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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204247

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204247

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204247
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a été saisi par M. B pour contester un titre de recettes de 625,35 euros émis par la métropole Nice Côte d'Azur pour l'enlèvement de déchets illégaux. La métropole a soulevé une exception d'incompétence de la juridiction administrative, rejetée par le tribunal qui a jugé que la créance, liée à une mission de police administrative, relevait du droit public. Sur le fond, le tribunal a annulé le titre exécutoire, estimant que la métropole n'apportait pas la preuve que M. B était l'auteur du dépôt de déchets, malgré la présence d'emballages à son nom. La décision s'appuie sur les articles L. 2212-2 et L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales, ainsi que sur les articles L. 1311-1 et L. 1311-2 du code de la santé publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er septembre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'avis des sommes à payer émis par le centre des finances publiques de Nice aux fins de recouvrer le titre de recette d'un montant de 625,35 euros émis à son encontre le 4 août 2022 par la métropole Nice Côte d'Azur correspondant au frais d'enlèvement d'un dépôt illégal de déchets constaté sur la voie publique le 10 mai 2022.

Le requérant soutient qu'il n'est pas redevable de la somme mise à sa charge par le titre exécutoire litigieux dès lors qu'il ne peut être tenu pour responsable du dépôt illégal d'ordures sur la voie publique à l'origine de cette facturation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la métropole Nice Côte d'Azur, prise en la personne de son président en exercice, conclut, à titre principal, à l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions contenues dans la requête de M. B et, à titre subsidiaire, à ce que la société Azur Sanitaire soit appelée dans la cause.

La requête a été communiquée à la société Azur sanitaire qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :

- le rapport de M. Holzer,

- et les conclusions de M. Combot, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'avis des sommes à payer émis par le centre des finances publiques de Nice aux fins de recouvrer le titre de recette d'un montant de 625,35 euros émis à son encontre le 4 août 2022 par la métropole Nice Côte d'Azur, correspondant au frais d'enlèvement d'un dépôt illégal de déchets constaté sur la voie publique le 10 mai 2022.

Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :

2. La détermination de la juridiction compétente pour connaître de l'opposition à un titre exécutoire dépend de la nature de la créance dont cet état exécutoire tend à assurer le recouvrement.

3. En l'espèce, la somme de 625,35 euros mise à la charge de M. B correspond au financement d'une intervention de la régie pour la gestion des déchets ménagers de la métropole Nice Côte d'Azur pour procéder à l'enlèvement de déchets non-autorisés déposés sur la voie publique le 10 mai 2022. Une telle créance se rattachant à l'intervention des services de la métropole Nice Côte d'Azur pour remédier aux dépôts de déchets sur la voie publique en dehors des lieux prévus à cet effet présente un caractère administratif. Par suite, l'action introduite par M. B pour contester le bien-fondé de ladite créance relève de la compétence de la juridiction administrative. Il y a, dès lors, lieu d'écarter l'exception d'incompétence opposée par la métropole Nice Côte d'Azur.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques () ". Aux termes de l'article L. 2224-13 de ce même code : " Les communes, la métropole de Lyon ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent, éventuellement en liaison avec les départements et les régions, la collecte et le traitement des déchets des ménages. / Les communes peuvent transférer à un établissement public de coopération intercommunale ou à un syndicat mixte soit l'ensemble de la compétence de collecte et de traitement des déchets des ménages, soit la partie de cette compétence comprenant le traitement, ainsi que les opérations de transport qui s'y rapportent () ". Aux termes de l'article L. 1311-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice de l'application de législations spéciales et des pouvoirs reconnus aux autorités locales, des décrets en Conseil d'Etat, pris après consultation du Haut Conseil de la santé publique et, le cas échéant, du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels, fixent les règles générales d'hygiène et toutes autres mesures propres à préserver la santé de l'homme, notamment en matière : / () - d'évacuation, de traitement, d'élimination et d'utilisation des eaux usées et des déchets ; / () ". En outre, l'article L. 1311-2 de ce même code prévoit que: " Les décrets mentionnés à l'article L. 1311-1 peuvent être complétés par des arrêtés du représentant de l'Etat dans le département ou par des arrêtés du maire ayant pour objet d'édicter des dispositions particulières en vue d'assurer la protection de la santé publique dans le département ou la commune. / () ".

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, le 10 mai 2022, la régie pour la gestion des déchets ménagers et assimilés de la métropole Nice Côte d'Azur a procédé à l'enlèvement de déchets non-autorisés déposés sur la voie publique à la suite d'une demande émanant d'agents de la police municipale de Saint-Laurent-du-Var lesquels ont constaté ce dépôt au 1282 chemin des Iscles. Il résulte également de l'instruction et plus particulièrement du procès-verbal dressé par les agents de la police municipale de Saint-Laurent-du-Var, auquel a été annexé des photographies, que ce dépôt de déchets non-autorisé d'une volumétrie d'environ 10 m3 présentant un danger pour les automobilistes était notamment constitué d'un colis de carrelage indiquant le nom et l'adresse du requérant ainsi que d'une palette indiquant ce même nom. Si ce dernier soutient qu'il ne peut être tenu pour responsable d'un tel dépôt dès lors qu'il provient de la société Azur Sanitaire, laquelle est intervenue pour des travaux de rénovation de sa résidence principale, les seules captures d'écran téléphonique faisant figurer des échanges dont ni l'auteur ni le destinataire ne sont, au demeurant, identifiables ne sauraient, à elles-seules, permettre de regarder le requérant dont l'identité et l'adresse figurent sur plusieurs des déchets dont la présence a été constaté sur la voie publique le 10 mai 2022 comme n'étant pas le responsable de ce dépôt illégal. Dans ces conditions, et indépendamment des actions dont il dispose à l'égard de la société Azur Sanitaire dans le cas d'une mauvaise exécution du contrat les liant, lequel n'est, au demeurant, pas versé au dossier, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer émis par le centre des finances publiques de Nice à fin de recouvrer le titre de recette d'un montant de 625,35 euros émis à son encontre le 4 août 2022 par la métropole Nice Côte d'Azur et correspondant au frais d'enlèvement des déchets constatés sur la voie publique dans les conditions précédemment rappelées.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole Nice Côte d'Azur.

Copie en sera adressé à la société Azur Sanitaire et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

M. Holzer, conseiller,

Mme Cueilleron, conseillère,

Assistés de Mme Suner, greffière

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

M. Holzer

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

signé

V. Suner

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

N°2204247

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