mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204394 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ICHERQAOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2022, la société anonyme (SA) Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var, représentée par Me Astruc, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de la société à responsabilité limitée (SARL) " Mars " ainsi que celle de tout occupant de son chef des cellules commerciales n°s 117 à 121, ainsi que des terrasses attenantes sises sur le port de plaisance de Saint-Laurent-du-Var (06700) ;
2°) d'ordonner à la SARL Mars de libérer lesdits locaux de tous matériels, mobiliers et marchandises, de procéder aux opérations de nettoyage et de remettre les clefs des locaux à la capitainerie, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'autoriser la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var à solliciter le concours de la force publique pour procéder à ladite expulsion ;
4°) de condamner la SARL Mars à lui verser une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var soutient que :
- elle est concessionnaire en charge de la gestion et de l'exploitation du port de plaisance de Saint-Laurent-du-Var. L'une de ses actionnaires, la SARL Mars a été autorisée à occuper les cellules commerciales n°s 117 à 121 ainsi que les terrasses adjacentes pour l'exercice d'une activité commerciale de discothèque, bar et restauration ;
- cette occupation n'a toutefois pas pu être régularisée par la délivrance d'un titre compte tenu de la situation débitrice de la SARL Mars vis-à-vis d'elle ;
- la SARL Mars a été placée en redressement judiciaire par jugement du tribunal de commerce d'Antibes du 4 février 2020 qui a déclaré à cette occasion une créance détenue par la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var d'un montant de 143 821,81 euros ;
- la SARL Mars lui doit, au 23 août 2022, pour la période postérieure au 4 février 2020, un arriéré de 195 669,31 euros ;
- une mise en demeure de libérer les cellules en litige a été notifiée à la SARL Mars le 23 août 2022, laquelle est restée sans réponse ;
- la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'importance de l'arriéré de redevances d'occupation dont la SARL Mars ne s'est pas acquitté ;
- cette occupation irrégulière de la SARL Mars rend impossible l'accès et l'occupation d'un nouveau repreneur ;
- les mesures sollicitées sont utiles dans la mesure où, d'une part, la régularisation de la situation de la SARL Mars n'est pas envisageable compte tenu de sa situation débitrice et, d'autre part, elles permettraient d'instaurer une équité et une saine concurrence vis-à-vis des autres commerçants qui s'acquittent de leurs obligations et charges portuaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, la SARL Mars, représentée par Me Icherqaouine, conclue au rejet de la requête introduite par la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var.
La SARL Mars soutient que le juge des référés est incompétent du fait, d'une part, de la procédure actuellement pendante devant le juge du fond et, d'autre part, des contestations sérieuses opposées par la SARL Mars. Elle indique par ailleurs que la condition d'urgence n'est pas remplie.
Elle demande au juge des référés, à cet effet :
1°) de rejeter la requête introduite par la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var ;
2°) de condamner la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var à lui verser une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 12 octobre 2022, la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var, représentée par Me Astruc, indique maintenir les conclusions de sa requête introductive d'instance.
Elle soutient que :
- la compétence du juge des référés n'est pas contestable dans la mesure où la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est indépendante d'une décision administrative préalable et donc, à fortiori, d'un recours pour excès de pouvoir qui serait dirigé contre celle-ci ;
- la situation d'urgence est établie, compte tenu des arguments invoqués dans la requête introductive d'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des ports maritimes ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 octobre 2022 à 11h00 :
- le rapport de M. Soli, juge des référés ;
- les observations de Me Astruc, représentant la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var ;
- et les observations de Me Icherqaouine, représentant la SARL Mars.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite le 14 octobre 2022 par la SARL Mars, laquelle comporte des photographies de l'établissement.
Considérant e qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. Il résulte de l'instruction que la SARL Mars occupe les cellules commerciales n°s 117 à 121 ainsi que les terrasses attenantes sises sur le port de Plaisance de Saint-Laurent-du-Var, dont la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var est concessionnaire. Débitrice d'un arriéré de 195 669,31 euros à l'égard de la société requérante et défaillante dans son obligation de paiement des redevances d'occupation et de sa quote-part de charges d'exploitation portuaire, la SARL Mars a été mise en demeure le 23 août 2022 de libérer les cellules commerciales occupées ainsi que les terrasses attenantes dans un délai quinze jours. La SARL Mars occupe toujours à ce jour le domaine public portuaire géré par la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var. Cette dernière demande au juge des référés d'ordonner son expulsion.
3. En l'espèce, l'impayé dont il a été fait état, d'un montant total de 195 669,31 euros euros, s'inscrit dans une période où la société concessionnaire doit financer les travaux réalisés de requalification des cellules commerciales du port. Le financement de ces travaux est assuré pour partie par les fonds propres de la société concessionnaire et pour partie par des crédits bancaires qu'il convient de rembourser, de sorte que la société requérante doit pouvoir compter sur toutes les ressources générées par le domaine public concédé. La condition d'urgence est donc en l'espèce remplie.
4. Par ailleurs, la SARL Mars ne justifie d'aucun titre l'autorisant à occuper le domaine public portuaire. Ainsi, la demande de la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var ne se heurte à aucune contestation sérieuse et présente un caractère d'utilité.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la SARL Mars ainsi qu'à tout occupant de son chef, de libérer les cellules commerciales n°s 117 à 121 ainsi que les terrasses attenantes sises sur le port de plaisance de Saint-Laurent-du-Var sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, cela impliquant l'enlèvement de tout matériel, mobilier et marchandise, le nettoyage des locaux et la remise des clefs à la capitainerie du port. À l'expiration du même délai de quinze jours, il pourra être procédé à l'expulsion de la SARL Mars des lieux, si nécessaire avec le concours de la force publique.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL Mars une somme au titre des frais exposés par la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. Les conclusions de la société SARL Mars présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, la société Mars n'étant pas la partie gagnante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la SARL Mars ainsi qu'à tout occupant de son chef, de libérer les cellules commerciales n°s 117 à 121 ainsi que les terrasses attenantes sises sur le port de plaisance de Saint-Laurent-du-Var, ce qui implique l'enlèvement de tout matériel, mobilier et marchandise, le nettoyage des locaux et la remise des clefs à la capitainerie du port, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai. En cas d'inexécution de la présente ordonnance à l'expiration de ce délai, il pourra être procédé à l'expulsion de la SARL Mars si nécessaire avec le concours de la force publique.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la SARL Mars tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SA Yacht Club International de Saint-Laurent-du-Var, à la SARL Mars par son mandataire judiciaire la SELARL MJ LEFORT et la SCP EZAVIN-THOMAS, commissaire à l'exécution.
Fait à Nice, le 19 octobre 2022.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026