jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204623 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP KLEIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2022, la société civile professionnelle BTSG2, prise en la personne de Me Gasnier, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société à responsabilité limitée VS Gestion hôtelière, et représentée par Me Ciussi, avocate, demande au tribunal de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle estime disposer au titre de la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, d'un montant de 30 477 euros.
Elle soutient que :
- le refus d'accorder le remboursement demandé est contraire à la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, qui a jugé dans un arrêt C-32/03 du 3 mars 2015 Fini H qu'un opérateur économique qui a cessé son activité soumise à la taxe sur la valeur ajoutée mais qui continue de supporter des charges liées à son ancienne activité doit toujours être regardé comme y étant assujetti ; contrairement à ce que soutient l'administration fiscale en défense, dans une interprétation incompatible avec le droit de l'Union, le droit à déduction peut donc subsister même si l'assujetti ne réalise plus d'opérations en aval ; en l'espèce, sa demande de remboursement litigieuse ne constitue ni un abus ni une fraude aux normes françaises et communautaires ;
- elle peut se prévaloir du § 130 de la doctrine administrative référencée BOI-TVA-DED-50-20-20-20150506.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 février 2023.
La société BTSG2 a produit un mémoire complémentaire le 2 février 2023 qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ciussi, représentant la SCP BTSG2.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) VS Gestion hôtelière, qui exploitait un établissement hôtelier à Roquebrune-Cap-Martin, a fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire et a été contrainte de céder son activité à un repreneur par un jugement en date du 5 novembre 2014, avant d'être placée en liquidation judiciaire le 25 mai 2015. Son liquidateur judiciaire, la société civile professionnelle (SCP) BTSG2, prise en la personne de Me Gasnier, a procédé, au cours de l'année 2020, au règlement de diverses factures. Par une demande du 27 juin 2022, la société BTSG2 a sollicité, en qualité de liquidateur judiciaire de la SARL VS Gestion hôtelière, le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de décembre 2020 d'un montant de 30 477 euros au titre de la période allant du 1er décembre 2020 au 31 décembre 2020, correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée acquittée sur lesdites factures. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 25 juillet 2022. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit de taxe sur la valeur ajoutée.
2. Aux termes de l'article 256 A du code général des impôts : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention. / () Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services () ". Aux termes de l'article 271 du même code : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / () IV. La taxe déductible dont l'imputation n'a pu être opérée peut faire l'objet d'un remboursement dans les conditions, selon les modalités et dans les limites fixées par décret en Conseil d'Etat ". La taxe sur la valeur ajoutée grevant les charges liées à l'activité taxable mais supportées postérieurement à la cessation de cette activité peut, sauf fraude ou abus, être récupérée par l'assujetti s'il existe un lien direct et immédiat entre ces charges et l'activité qui était exercée.
3. D'une part, la SCP BTSG2 fait valoir, sans être contredite sur ce point par l'administration, avoir acquitté au cours de la période allant du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, soit postérieurement à liquidation judiciaire de la SARL VS Gestion hôtelière, la taxe sur la valeur ajoutée grevant les frais ayant trait à cette procédure collective, notamment les honoraires d'avocats et d'experts comptables relatifs aux missions effectuées dans le cadre de la liquidation de la société et de la négociation d'un accord transactionnel. Ces charges, relatives à la réalisation de la cession de l'activité de la SARL VS Gestion Hôtelière, présentent un lien direct et immédiat à l'activité économique de gestion hôtelière auparavant exercée par cette dernière. Les éléments que la société requérante produit au soutien de ses allégations permettent de tenir pour établi qu'elle a acquitté, sur ces frais, la taxe sur la valeur ajoutée pour un montant total de 2 211,70 euros. Il n'est par ailleurs par allégué que la société requérante aurait eu une intention frauduleuse ou abusive ou qu'elle n'aurait pas satisfait aux autres conditions de déduction de la taxe sur la valeur ajoutée en litige. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que cette taxe doit être déduite en application des dispositions précitées de l'article 171 du code général des impôts. Enfin, le reste des pièces produites par la société requérante, à savoir des notes d'honoraires d'avocat peu précises quant à leur objet ou ayant trait à une procédure pénale (note d'honoraires du cabinet Klein n° 223631, état de frais et honoraires du cabinet Waquet-Farge-Hazan n° 2020001423, notes d'honoraires au temps passé du cabinet Tosca avocats n° 20041095 et 20080021) ou encore à la procédure introduite devant le tribunal administratif de Nice dans l'instance n° 1904732 (note d'honoraires du cabinet Klein n° 223494), ne permet pas d'établir que les prestations des cabinets d'avocat auraient eu pour objet la procédure collective en cours ou la préparation de l'accord transactionnel en date du 30 novembre 2018, et, par suite, qu'elles auraient eu un lien direct et immédiat avec l'activité auparavant exercée par la SARL VS Gestion hôtelière. Il en va de même des notes d'honoraires de la SARL Sofia Gestion relatives à des missions comptables, sans plus de précision sur l'objet de ces missions (factures n° 20040006700, 2002006421 et 19120006199). Enfin, la demande de frais en date du 10 janvier 2020 du tribunal de commerce de Nice pour un montant total de 1 985,68 euros ne mentionne pas le montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée qui ne peut, dès lors, être admise ne déduction.
4. D'autre part, la SCP BTSG2 soutient également, sans non plus être contredite sur ce point, avoir acquitté, au cours de la période allant du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, la taxe sur la valeur ajoutée grevant les honoraires d'avocat engagés pour la défense de la SARL VS Gestion Hôtelière dans le cadre des procédures prud'homales engagées contre elle par ses anciens salariés avant l'ouverture de la procédure collective et concernant des réclamations nées antérieurement à la cession de son activité. Ces charges, eu égard à leur nature, doivent être regardées comme se rattachant par un lien direct et immédiat à l'activité économique exercée auparavant par la SARL VS Gestion hôtelière. Par les notes d'honoraires qu'elle produit, la société requérante établit avoir acquitté la taxe sur la valeur ajoutée pour un montant total de 16 309 euros sur les frais d'avocats engagés dans le cadre de ces contentieux de droit du travail. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas allégué que la société aurait eu une intention frauduleuse ou abusive ou qu'elle n'aurait pas satisfait aux autres conditions de déduction de la taxe sur la valeur ajoutée en litige, la SCP BTSG2 est fondée à soutenir que cette taxe doit être déduite en application des dispositions précitées de l'article 171 du code général des impôts. Toutefois, les notes d'honoraires de la SCP Klein datées de l'année 2019 ne sauraient être admises dès lors qu'elles qu'il n'est pas établi qu'elles auraient été acquittées au cours de la période au titre de laquelle le remboursement de taxe sur la valeur ajoutée est demandé (notes d'honoraires n° 223309 à 223326).
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés au soutien de la requête, que la SCP BTSG2, prise en la personne de Me Gasnier, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SARL VS Gestion hôtelière, est fondée à demander le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant total de 18 521 euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat remboursera à la SCP BTSG2, prise en la personne de Me Gasnier, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société à responsabilité limitée VS Gestion Hôtelière, un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 18 521 (dix-huit-mille cinq-cent-vingt-et-un) euros au titre de la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile professionnelle BTSG2, prise en la personne de Me Gasnier, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société à responsabilité limitée VS Gestion Hôtelière, et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
J. MEARLa greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026