mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204090 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. TAORMINA |
| Avocat requérant | ESCOFFIER-DEUR-WEZINGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 août 2022, M. C A B, demande au tribunal de condamner la Ville de Nice à l'indemniser de son préjudice corporel et matériel, suite à l'accident de la circulation automobile dont il a été victime le 5 mars 2022, du fait de la remontée intempestive de plots escamotable dans le sol, lors de son passage en scooter 14, rue Alexandre Mari, à Nice et son assureur la SMACL, à lui payer la somme totale de 3 400 euros en réparation de son préjudice.
Il soutient que :
- il n'a pas fait attention à une signalisation et à l'existence éventuelle de plots escamotables susceptibles de se relever au moment de son passage en scooter ;
- il est fondée à demander réparation de son préjudice à la Ville de Nice.
Par mémoire enregistré le 2 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Var, intervenant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, a informé le tribunal que M. A B avait été pris en charge au titre du risque maladie, du montant de ses débours s'élevant à la somme totale de 24,17 euros et qu'elle n'entendait pas intervenir dans le cadre de l'instance.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 3 novembre 2022, la commune de Nice, représentée par Me Jacquemin, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, pour le cas où sa responsabilité serait retenue, à ce que la SAS SATELEC soit condamnée à la garantir du paiement des sommes mises à sa charge, et en tout état de cause, de condamner M. A B à lui payer la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- que la matérialité du sinistre et le lien de causalité dont la preuve incombe à M. A B ne sont pas établis ; il en va de même du dysfonctionnement allégué ; en tout état de cause, le requérant reconnait sa faute en ayant pénétré dans une zone à accès restreint sans avoir respecté la procédure de passage des bornes incriminées ; il n'a pas non plus respecté les panneaux indicateurs qui restreignent l'accès des rues concernées par ce dispositif aux piétons, riverains et commerçants ; le passage n'est autorisé que pour un véhicule à la fois, chaque conducteur devant, à son tour, suivre la procédure d'accès par badge ou après appel à la borne d'appel ;
- les service municipaux n'ont pas été informés de l'accident le jour de sa survenance ; ce d'autant plus qu'en cas de dysfonctionnement les plots restent baissés ;
- en tout état de cause, les bornes ont été installées et sont entretenues par la SAS SATELEC.
Par mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, la SAS SATELEC, représentée par Me Deur, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la Ville de Nice à lui payer la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle entretient régulièrement, une fois par trimestre, les plots escamotables qu'elle a installés à la demande de la ville et qu'aucun dysfonctionnement ne lui a été signalé concernant l'installation en cause ; ses dernières visites ont été faites les 10 décembre 2021 et 23 mars 2022 ;
- le fait que le plot se soit relevé au passage de M. A B ne démontre pas son dysfonctionnement.
Par mémoire enregistré le 13 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Var, intervenant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, a informé le tribunal que M. A B avait été prise en charge au titre du risque maladie et qu'elle n'entendait pas intervenir dans le cadre de l'instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Taormina en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- les conclusions de M. Patrick Soli, rapporteur public
- et les observations de Me Bessis-Osty pour la commune de Nice.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B expose qu'alors qu'il empruntait la rue Alexandre Mari à Nice sur son scooter, il aurait heurté des plots escamotables qui se seraient intempestivement relevés lors de son passage. Par courrier du 15 mars 2022 reçu le 21 mars suivant par la Métropole Nice-Côte d'Azur, l'assureur de M. A B a sollicité auprès de ladite métropole et de la Ville de Nice la prise en charge de la réparation de son dommage. Par courrier du 22 avril 2022, la Ville de Nice a rejeté cette demande préalable d'indemnisation. M. A B demande au tribunal de condamner la commune de Nice à l'indemniser de son préjudice. La Ville de Nice demande au tribunal de condamner la SAS SATELEC à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.
Sur la responsabilité de la Ville de Nice :
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage ou son concessionnaire, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le tribunal, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur eux, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage ou au concessionnaire de l'ouvrage, soit d'établir qu'ils ont normalement entretenu l'ouvrage, soit l'existence d'une force majeure, soit de démontrer la faute de la victime.
3. Il résulte de l'instruction et notamment de la requête, que M. A B s'est engagé en scooter dans la rue Alexandre Mari dont l'accès était restreint, sans avoir prêté attention à la signalisation présente informant les usagers potentiels de cette voie des conditions d'accès, ni avoir respecté la procédure de passage des plots qui imposait aux usagers de la rue Victor Cousin à Cannes non munis d'un badge d'accès, comme c'était son cas, de se signaler préalablement à la borne d'appel. Dès lors, les dommages dont il a été victime, ayant été exclusivement causés par son imprudence, M. A B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la Ville de Nice et alors, au surplus, qu'il est établi que l'installation en cause dont aucun dysfonctionnement n'a été signalé notamment le jour de l'accident, faisait l'objet d'un entretien normal par la SAS SATELEC. Par suite, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'appel en garantie formulée par la Ville de Nice contre la SAS SATELEC :
4. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point précédent, il y a lieu de rejeter l'appel en garantie formulé par la Ville de Nice à l'encontre de la SAS SATELEC qui doit, par suite, être mise hors de cause.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A B et de la commune de Nice une somme au titre des frais exposés par cette dernière et la SAS SATELEC et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Nice et de la SAS SATELEC sont rejetées.
Article 3 : La SAS SATELEC est mise hors de cause.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à la commune de Nice, à la SAS SATELEC et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie en sera adressée la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
G. Taormina
Le greffier,
signé
L. Bianchi
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2204090
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026