jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203823 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DAVID GASCHIGNARD |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2022, sous le numéro n° 2203823, la société à responsabilité limitée Francimo, représentée par la SCP David Gaschignard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes émis à son encontre par la commune d'Antibes le 20 octobre 2016 pour un montant de 29 202,29 euros au titre de la participation au raccordement à l'égout, ainsi que la mise en demeure de payer émise le 10 mai 2022 par le comptable public pour un montant identique ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 29 202,29 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Antibes la somme 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de base légale ;
- les bases de liquidation de la créance sont insuffisamment précises ;
- l'action en recouvrement était en tout état de cause prescrite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, la commune d'Antibes, prise en la personne de son maire en exercice, conclut principalement à l'irrecevabilité de la requête, et subsidiairement à son rejet au fond.
La commune soutient :
- à titre principal : que la requête est doublement irrecevable, d'une part car la mise en demeure de payer n'est pas un acte faisant grief, et d'autre part car elle est tardive, la société requérante n'ayant au demeurant pas produit la décision attaquée ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont au demeurant pas fondés.
Par une lettre du 28 mars 2024, les parties ont été informées, conformément à l'article R. 611-7 du code justice administrative, que la décision était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions aux fins d'annulation de la mise en demeure de payer du 17 mai 2022 émise par le centre des finances publiques d'Antibes.
La société à responsabilité limitée Francimo, représentée par la SCP David Gaschignard, a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public soulevé par le Tribunal par mémoire enregistré le 4 avril 2024.
La requête a été communiquée au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
II. Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, sous le numéro n° 2204994, la société à responsabilité limitée Francimo, représentée par la SCP David Gaschignard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes émis à son encontre par la commune d'Antibes le 20 octobre 2016 pour un montant de 29 202,29 euros au titre de la participation au raccordement à l'égout, ainsi que la mise en demeure de payer émise le 10 mai 2022 par le comptable public pour un montant identique, ensemble la décision implicite en date du 20 septembre 2022 de rejet du recours gracieux formé auprès du comptable public d'Antibes ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 29 202,29 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Antibes la somme 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société soutient des moyens identiques à ceux de la requête n°2203823.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, la commune d'Antibes, prise en la personne de son maire en exercice, conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que son mémoire en défense dans le litige n°2203823.
Par une lettre du 28 mars 2024, les parties ont été informées, conformément à l'article R. 611-7 du code justice administrative, que la décision était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions aux fins d'annulation de la mise en demeure de payer du 17 mai 2022 émise par le centre des finances publiques d'Antibes.
La société à responsabilité limitée Francimo, représentée par la SCP David Gaschignard, a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public soulevé par le Tribunal par mémoire enregistré le 4 avril 2024.
La requête a été communiquée au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de la santé publique ;
- le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
- les conclusions de M. Combot, rapporteur public,
- et les observations de Mme D, pour la commune d'Antibes-Juan-les-Pins.
Considérant ce qui suit ;
1. Le 17 octobre 2013, la commune d'Antibes-Juan-les-Pins accordait un permis de construire à M. B A pour la construction d'un collectif d'habitation de 63 logements, sur la parcelle cadastrée CT n° 563 sise17 chemin des îles à Juan-les-Pins, permis ensuite transféré le 14 octobre 2014 au bénéfice de la société à responsabilité limitée (ci-après, " SARL ") Francimo puis à nouveau transféré le 23 mars 2017 à la société à responsabilité limité " Le Jardin des îles ". Par acte notarié du 20 juin 2018, la société Le Jardin des îles s'est porté acquéreur des tantièmes indivis du terrain en cause auprès de la société civile de L'albannais. Le 20 octobre 2016, la commune d'Antibes a émis à l'encontre de la SARL Francimo un titre de recettes pour un montant de 29 202,29 euros au titre du raccordement à l'égout, conformément aux dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique dans leur version alors applicable. Par les requêtes enregistrées sous les n° 2203823 et n°2204994, la société Francimo demande l'annulation du titre de recettes émis à son encontre le 20 octobre 2016 pour un montant de 29 202,29 euros, de la mise en demeure de payer la somme en cause émise le 10 mai 2022 par le comptable public, ainsi que de la décision implicite en date du 20 septembre 2022 de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de cette mise en demeure de payer.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les n° 2203823 et n°2204994 présentées par la société Francimo présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la mise en demeure de payer en date du 17 mai 2022 :
3. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ". L'article L. 257 du livre des procédures fiscales dispose que : " Les comptables publics peuvent notifier au redevable une mise en demeure de payer pour le recouvrement des créances dont ils ont la charge. / La notification de la mise en demeure de payer interrompt la prescription de l'action en recouvrement. / La mise en demeure de payer peut être contestée dans les conditions prévues à l'article L. 281 du présent livre. / () ". Et l'article L. 281 du même livre dispose que : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
4. D'une part, il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales et des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de la société requérante tendant à l'annulation de la mise en demeure de payer émise le 10 mai 2022 par le comptable public du centre des finances publiques d'Antibes sur le fondement de l'article L. 257 du livre des procédures fiscales pour le recouvrement de la somme de 29 202, 29 euros concernent le contentieux du recouvrement et relèvent ainsi du juge de l'exécution. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
5. D'autre part, et en revanche, la société requérante, qui remet en cause le bien-fondé de la créance de 29 202,29 euros mise à sa charge, doit néanmoins être regardée comme demandant au Tribunal, juridiction compétente pour en connaître, de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable issue du I de l'article 30 de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012 de finances rectificative pour 2012 : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, () pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. / Une délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation. ". Aux termes du II du même article 30 de la loi n° 2012-354 : " Le I est applicable aux immeubles qui ont été raccordés au réseau public de collecte des eaux usées à compter du 1er juillet 2012. Il ne s'applique pas aux immeubles pour lesquels les propriétaires ont été astreints à verser la participation prévue à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction antérieure à la publication de la présente loi. ". Aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction antérieure à la publication de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012 : " Les propriétaires des immeubles édifiés postérieurement à la mise en service du réseau public de collecte auquel ces immeubles doivent être raccordés peuvent être astreints par la commune, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire, à verser une participation s'élevant au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose d'une telle installation./ Une délibération du conseil municipal détermine les conditions de perception de cette participation ".Par ailleurs, en application des dispositions des articles L. 332-28 et L. 332-6-1 du code de l'urbanisme, dans leur rédaction applicable au litige, le fait générateur de la participation pour raccordement à l'égout, mentionné à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique dans sa rédaction antérieure à la publication de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012, est constitué, selon le cas, par le permis de construire, le permis d'aménager, les prescriptions faites par l'autorité compétente à l'occasion de la déclaration préalable ou l'acte approuvant un plan de remembrement.
7. Il résulte de la combinaison de l'ensemble de ces dispositions que la participation pour le financement de l'assainissement collectif, instituée par le I de l'article 30 de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012, n'est pas applicable aux immeubles pour lesquels leurs propriétaires ont été astreints, par une prescription figurant dans un permis de construire afférant à ces immeubles délivré à la suite d'une demande déposée avant le 1er juillet 2012, à verser la participation pour raccordement à l'égout.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B A, représentant de la société requérante, a déposé une demande de permis de construire le 29 décembre 2003, en vue de la construction d'un ensemble immobilier de 63 logements. Si le permis de construire a été accordé à la société requérante postérieurement au 1er juillet 2012 (permis délivré le 17 octobre 2013 à M. A mais transféré à la société requérante le 14 octobre 2014), l'article 3 dudit permis a astreint la société requérante à verser une participation pour raccordement à l'égout à hauteur de la somme de 58 404, 59 euros, dès lors que la demande de permis avait été déposé très largement avant le 1er juillet 2012, dès l'année 2003. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale ne pourra qu'être écarté dans sa première branche.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-5 de ce même code : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis. ". Par ailleurs, comme le rappelle le dernier alinéa de l'article A. 428-4 du même code, le permis est délivré sous réserve du droit des tiers, il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme, il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé.
10. En l'espèce, la société requérante soutient qu'elle ne peut être assujettie à la participation au raccordement à l'égout car elle n'a jamais été propriétaire de l'immeuble en cause, qui appartiendrait à la société civile l'Albannais. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B A était titulaire du permis de construire délivré le 17 octobre 2013, permis ensuite transféré le 14 octobre 2014 au bénéfice de la SARL Francimo, représentée par M. A, puis à nouveau transféré à la société à responsabilité limité " Le Jardin des îles ", représentée par M. E C, en date du 23 mars 2017. Ainsi qu'il a été précédemment mentionné, par acte notarié du 20 juin 2018, la société Jardin des îles s'est porté acquéreuse des tantièmes indivis du terrain concerné auprès de la société civile L'Albannais. Dans ces circonstances, la société requérante n'établit pas qu'elle n'était pas propriétaire de la parcelle objet du permis de construire en cause, situation lui conférant la qualité d'assujettie à la participation objet du titre de recettes du 20 octobre 2016. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale ne pourra qu'être écarté dans sa seconde branche.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation. ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
12. En l'espèce, l'avis des sommes à payer du 20 octobre 2016, versé au dossier, présente la commune d'Antibes comme émettrice de la créance d'un montant de 29 202, 29 euros concernant la " Participation à l'extension et au raccordement à l'égout prévue par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique et instaurée par DCM du 16/06/1969 " et vise notamment le " permis de construire : 03A0212 nature : construction d'un bâtiment collectif d'habitant comprenant 63 logements, ainsi que 3 niveaux de sous-sol ; 17 chemin des îles ". Ce numéro de permis de construire correspond à celui figurant sur l'arrêté du 17 octobre 2013 délivrant l'autorisation d'urbanisme litigieuse et précisant à son article 3 les bases de liquidation de la participation pour le raccordement à l'égout, à hauteur de 12,89 euros par m² soit 58 404, 59 euros pour 4 531 m² de surface. Il est constant que la somme visée par l'avis de somme à payer du 20 octobre 2016 est divisée par deux (soit 29 202, 29 euros) et correspond au premier versement de la participation en cause. Par suite, le moyen soulevé et tiré de l'insuffisance de précision des bases de liquidation de la créance doit être écarté.
13. En quatrième lieu, selon l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 3° L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances des régions, des départements, des communes et des établissements publics locaux se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. () ". La société requérante ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions, qui sont uniquement relatives à la prescription de l'action en recouvrement par le comptable public après prise en charge du titre de recettes.
14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions de la société Francimo à fin de décharge de la somme mise à sa charge en vertu du titre exécutoire du 20 octobre 2016 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par la société requérante au titre des frais liés au litige doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes enregistrées sous les n° 2203823 et n°2204994 présentées par la société à responsabilité limitée Francimo sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Francimo, à la commune d'Antibes-Juan-les-Pins et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. Holzer
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°s2203823 - 2204994
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026