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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204109

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204109

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204109
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté les requêtes de M. A, qui contestait l'obligation de payer une somme de 18 789,22 euros correspondant à des impôts (impôt sur le revenu 2011, taxes foncière et d'habitation 2013-2019) et faisant l'objet d'un procès-verbal d'opposition sur saisie antérieure. La juridiction a jugé que les moyens relatifs au bien-fondé des impositions (exonération de taxe foncière, contestation de la taxe sur des parkings) étaient inopérants dans le cadre d'un recours en matière de recouvrement, en application de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Les autres moyens, notamment ceux tirés de la prescription et de versements contestés, ont été écartés faute de précisions suffisantes.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 22 août 2022 sous le n° 2204109, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 18 789,22 euros résultant du procès-verbal d'opposition sur saisie antérieure émis le 30 mars 2022 et correspondant à une cotisation d'impôt sur le revenu due au titre de l'année 2011 et à des cotisations de taxes foncière et d'habitation dues au titre des années 2013 à 2019.

Il soutient que :

- il est exonéré pour deux années de la taxe foncière due à raison du bien dont il était propriétaire situé à Cabris ;

- la taxe foncière due au titre des places de parkings dont il était propriétaire situées à Grasse n'est pas fondée ;

- le délai de prescription est dépassé, les actes de poursuites ayant été adressés à une adresse erronée ;

- il conteste avoir versé quelque somme que ce soit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

II. Par une requête, enregistrée le 22 août 2022 sous le n° 2204119, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 18 789,22 euros résultant du procès-verbal d'opposition sur saisie antérieure émis le 30 mars 2022 et correspondant à une cotisation d'impôt sur le revenu due au titre de l'année 2011 et à des cotisations de taxes foncière et d'habitation dues au titre des années 2013 à 2019.

Il soutient que :

- il est exonéré pour deux années de la taxe foncière due à raison du bien dont il était propriétaire situé à Cabris ;

- la taxe foncière due au titre des places de parkings dont il était propriétaire situées à Grasse n'est pas fondée ;

- le délai de prescription est dépassé, les actes de poursuites ayant été adressés à une adresse erronée ;

- il conteste avoir versé quelque somme que ce soit.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 9 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés au soutien de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les affaires, qui relèvent pour partie du 5° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, ont été renvoyées en formation collégiale en application des dispositions de l'article R. 222-19 de ce code.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a formé opposition à poursuites à l'encontre d'un procès-verbal d'opposition sur saisie antérieure émis le 30 mars 2022 par un huissier des finances publiques à la diligence du service des impôts des particuliers de Grasse pour obtenir le recouvrement d'une somme de 18 789,22 euros correspondant à une cotisation d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2011 et à des cotisations de taxes foncière et d'habitation au titre des années 2013 à 2019. Il doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2204109 et 2204119 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance () ".

4. M. A ne peut utilement contester, au soutien de sa requête relative au recouvrement, le bien-fondé des taxes foncières mises à sa charge. Ainsi, les moyens tirés de ce qu'il aurait dû être exonéré pendant deux années de la taxe foncière due à raison du bien situé à Cabris et de ce que les parkings dont il était propriétaire à Grasse n'auraient pas dû donner lieu à imposition à cette même taxe doivent être écartés comme étant inopérants.

5. En second lieu, les moyens tirés de l'existence de versements qui ne sauraient être imputés à M. A ainsi que de la prescription de l'action en recouvrement de l'administration ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et doivent être écartés.

6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. A doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2204109 et 2204119 de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Kolf, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

S. Kolf

La présidente,

signé

V. Chevalier-AubertLa greffière,

signé

V. Suner

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

Nos 2204109 et 2204119

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