somme correspondant à deux semaines de congés annuels non pris.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nice.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024
Le président-rapporteur,
signé
P. SOLI
L'assesseure la plus ancienne,
signé
D. GAZEAU
La greffière,
signé
E. GIALIS
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
N°2203569
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026