mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204418 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 septembre et 10 octobre 2022, la commune de Tourrette-Levens, représentée par Me Chrestia, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
- d'ordonner l'expulsion immédiate de l'association " Tir club des forces de l'ordre " et tout occupant introduit de son chef, avec au besoin, l'assistance de la force publique ;
- d'ordonner la libération des lieux et la remise des clés après établissement d'un état des lieux de sortie ;
- d'ordonner l'enlèvement et le dépôt des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux en un lieu approprié, aux frais, risques et périls de l'association ;
- d'assortir l'obligation de quitter les lieux d'une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance, jusqu'à complète libération des lieux et remise des clefs ;
- mettre à la charge de l'association la somme de 3000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La commune de Tourrette-Levens soutient que :
- l'association refuse de quitter les lieux qu'elle occupe désormais sans droit ni titre alors que son autorisation d'occupation du domaine public, en l'espèce les parcelles incluses dans l'enceinte des anciennes fortifications militaires de la batterie du Mont Chauve, dépendance du domaine public de la commune, n'a pas été renouvelée ;
- l'urgence est constituée dès lors que l'association ne se conforme pas aux prescriptions qui avaient été fixées dans l'autorisation dès lors qu'elle a réalisé des aménagements sans autorisation d'urbanisme, qu'elle fait obstacle par son occupation sans droit ni titre à l'arrivée d'un nouvel occupant retenu à la suite d'un appel d'offres, que des armes à feu sont présentes sur le site ; la mesure sollicitée est urgente et utile ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, les intéressés étant occupants sans droit ni titre ;
- la procédure de désignation du nouvel occupant et la décision de résiliation sont régulières ;
- les parcelles en cause font partie du domaine public de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, l'association Tir club des forces de l'ordre représentée par Me SZEPETOWSKI-POLIRSZTOK conclut au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire, qu'il soit ordonner un sursis à statuer et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Tourrette-Levens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
- La procédure de désignation d'un nouvel occupant s'est faite sans respecter les règles de publicité et de mise en concurrence ;
- Elle contestera la convention conclue avec le nouvel occupant lorsqu'il fera l'objet des mesures de publicité ;
- La décision mettant fin à la convention n'est pas définitive ;
- La commune n'établit pas que les parcelles en cause font partie du domaine public communal.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A, 1er conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement convoquées à l'audience publique qui s'est tenue le 11 octobre 2022 au cours de laquelle ont été entendus en présence de Mme Diaw, greffière :
- Le rapport de M. Soli, juge des référés ;
- Les observations de Me Chrestia pour la commune de Tourrette-Levens,
- Les observations de Me Paul Szepetowski pour l'association Tir club sportif des forces de l'ordre substituant Me Jean- Marc Szepetowski-Polirsztok.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Tourrette-Levens demande, par la présente requête, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion immédiate de tous occupants sans droit ni titre, des parcelles comprises dans l'enceinte des fortifications militaires de la batterie du Mont Chauve, des galeries attenantes, des blocs sanitaires, des deux stands de tir sportif de vitesse, des deux stands de tir à 10 m, du stand de tir à 25 m, du stand de tir à 50 m, du stand de tir à 100 m, du stand de tir aménageable, du plateau de ball-trap, du stand de tir " poudre noire " constituant l'emprise litigieuse de 42 272m².
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative " ; le juge des référés tient de ces dispositions la compétence pour expulser un occupant sans droit ni titre du domaine public.
3. Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public ; eu égard aux exigences qui découlent tant de l'affectation normale du domaine public que des impératifs de protection et de bonne gestion de ce domaine, l'existence de relations contractuelles en autorisant l'occupation privative ne peut se déduire de sa seule occupation effective, même si celle-ci a été tolérée par l'autorité gestionnaire et a donné lieu au versement de redevances domaniales ; en conséquence, une convention d'occupation du domaine public ne peut être tacite et doit revêtir un caractère écrit et signé par l'ensemble des parties.
Sur l'urgence :
4. Il constant que la commune au terme d'une procédure avec appel public à la concurrence ouvert du 16 mai au 10 juin 2022 dont la publication du règlement de consultation a été réalisée par voie de presse et sur un site d'acheteurs publics, un nouvel occupant a été désigné et que le maintien sur l'emprise litigieuse de l'association " Tir club sportif des forces de l'ordre " empêche l'installation du nouvel occupant ce qui permet de regarder comme remplie les condition d'urgence et l'utilité de la mesure d'expulsion avec concours, au besoin, de la force publique.
Sur l'absence de contestation sérieuse :
5. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques: " Le domaine public d'une personne publique () est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ".
6. Lorsqu'une personne publique a pris la décision d'affecter un bien qui lui appartient à un service public, et que l'aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public peut être regardé comme entrepris de façon certaine, eu égard à l'ensemble des circonstances de droit et de fait, telles que, notamment, les actes administratifs intervenus, les contrats conclus, les travaux engagés, ce bien doit être regardé comme une dépendance du domaine public.
7. En se bornant à considérer que " le terrain occupé n'ayant jamais été ni
affecté à l'usage du public ni à un service public, l'on aimerait que la commune apporte
les justifications permettant de considérer que le terrain en cause ferait partie du
domaine public ", l'association défenderesse ne peut être regardée comme soulevant une contestation sérieuse de nature à remettre en cause la compétence de la juridiction administrative pour connaître de la requête en cause dès lors qu'il n'est pas contesté que les parcelles incluses dans l'enceinte des anciennes fortifications militaires de la batterie du Mont Chauve sont utilisées comme stand de tir par les adhérents mais aussi par les forces de l'ordre qui viennent régulièrement s'entraîner en vertu de conventions conclues entre la commune et les services de l'Etat et que l'association défenderesse doit s'acquitter d'une redevance d'occupation du domaine public et non d'un loyer. Il s'ensuit que les parcelles en cause ne sont pas manifestement insusceptibles d'être qualifiées de dépendance du domaine public géré par la commune de Tourrette-Levens.
8. Les moyens soulevés par l'association défenderesse et tenant notamment à l'irrégularité de la procédure de désignation du nouvel occupant et à l'illégalité de la décision de résiliation de son autorisation d'occupation du domaine public ne sont de nature à établir l'existence de contestations sérieuses quant au fait qu'elle occupe sans droit ni titre l'emprise litigieuse du domaine public communal. Au surplus, si l'absence des voies et délais de recours dans la décision de résiliation de l'autorisation a pour effet de rendre inopposable le délai de recours de deux mois, elle est sans conséquence sur sa légalité même de la décision.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à l'association " Tir club sportif des forces de l'ordre " et à tous occupants sans droit ni titre, d'évacuer, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, les parcelles comprises dans l'enceinte des fortifications militaires du Mont Chauve appartenant à la commune de Tourrette-Levens, de procéder à l'enlèvement et au dépôt des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux, aux frais, risques et périls de l'association défenderesse et de remettre les clefs après un état des lieux de sortie ; qu'il y a également lieu d'assortir cette condamnation d'une astreinte de 100 euros par jour de retard et d'autoriser en cas de besoin le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des parties une quelconque somme liée aux frais du litige.
ORDONNE :
Article 1er : Il est ordonné l'expulsion de l'association " Tir club sportif des forces de l'ordre " et de tous occupants sans droit ni titre, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, des parcelles comprises dans l'enceinte des fortifications militaires du Mont Chauve, des galeries attenantes, des blocs sanitaires, des deux stands de tir sportif de vitesse, des deux stands de tir à 10 m, du stand de tir à 25 m, du stand de tir à 50 m, du stand de tir à 100 m, du stand de tir aménageable, du plateau de ball-trap, du stand de tir " poudre noire " appartenant à la commune de Tourrette-Levens. Cette expulsion est assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard et pourra être effectuée, si nécessaire, avec le concours de la force publique.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Tourrette-Levens, à l'association " Tir club sportif des forces de l'ordre " et à toutes personnes occupant sans droit ni titre les parcelles comprises dans l'enceinte des fortifications militaires du Mont Chauve.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 18 octobre 2022.
Le juge des référés
signé
P. A
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026